Punaises - Scutelleridae

Description  Robustes punaises densément ponctuées, à motifs variables et irréguliers dans divers tons de bruns. Le scutellum qui se prolonge jusqu'à l'extrémité de l'abdomen est une caractéristique remarquable, sans être exclusive à cette famille.

Un mécanisme de stridulation est présent sur les sternites quatre et cinq des membres de la sous-famille des Pachycorinae et absent chez les Eurygastrinae.

Les oeufs des Scutelleridae sont subsphériques et translucides; ils diffèrent de ceux des Pentatomidae, qui sont plutôt cylindriques (Southwood, 1956). De plus, l'ovirupteur est en forme de triangle compact plutôt qu'en forme de T à branches écartées (Voir ici).
Eurygaster sp.
Eurygaster sp.
Nombres  Trois genres et quatre espèces représentent cette famille au Québec. Henry (2009) compte 81 genres et 450 espèces mondialement.
Alimentation  Phytophages. Le genre Tetyra s'alimente sur le pin (Pinus sp.). Le genre Eurygaster se nourrit de diverses graminées. Certaines espèces causent des dommages aux grandes cultures de céréales.
Taille  Entre 7 et 17 mm.
Taxinomie  A jadis été considérée comme une sous-famille des Pentatomidae.
Tetyra bipunctata
Seule espèce du genre au Québec, cette punaise se distingue des autres Scutelleridae par son hôte préféré, le pin. En 1979, Larochelle est le premier à constater sa présence au Québec, en banlieue de Montréal (Larivière & Larochelle 1988). Entre 1980 et 1985, les auteurs ont observé près d'une centaine d'individus à divers stades sur le Pin gris (Pinus banksiana) et le Pin sylvestre (P. sylvestris).

