Punaises - Rhyparochromidae

Description  Elles sont brunes et noires avec divers motifs plus pâles ou plus foncés, dans les mêmes tons. Les fémurs des pattes avant sont renflés et armés d'épines parfois très développées. La suture entre les segments IV et V de l'abdomen est incomplète et recourbée vers l'avant. Les punaises sont généralement difficiles à identifier et à observer car elles vivent au sol et se camouflent bien sur le sable ou la litière de leur habitat.

Eremocoris borealis
Nombres  24 genres et 35 espèces de Rhyparochromidae sont présents au Québec (Roch, 2014). Henry (2009) compte 372 genres et plus de 1850 espèces mondialement.
Habitat  Même si les espèces de cette famille vivent au sol, elles se retrouvent dans une très grande variété d'habitats. Par exemple, parmi les débris de la zone haute des plages, au sommet de montagnes dénudées, parmi des décombres dans les champs abandonnés, ou encore sur la litière de forêts matures.

Sweet a été frappé par le partage fréquent d'un même habitat et de la même nourriture par des espèces différentes de Rhyparochromidae.
Alimentation  Exclusivement de semences de divers végétaux (plantes herbacées, carex, arbres). Généralement consommées lorsqu'elles sont tombées au sol et plus rarement directement sur le fruit mûr. À cause de leurs fémurs avant, semblables à ceux de certains prédateurs, on a cru, à tort, qu'ils étaient zoophages.
Taille  Entre 1,8 et 9,5 mm.
Taxinomie  Jadis considérée comme une sous-famille des Lygaeidae.
Note  Sauf indications contraires, les renseignements contenus sur cette page web, notamment ceux à propos des cycles de vie, proviennent de la remarquable monographie de Sweet (1964) sur les Rhyparochromidae de la Nouvelle-Angleterre.

Trois tribus et quelques espèces sont présentées ici. D'autres s'ajouteront éventuellement.
Myodochini
La tribu regroupe au Québec le plus grand nombre s'espèces de Rhyparochromidae. Elles sont rares en zones forestières, même si elles aiment un sol relativement humide. On ne les trouve pas, sauf peut-être alors qu'elles s'apprêtent à hiberner, sous le couvert des arbres en pleine forêt.
Slaterobius insignis
80% des populations observées par Sweet étaient brachyptères (ailes courtes). L'auteur n'a pas vu de lien entre la densité des populations et la longueur des ailes. La couleur noire ou marron s'observe en proportion à peu près égale alors que peu de spécimens ont une couleur intermédiaire. Il n'y a pas de relation entre la couleur et la longueur des ailes ou le sexe des punaises. La couleur ne varie plus après la mue, lorsque la punaise a pris ses couleurs d'adulte.

Habitat
Slaterobius insignis habite les lieux secs, ouverts, à végétation courte et parsemés de touffes de graminées. On l'observe le long des voies ferrées ou sur le bord des routes. Ces endroits exposés au soleil peuvent atteindre des températures élevées, que l'insecte tolère. Il se retire souvent, au milieu de la journée, à la base des touffes de graminées alors qu'il circule sur le sol nu tôt le matin ou tard l'après-midi. À Terre-Neuve S. insignis a été observé sur des sols marécageux ouverts, parmi le carex et la sphaigne, en bordure de mer.

Reproduction
En Nouvelle-Angleterre, S. insignis est bivoltine. Une première génération se développe en mai et juin et la seconde, en juillet et août. Les oeufs qui hiberneront sont en forme de cylindre incurvé et déposés en août. La femelle, après un examen attentif des lieux, dépose dans le sol meuble un oeuf à la fois. Le sable et les débris collent à la surface de l'oeuf couvert d'une pilosité dense. En laboratoire, les femelles produisaient entre 180 et 350 oeufs. Ceux de la seconde génération ne peuvent éclore qu'après une exposition au froid de plusieurs mois.

