Thyanta custator accerra

Sur cette page, des informations provenant de Esselbaugh (1946) pour les oeufs et de DeCoursey & Esselbaugh (1962) pour les nymphes ont été utilisées car, d''après McPherson (1982), ces deux ouvrages traitent de T. custator accerra McAtee et non de T. custator (Fabricius).

Nuées de Thyanta au Kansas.
Wilbur (1939) rapporte qu'au mois d'octobre des années 1936, 1937 et 1938, des nuées de milliers de Thyanta ont été observées au Kansas. En 1938, le soir du 14 octobre, 12 villes ont rapporté d'extraordinaires rassemblements de punaises. La position géographique des 12 villes est remarquable car elles sont situées d'un coin à l'autre du Kansas mais aucune d'entre elles ne s'écarte de plus d'une trentaine de kilomètres d'une ligne droite tracée en diagonale du coin nord-est au coin sud-ouest de l'État, qui a une forme rectangulaire.

À Hoisington, une foule assistait à une partie de football. Le terrain était illuminé par de puissants projecteurs qui ont attiré une nuée de milliers d'insectes. Les spectateurs pouvaient à peine voir le jeu tant la nuée était dense. À la fin de la partie, à la base d'un des piliers supportant un projecteur, les punaises formaient une masse d'une douzaine de centimètres d'épaisseur. Ailleurs, il a fallu ramasser et transporter les insectes par camion tant ils étaient nombreux.