La présence de deux points circulaires foncés, à la base du scutellum, caractérise cette punaise brune aux motifs variables. Toutes les punaises de cette page ont été observées sur du Pin gris.
Tetyra bipunctata Tetyra bipunctata
Tetyra bipunctata Tetyra bipunctata Tetyra bipunctata
Fraîchement pondus, les oeufs de T. bipunctata sont verts et ovales. Sur le dessus des oeufs, Gilbert et al. (1967) ont compté entre 17 et 21 micropyles disposés en couronne. Les oeufs mesurent en moyenne 1,7 mm de long par 1,4 mm de large. Ils sont le plus souvent pondus par groupes de 14, comme ici (Gilbert et al., 1967). Les auteurs ont remarqué que les dos des punaises sont orientés dans la même direction. Le chorion des oeufs est translucide et permet de voir les yeux et au centre le rostre. Le petit triangle noir, derrière la tête de la punaise est l'ovirupteur.
Observation d'un groupe de huit nymphes Tetyra bipunctata évoluant du stade I au stade V.
La série de photos qui suit représente les mêmes punaises aux cinq stades de croissance nymphale. Le Pin gris sur lequel les punaises se sont développées était à peine plus haut que deux mètres et isolé. Les punaises sont restées groupées sauf au stade V et sont restées plus ou moins à proximité de l'éclosion des oeufs. Il n'a pas été nécessaire d'en faire l'élevage en captivité pour les observer au fil de leur croissance. Les dates ne correspondent pas exactement aux dates de mues. D'après Gilbert et al. (1967), les durées des quatre premiers stades sont de six ou sept jours chacun et de 12 jours pour le stade V.
Tetyra bipunctata Tetyra bipunctata Tetyra bipunctata
Huit oeufs qui ont éclos, sur une aiguille de Pin gris. Les chorions sont transparents et flexibles, contrairement aux oeufs parasités qui, une fois éclos, sont rigides (voir plus bas). Stade I, le 22 juillet. À quelques centimètres des oeufs, à l'extrémité de la tige les huit nymphes sont posées sur un cône mâle. À droite, une des nymphes mourra, engluée dans la résine du pin. Stade I, le 23 juillet. Les nymphes resteront durant tout ce stade à cet emplacement, sans bouger.
Tetyra bipunctata Tetyra bipunctata Tetyra bipunctata
Stade II, le 30 juillet. Les punaises se sont déplacées en groupe, 20 cm plus bas. Elles sont sur une paire de cônes femelles et se nourrissent. Stade II, le 30 juillet. Les nymphes ont, à divers degrés selon leur développement, des encoches bien découpées sur la marge de la tête et du thorax. Stade III, le 6 août. Toujours en groupe, les nymphes ont mué et sont restées sur les mêmes cônes qu'au stade précédent.
Tetyra bipunctata Tetyra bipunctata Tetyra bipunctata
Stade IV, le 11 août. Quatre nymphes ont été observées étroitement groupées, l'une d'elles à côté de son exuvie et encore ténérale. Cette fois les punaises étaient sur une branche différente des stades précédents. Stade V, le 20 août. Deux individus différents, ci-dessus. Ils étaient éloignés l'un de l'autre. Malgré une recherche attentive, les autres nymphes n'ont pas été trouvées.
Deux hyménoptères parasitoïdes des oeufs de T. bipunctata appartenant aux genres Trissolcus et Telenomus 
Guêpe du genre Trissolcus sp.
Le 18 juillet, 14 oeufs de la punaise Tetyra bipunctata sont observés sur une aiguille de Pin gris. Ils sont récemment pondus car encore verts. Ils sont massés en deux groupes sur la même aiguille de pin. Une visite, trois jours plus tard, révèle que les oeufs ont été parasités car la couleur des oeufs n'est pas normale.
Tetyra bipunctata Tetyra bipunctata Tetyra bipunctata
Les deux images représentent le même groupe d'oeufs observés les 18 et 21 juillet. Afin de pouvoir observer l'émergence des parasitoïdes, le groupe de huit oeufs, à gauche sur l'aiguille de pin, a élé rapporté en captivité. 25 juillet, en captivité. Sur chaque oeuf apparaissent deux zones rouges (→A) et au centre (→B) trois petits points. Yeux et ocelles?
Tetyra bipunctata Tetyra bipunctata Tetyra bipunctata
30 juillet, 13h19
La guêpe commence par percer un petit trou. Ceux-ci, pour chacun des huit oeufs observés, étaient à peu près au centre de la couronne de micropyles.
13h28
La guêpe découpe successivement des rondelles dans le chorion qui, une fois détachées, élargissent progressivement l'ouverture.
13h31
Chez l'autre espèce de guêpe observée (voir plus bas, Telenomus sp.), l'ouverture était plutôt déchiquetée en petits morceaux plutôt que soigneusement découpée.
Tetyra bipunctata Tetyra bipunctata Tetyra bipunctata
13h35
Une demi-rondelle se détachera cette fois.
13h39
Un oeil apparaît par l'ouverture.
13h41
La guêpe juge que le passage est suffisamment large pour la laisser passer.
Tetyra bipunctata Tetyra bipunctata Tetyra bipunctata
13h41
En moins d'une minute, la guêpe s'échappe complètement de l'oeuf qu'elle a parasité. Le chorion garde sa forme comme si la présence de la guêpe l'avait solidifié. L'oeuf non parasité s'affaisse après l'éclosion.
30 juillet
Une des huit guêpes parasitoïdes.
Guêpe du genre Telenomus sp.
Un groupe de 14 oeufs de couleur gris-bleu est observé sur du Pin gris. La couleur très différente de celle des oeufs bruns cerclés de noir laisse supposer qu'il s'agit d'une espèce différente de la précédente. Les oeufs sont rapportés en captivité pour observation. Seules deux guêpes émergeront, les 10 et 14 août.
Tetyra bipunctata Tetyra bipunctata Tetyra bipunctata
30 juillet
14 oeufs parasités.
3 août
Des zones blanches apparaissent dans les oeufs. Deux oeufs seulement écloront (→).
10 août
Un premier oeuf éclot.
Tetyra bipunctata Tetyra bipunctata Tetyra bipunctata
10 août
La guêpe s'extirpe laborieusement de l'ouverture.
10 août
Un mâle mesurant 1,5 mm.
16 août
Diverses observations sur les guêpes parasitoïdes
D'après Safavi (1968), la guêpe du genre Trissolcus découpe une ouverture plus large, moins déchiquetée et située à peu près au centre de la couronne de micropyles. La guêpe du genre Telenomus, au contraire, pratique une ouverture plus petite, irrégulière et parfois complètement à l'extérieur de la couronne de micropyles. Les photos, ci-dessous, concordent avec ces observations.
Tetyra bipunctata Tetyra bipunctata Tetyra bipunctata
Trissolcus, larges ouvertures centrées. Deux oeufs à droite n'ont pas été parasités. Leurs chorions blanchâtres et flexibles diffèrent de ceux, rigides et pigmentés, des oeufs parasités. Telenomus, petites ouvertures excentrées. L'ouverture de l'oeuf à gauche est complètement hors la couronne de micropyles. De petits fragments près de l'ouverture témoignent de la méthode de déchiquetage qu'utilise cette guêpe pour percer l'ouverture. L'oeuf parasité par Trissolcus contient, après l'éclosion, des débris laissés par la guêpe (cocon, exuvie?).
Homaemus aeneifrons
La couleur et les motifs du dos ne sont pas des critères distinctifs d'identification car ils varient amplement d'un individu à l'autre. Par exemple, la zone plus pâle à l'extrémité du scutellum est souvent présente mais pas toujours et on l'observe à l'occasion chez les Eurygaster.

Parshley (1923) a observé un grand nombre de ces punaises sur de la verge d'or à l'automne.
Homaemus aeneifrons Homaemus aeneifrons
Homaemus aeneifrons adulte sur une marguerite. Homaemus aeneifrons nymphe.
Eurygaster amerinda et E. alternata
Les deux espèces appartenant au genre Eurygaster sont difficiles à identifier. La littérature consultée répète inlassablement des critères qui ne sont pas fiables, à savoir la courbe plus ou moins prononcée de la marge antérolatérale du pronotum et celle de l'avant de la tête. La présence de deux callosités sans ponctuation à la base du scutellum est un autre critère qui semble variable. En effet, sur BugGuide des photos identifiées par des experts ne tiennent pas compte de cette caractéristique.

Les spécimens présentés ici vivaient dans des milieux secs et sablonneux.
Eurygaster Eurygaster sp. nymphe
Eurygaster sp. adulte. Eurygaster sp. nymphe sur une graminée, son hôte.

Liste des espèces de Scutelleridae du Québec
La liste des espèces a été tirée de Maw et al. (2000). Pour connaître les espèces présentes dans les régions adjacentes au Québec, consultez la liste de Roch (2014). La longueur des punaises provient de McPherson (1982).
Nom Sous-famille
Longueur
(mm)
Habitat
Eurygaster alternata (Say) Eurygastrinae 7,5 - 9,5 
Champs; présence de carex.
Eurygaster amerinda Bliven Eurygastrinae 8,5 - 10,5
Homaemus aeneifrons (Say) Pachycorinae 7,0 - 9,0
Tetyra bipunctata (Herrich-Schaeffer) Pachycorinae 12,0 - 17,0 Sur diverses essences de pin.

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