Difformités
Péricart, dans le premier tome de sa trilogie sur les Lygaeidae (où les Rhyparochomidae sont considérés comme une sous-famille des Lygaeidae), décrit les anomalies observées chez certaines punaises. La photo à droite, en est un exemple. Voici le texte de Péricart: « Les représentants de cette famille, et spécialement les terricoles (Rhyparochrominae), sont très sujets à des aberrations tératologiques (Woodroffe 1953b, Costas et al.1992, et d'autres sources ; aussi d'innombrables observations de terrain par moi-même, non publiées) ; celles-ci affectent dans l'ordre de fréquence les antennes, les pattes, les hémélytres, plus rarement le pronotum et les méso- et métathorax. Pour les appendices on observe alors des oligoméries, le segment manquant étant suppléé par l'hyperdéveloppement d'un ou plusieurs des autres ; s'y ajoutent parfois des anomalies de pubescence. Ces accidents ont presque toujours pour sources des traumatismes durant la vie larvaire, comme il a été montré, pour les insectes en général, par Balazuc (1951). » Péricart, 1998A, page 29.
Slaterobius insignis
Lorsqu'elle recherche sa nourriture au sol, sa démarche affairée et sa silhouette lui donnent l'allure d'une fourmi. Ci-dessus, elle circule sur des végétaux courts plantés dans le sable.
Slaterobius insignis
L'antenne gauche de cette punaise est difforme. Elle comporte seulement deux articles plutôt que quatre. Le second article est anormalement long et large. Voir à gauche, la description de ces anomalies par Péricart.
Slaterobius insignis Photo à droite: S. insignis se nourrit des graines d'une immortelle (Antennaria sp.). Notez, à la base du rostre, la touffe de poils dressés. En captivité, Sweet les a nourries, entre autres, avec du tournesol.

Photo à gauche: une forme de couleur brun-noir. On rencontre également une forme marron (à droite, ci-dessus) avec les mêmes motifs pâles.
Slaterobius insignis
Myodocha serripes
Le genre Myodocha est présent en Amérique centrale où plusieurs espèces y vivent. M. serripes est l'espèce la plus nordique et la seule observée au Québec. Toutes les espèces sont macroptères (ailes longues). M. serripes est bivoltine. La femelle dépose chaque oeuf isolément, dans le sol, dans une crevasse ou sous une roche. À cause de ses fémurs avant renflés et armés, l'espèce a déjà été associée aux réduves. Barber (1932) la croyait occasionnellement prédatrice mais Sweet a confirmé qu'elle était exclusivement phytophage.

Habitat
Sweet a constaté que M. serripes préfère les champs en friche, les jardins, les murets densément colonisés de végétaux bas (30 à 60 cm), comme l'Achillée millefeuille (Achillea millefolium), la Marguerite blanche (Leucanthemum vulgare), la Petite herbe à poux (Ambrosia artemisiifolia), les verges d'or (Solidago spp.), les patiences (Rumex spp.), les gaillets (Galium spp.), et plus particulièrement les millepertuis (Hypericum spp.) et les fraisiers (Fragaria spp.). L'auteur note également que M. serripes aime les environnements partiellement ombragés, aux sols de terre brune, friable, modérément humide, couverte d'une mince litière de tiges brisées. L'espèce tolère moins la chaleur que Slaterobius insignis, par exemple.
Myodocha serripes
Le très long cou distingue Myodocha serripes des autres Rhyparochromidae. Les fémurs avant renflés et armés sont des caractères de la famille.

Nourriture
M. serripes a une préférence pour les graines de millepertuis et de fraisiers. Elle ne dédaigne toutefois pas celles des achillées, Ancolie du Canada (Aquilegia canadensis), asters, érigérons, patiences, pissenlits (Taraxacum spp.) et potentilles (Potentilla spp.). Sweet l'a vue déplacer les minuscules graines de millepertuis au bout de son rostre rabattu sous le ventre ou de traîner à l'écart de plus grosses semences.