Wilbur note que les nuées étaient composées d'un très grand nombre de punaises, survenaient subitement, étaient bruyantes, dégageaient une odeur nauséabonde et se sont produites une seule nuit.
Thyanta custator accerra
Adulte de forme brune, sur la luzerne.
Oeufs
Les oeufs mesurent entre 0,94 et 0,98 mm de longueur et entre 0,74 et 0,77 mm de diamètre. Sur 50 masses d'oeufs observées, Esselbaugh (1946) a compté une moyenne de 35 oeufs par masse. Des oeufs ont été observés sur les sépales de fleurs séchées de l'Armoise vulgaire (Artemisia vulgaris), de la Chicorée sauvage (Cichorium intybus) et de la potentille (Potentilla sp.) ainsi qu'à plat sur une feuille de verge d'or (Solidago sp.) et le long d'une aiguille de Pin sylvestre (Pinus sylvestris). La quantité d'oeufs et le nombre de rangées étaient adaptés à la surface de ponte.
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Oeufs éclos, sur le fruit de la potentille. Les oeufs sont blancs et cerclés de deux bandes plus claires. Leur surface est tapissée d'une ponctuation donnant à l'oeuf une texture granuleuse. Sur une aiguille d'un Pin sylvestre, l'espace manque pour placer plus de deux rangées. On compte 31 oeufs. Même si l'espèce est grandement polyphage, ce lieu de ponte étonne car la liste de ses hôtes comprend essentiellement des plantes herbacées. Toutefois, les branches du pin surplombaient plusieurs hôtes où des Thyanta ont été observés. Les nymphes de stade II se sont dispersées avant de pouvoir les observer en train de se nourrir.
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Deux masses d'oeufs placées contre la fleur fermée d'une Armoise vulgaire. Ces oeufs, contrairement à ceux étalés sur une feuille sont parfaitement camouflés. Emportée dans son élan, la femelle a déposé ses oeufs au-delà du fruit de la potentille, certains le long de la tige mais d'autres dans le vide (→) et simplement retenus à l'oeuf adjacent. À plat sur une feuille de verge d'or, les 58 oeufs s'étalent en six longues rangées.
Immatures de stades I à V
DeCoursey & Esselbaugh (1962) donnent une description détaillée des cinq stades de Thyanta. Le longueurs et quelques descriptions proviennent de cette source.
Stade I
Longueur entre 0,88 et 1,06 mm. De couleur brun marron, la nymphe est luisante et plutôt glabre. Vu de dos, on observe une paire de grandes taches claires (2 →) à la base de l'abdomen (tergites II et III) et deux paires plus petites (3 →), de part et d'autre des glandes odorifères (4 →). Les nymphes restent étroitement groupées, les antennes le long du corps. Lorsqu'elles sont dérangées et qu'elles circulent (photo du centre) on peut voir leurs antennes.
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Sur le fruit mûr d'une Armoise vulgaire, une quinzaine de nymphes auprès de leurs oeufs. La tête est inclinée quasiment à la verticale (1 →). Les antennes sont plus courtes que la longueur du corps. Sur une aiguille de Pin sylvestre (voir les oeufs dans la section précédente). Les nymphes ont éclos depuis plus de 24 heures.
Stade II
Longueur entre 1,16 et 1,84 mm. Les nymphes, immobiles durant le premier stade, sont très actives après la mue au stade II. DeCoursey & Esselbaugh les trouvent semblables à des fourmis. À ce stade apparaît la longue pubescence grise et la ponctuation sur le thorax.
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Au stade II, la pilosité est fortement développée. L'abdomen, qui a conservé les deux grandes taches pâles, est beaucoup plus petit que le thorax mais prendra de l'ampleur. Les antennes sont presque aussi longues que le corps. Le rétrécissement dorso-ventral (→) entre le thorax et l'abdomen est très prononcé. Les photos ci-dessus et à gauche représentent des nymphes qui ont mué au stade II depuis moins de 24 heures. Elles étaient sur l'aiguille de pin. Sur de la potentille, deux nymphes de stade II, à gauche de la photo. La tache de l'abdomen s'agrandit et l'abdomen se distend durant la croissance de ce stade. Le rétrécissement dorso-ventral est moins prononcé.
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Thyanta custator accerra, nymphe au stade II. Une nymphe de stade II (→) auprès d'une autre, au stade V. La différence de taille est remarquable. Thyanta custator accerra, nymphe au stade II.
Stade III
Longueur entre 1,8 et 3,2. La forme générale est ovale ou en forme de poire. À ce stade apparaissent de larges bandes claires transversales sur l'abdomen.
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DeCoursey & Esselbaugh ont remarqué que deux taches sur le thorax (1 →) sont toujours présentes à ce stade. Un motif en forme de T est souvent présent (2 →) et les marges sont pâles (3 →). Le rétrécissement entre le thorax et l'abdomen est moins prononcé qu'au stade précédent.
Stade IV
Longueur entre 3,1 et 4,6 mm. La forme est nettement plus ovale. La pilosité est moins abondante. La tête est complètement noire ou parfois avec les joues pâles. Le second segment des antennes a parfois une ligne pâle sur sa surface dorsale (photo ci-dessous à gauche →). Les fourreaux alaires sont partiellement développés.
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Au stade IV, le rétrécissement entre le thorax et l'abdomen, prononcé chez les stades précédents, a pratiquement disparu. Ci-dessus, les stades II à V sur de l'Onagre bisanuelle. On peut apprécier la différence de taille entre chaque stade. La punaise achève sa mue au stade IV.
Stade V
Longueur entre 4,4 et 8,2 mm. Très semblable au stade IV mais avec les fourreaux alaires bien développés. Il existe des formes au thorax brun-noir et d'autres brun crème. Les deux points blancs sous la base du pronotum et les lignes transversales sur l'abdomen sont typiques de ce stade.
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Une forme très claire. Peut-être n'a-t-elle pas encore pris sa couleur définitive. Les nymphes restent grégaires à tous les stades. Ici, trois stades V avec de plus jeunes stades. Début octobre, la punaise a mué au stade V depuis peu. Le rouge passera au noir dans les heures qui viennent. Elle était sur un plant desséché d'Armoise vulgaire. Des oeufs éclos depuis longtemps et des adultes étaient à proximité.
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L'Armoise vulgaire est un hôte où des oeufs, des immatures et des adultes ont été observés en abondance. Nymphe de stade V, de forme sombre, se nourrissant sur des fleurs matures de verge d'or. Nymphe en train de se nourrir sur la gousse en spirale d'un plant de Luzerne cultivée (Medicago sativa).
Adulte
Les formes vertes se rencontrent l'été et les brunes l'automne, d'après la littérature consultée. Pourtant, les deux couleurs ont été observées en nombre à peu près égal, autant à l'été qu'à l'automne. L'espèce est grandement polyphage. Elle a été observée sur les fruits de divers végétaux venant tour à tour à maturité au fil de l'été et de l'automne.
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D'après Rider & Chapin (1992), les points noirs (2 →) en retrait de chaque stigmate (1 →) ont un diamètre plus grand que ces derniers. Les auteurs notent que moins de 10% de la population de T. custator accerra n'a pas ces points noirs. Chaque calus est dépourvu d'un point noir aux extrémités se faisant face (→). Ces points sont présents chez T. calceata. Adulte de forme brune en compagnie de deux nymphes au stade V et d'une au stade IV, à gauche.
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Une forme vert olive observée à la fin septembre. Les adultes observés en septembre et octobre ont une pilosité clairsemée mais très longue sur la tête, les pattes et sur la marge antérieure du pronotum (→ ). Une forme verte avec des lignes roses. Chez certains spécimens, les tarses et des portions d'antennes sont rouge vif. Patte intermédiaire aux tarses rouges.
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Un adulte vert pâle en compagnie d'une nymphe se nourrissent sur les fruits mûrs d'une potentille, au début d'août. La marge antérolatérale du pronotum de l'adulte est dépourvue des longs poils observés à l'automne. Thyanta custator accerra avec à sa droite, Neortholomus scolopax, une punaise de la famille des Lygaeidae. Les deux genres de punaises cohabitaient pacifiquement sur un hôte commun. À la fin d'octobre, les punaises adultes se nourrissent des gros fruits rouges d'un rosier.

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