Migrations
Déjà, à la fin du XIXe siècle, Uhler avait observé un mouvement migratoire saisonnier de l'espèce. Sweet note qu'à la fin du mois d'août, bien avant les grands froids, les punaises qui deviennent adultes commencent à se déplacer des champs vers les lisières de forêts où elles hiberneront. Les insectes ont une
préférence pour une litière moyennement humide et de texture aérée, comme celle produite par un mélange de feuilles de Bouleaux flexibles (Betula lenta), d'Érables rouges (Acer rubrum) et de Chênes rouges (Quercus rubra). Par ailleurs, Sweet n'a pas trouvé de punaises hibernant dans une litière composée exclusivement de feuilles de chênes qui sont sèches et rigides. Les litières de conifères et de Bouleaux gris (B. populifolia), très compactes, ne sont pas recherchées comme site d'hibernation.

Contrairement à d'autres chercheurs, Sweet n'a pas observé M. serripes sous des bûches mais dans la litière les entourant. Il en a vu en groupes de deux ou trois et jusqu'à 25 dans une zone d'environ 10 cm carré. Les punaises étaient proches, sans être étroitement groupées.
Myodocha serripes Myodocha serripes
Grâce à sa couleur sombre et légèrement tachetée, M. serripes est parfaitement camouflée au sol, parmi les débris de la litière. Ci-dessus, deux individus hibernants observés respectivement en avril (à gauche) et en octobre (à droite). C'est l'adulte qui hiberne d'après Sweet alors que Blatchley (1926) croit que les nymphes ainsi que les adultes hibernent.
Un coléoptère semblable
Blatchley (1926) dit avoir souvent observé M. serripes sous des bûches, en compagnie d'un coléoptère qui lui ressemble étrangement (voir ici). En effet, Colliuris pensylvanica a la tête noire et lustrée, le cou allongé et les fémurs renflés. L'auteur se demande s'il ne s'agit pas d'évolution convergente de deux insectes qui ne sont pas apparentés mais qui partagent des environnements similaires.

Les rayures longitudinales de l'abdomen des nymphes (photos à droite) sont inhabituelles chez les Rhyparochromidae.
Myodocha serripes nymphe Myodocha serripes nymphe
Perigenes constrictus
Cette espèce est dépourvue de motifs pâles et distinctifs. Blatchley (1926) et Sweet notent que dans la littérature, les chercheurs ont confondu P. constrictus et Zeridoneus costalis, présente au Québec. Harrington (1980) les distingue, entre autres, par les soies spiniformes noires sur les tibias des pattes avant qui sont absentes chez P. constrictus et présentes chez Z. costalis. Britton (1923) les distingue par la pilosité abondante de P. constrictus.

Habitat et nourriture
P. constrictus s'observe sur de la végétation de taille moyenne (entre 0,5 et 1 mètre) qui pousse sur des décombres, remblais, ordures, bords de route, etc. D'après Sweet, on trouve P. constrictus sur le Chénopode blanc (Chenopodium album), le Chiendent commun (Elymus repens), la Petite herbe à poux et la Vergerette du Canada (Erigeron canadensis). Le sol sablonneux est ombragé et comporte peu de litière. Elle se nourrit de graines de chiendent, d'herbe à poux, de marguerite, de rudbeckie, etc.

P. constrictus
n'est pas très vive et ne se réfugie pas sous des débris lorsqu'on la surprend. Elle compte probablement sur sa couleur foncée pour éviter les prédateurs. Sweet ne l'a pas observée plus de deux années consécutives sur le même site. L'espèce, toujours macroptère, se déplace aisément vers des sites qui lui conviennent mieux.

Reproduction
Les punaises hibernent au stade adulte mais les femelles qui résistent bien au froid peuvent déposer leurs oeufs très tard l'automne. L'espèce est bivoltine mais la première génération comporte peu d'individus. Les femelles observées par Sweet ont déposé en moyenne 268 oeufs à raison de 7 à 8,5 oeufs par jour. Les oeufs sont déposés individuellement et profondément dans un sol sec. Aucune matière ne colle aux oeufs. Le mâle produit une odeur particulière et très persistante qui serait reliée à la reproduction, d'après Sweet. En laboratoire, les contenants d'élevage gardaient encore l'odeur, quatre ans plus tard.
Perigenes constrictus
Perigenes constrictus
Ligyrocoris sp.
Quatre espèces sont présentes au Québec. L. sylvestris a une distribution holarctique; L. depictus s'observe du sud du Québec jusqu'en Caroline du Nord; L. diffusus est présent en Amérique du Nord, entre le 38ième et le 50ième parallèle; L. carisis a été découvert en Nouvelle-Angleterre au début des années 60. Sweet a observé une séparation claire des aires de développement de L. sylvestris et L. diffusus, dans les territoires que se partagent les deux espèces.

Sweet a observé L. depictus dans des environnements très secs colonisés par des Éricacées comme les airelles (Vaccinium sp.). L'espèce n'a pas de bande transversale foncée sur le dos et pas de soies hérissées sur le lobe frontal du pronotum. L. carisis vit dans des environnements humides et se nourrit de carex. Les deux espèces sont univoltines.
Ligyrocoris sylvestris
En Europe, Péricart (1998) note que l'espèce se retrouve dans divers habitats secs ou humides. Elle s'observe même en forêt, en l'absence d'une couverture herbacée au sol. En Nouvelle-Angleterre, Sweet a vu L. sylvestris dans des environnements frais, à humidité moyenne.

Les oeufs hibernent et, d'après les essais qu'a effectués Sweet en laboratoire, ils n'éclosent pas à moins d'être exposés au froid durant plusieurs mois (septembre à avril). D'après Péricart, les oeufs sont brun clair et en forme de concombre. Ils sont déposés individuellement parmi les détritus végétaux et la mousse.
Ligyrocoris sylvestris Ligyrocoris sylvestris
D'après Blatchley (1926), la large bande sombre sur le dos qui s'étend jusqu'à la marge de la corie (→ 1) et la tache blanche au bout de la membrane (→ 2) sont deux critères pour différencier l'espèce. Toutefois, pour Péricart (1998), la bande sombre ne se rend pas jusqu'à la corie. Comparez le peu de pilosité (→ 3) du pronotum avec celui de L. diffusus, ci-dessous (→ 4).
Ligyrocoris diffusus
L'adulte a généralement les ailes longues mais leur longueur est variable d'un individu à l'autre. Les nymphes de stades II à V ont une bande blanche le long de la suture entre les segments III et IV de l'abdomen. Sweet observe que cette bande pâle leur donne une allure de fourmi.

L. diffusus est assez semblable à L. sylvestris. Dans sa clé des espèces du genre Ligyrocoris, Sweet (1963) les différencie, entre autres, par la présence chez L. diffusus, d'environ 25 soies érigées sur le lobe frontal du pronotum (→ 4) alors que L. sylvestris en compte moins de 10.

Habitat
Contrairement à beaucoup de Rhyparochromidae confinés au sol, L. diffusus grimpe sur les végétaux pour se nourrir des graines des plantes. On la trouve sur des sols secs à litière peu épaisse, dans les environnements ouverts récemment aménagés, les champs en friche, mais aussi les prés établis, dominés par des herbacées de la famille des Composées. Elle préfère la végétation clairsemée avec un bon ensoleillement au sol et elle tolère les températures élevées. Les potentilles, silènes, herbes à poux, patiences sont quelques plantes sur lesquelles elle a été observée. À droite, la punaise a été photographiée en compagnie de Perigenes constrictus. Sweet a observé et noté la fréquente cohabitation de différents Rhyparochromidae dans le même habitat.

Nourriture
En liberté, elle s'alimente d'une grande variété de graines. Sweet ne l'a jamais vue s'alimenter des fluides de plantes. Dans l'environnement très sec où vit la punaise, l'auteur croit que la rosée constitue un apport en eau important. En captivité, les graines de tournesol et de rudbeckie étaient ses préférées. Privée de graines ou d'eau, elle pouvait se nourrir de laitue mais ce régime interrompait la production d'oeufs. La punaise préférait consommer de l'eau plutôt que de la sève.

Défense de la nourriture
En captivité, Sweet a observé L. diffusus défendre sa nourriture. Il a affamé une punaise, lui a ensuite offert de la nourriture et l'a mis en présence d'un intrus également affamé. Dans un premier temps, la punaise s'interposait entre sa nourriture et l'intrus. Si cela ne suffisait pas à le repousser, elle le menaçait avec des mouvements d'antennes ou de coups de patte arrière. Puis encore, elle l'assaillait à coups de patte avant et d'antennes. Lorsque la punaise avait réussi à chasser l'intrus, elle pouvait revenir vers sa nourriture et, avec son rostre, en sondait la surface à la recherche de l'endroit où elle avait percé la graine pour y insérer de nouveau ses stylets et continuer à s'alimenter.

Reproduction
L'espèce a deux générations par année. Les oeufs, en forme de concombre, peuvent être pondus tard à l'automne (novembre). Ils sont déposés individuellement dans la litière, dans des tiges creuses ou dans le sable. La femelle les insère très profondément dans le sol sablonneux en enfonçant son abdomen sous la surface. Elle fait ensuite des mouvements pour déplacer le sable et couvrir son oeuf. Les débris adhèrent aux soies présentes à la surface des oeufs. Les éclosions printanières sont étalées dans le temps de sorte qu'on peut observer à un même moment des punaises à divers stades de croissance.
Ligyrocoris diffusus

Ligyrocoris diffusus

Ligyrocoris diffusus

Drymini
Trois genres et huit espèces représentent cette tribu au Québec. Le lobe avant du pronotum des Drymus est distinctement et étroitement ponctué. Les antennes comportent une pilosité bien visible. Chez les Eremocoris et Scolopostethus, le lobe avant du pronotum est peu ou pas ponctué et les antennes sont nues. Les Eremocoris sont plus grandes (5,5 mm et plus) que les Scolopostethus (4 mm ou moins). Les espèces appartenant à cette tribu s'observent plus particulièrement en zone forestière, où l'humidité est bien équilibrée.
Drymus sp. Scolopostethus sp.
Drymus sp. nymphe Drymus unus Scolopostethus thomsoni
Drymus sp. probable
La nymphe a été observée à l'endroit exact où deux jours plus tard, trois Drymus unus adultes ont été observés sur la litière d'une forêt d'érables et de divers conifères. La position des glandes odoriférantes de l'abdomen correspond à celle de certains Rhyparochromidae. À confirmer.
Drymus unus
Vit sur la litière fraîche et moyennement humide des forêts plantées de bouleaux, d'érables avec des chênes et des caryers. Elle est plus abondante en bordure de ces forêts, si la chaleur au sol n'excède pas 26°C. Elle se nourrit de graines d'aster, de spirée, de bouleau ou de verge d'or. Elle produit une génération par année et hiberne au stade d'oeuf.
Scolopostethus thomsoni
Sweet décrit trois populations en Nouvelle-Angleterre qui ont des comportements, des habitats et une nourriture qui diffèrent. Elles partagent toutefois une préférence pour les lieux humides à couverture herbacée dense. L'espèce a une distribution holarctique.
Eremocoris borealis
Vit sur la litière de forêts de pruches, d'épinettes et de bouleaux. L'espèce aime les endroits frais et humides.

Lorsque Sweet a étudié les Rhyparochromidae de la Nouvelle-Angleterre en 1964, il a remarqué des comportements différents chez diverses populations d'Eremocoris ferus. Il a découvert que les individus du nord ne s'accouplaient pas avec ceux du sud, lorsqu'ils étaient mis en présence l'un de l'autre, en laboratoire. Il a noté des différences morphologiques (pilosité, longueur du rostre) entre les deux populations. Il a conservé le nom de E. ferus pour la population du sud et relevé au rang d'espèce valide le synonyme, E. borealis (Dallas), pour la population du nord (Sweet, 1977).
Eremocoris borealis Eremocoris borealis
Les deux photos ci-dessus représentent le même spécimen. La pilosité de E. borealis, est peu développée. Le rostre atteint les hanches intermédiaires (→) alors que celui de E. ferus est plus long et se rend jusqu'à l'abdomen.
Megalonotini
Deux espèces appartenant à deux genres représentent la tribu au Québec. Les deux espèces ont une distribution holarctique. Megalonotus sabulicola est une espèce introduite mais Sweet note que Sphragisticus nebulosus pourrait être introduite ou pas. Elle a été observée en Amérique du Nord dès 1831. Les espèces appartenant à cette tribu sont adaptés à des habitats secs, tout comme le sont les espèces de Gonianotini.
Sphragisticus nebulosus
S. nebulosus habite de préférence les lieux récemment bouleversés comme les champs en friche, les bords de chemins ou de champs cultivés, les terrains vagues où prospèrent divers végétaux comme les stellaires, silènes, patiences, chénopodes, céraistes, bourses-à-pasteur, etc. Sur un site donné, Sweet a observé la succession des végétaux dans le temps et noté que la punaise y est abondante surtout durant une courte période où les plantes pionnières ont commencé à pousser mais sans envahir le terrain. Les sols nus ou à l'opposé la végétation dense créeraient des environnements moins favorables. S. nebulosus a une distribution holarctique; elle est bivoltine au Connecticut mais pourrait produire une seule génération au Québec. C'est l'adulte qui hiberne.
Sphragisticus nebulosus nymphe Sphragisticus nebulosus Sphragisticus nebulosus
L'identification de cette nymphe S. nebulosus est basée sur la présence proche d'adultes de cette même espèce et de cette image. À confirmer. Le motif du dos permet de reconnaître assez facilement cette espèce. De plus, d'après Blatchley (1926), la rangée de soies noires et raides le long de la marge du pronotum est distinctive (→).
Megalonotus sabulicola
Megalonotus sabulicola a généralement les ailes longues. L'espèce aime les habitats sablonneux, chauds et secs, au sol partiellement exposé aux rayons du soleil. On l'observe dans les lieux abandonnés et mal entretenus, au bord des routes, à la lisière de champs en friche, parmi les résidus de végétaux. Elle s'alimente de graines tombées au sol et jamais sur les fruits encore sur les végétaux. Elle semble apprécier tout particulièrement les graines de diverses centaurées. En captivité, Sweet l'a aussi nourrie avec des graines de tournesol et d'onagre.

Sweet a observé que l'espèce est sensible au froid et que peu d'individus, qui hibernent au stade adulte, survivent à l'hiver. En Nouvelle-Angleterre deux générations sont produites.
Megalonotus sabulicola

Liste des espèces de Rhyparochromidae du Québec
La liste des espèces a été tirée de Maw et al. (2000). Les deux espèces européennes Pachybrachius fracticollis (Schilling) et Pachybrachius luridus Hahn ont été retirées de cette liste. Capturées en 1915 à Montréal, elles n'ont pas été observées depuis, malgré une recherche active de Moore en 1950 (Sweet, 1964). Elles sont considérées comme non établies. Trois espèces ajoutées proviennent de Roch (2014): Atrazonotus umbrosus, Megalonotus sabulicola, et Neopamera albocincta. Pour connaître les espèces présentes dans les régions adjacentes au Québec, consultez la liste de Roch (2014). La longueur des punaises provient de Blatchley (1926), sauf mention contraire. Plinthisus americanus appartient à la sous-famille des Plinthisinae; toutes les autres espèces à celle des Rhyparochrominae. La classification en tribus provient de Henry & Froeschner (1988).
Nom Tribu
Longueur
(mm)
Note
Antillocoris minutus (Bergroth) Antillocorini
Antillocoris pilosulus (Stål) Antillocorini 1,8 - 2,0
Atrazonotus umbrosus (Distant) Gonianotini 6,0 - 7,0
Carpilis consimilis Barber Myodochini 2,8 - 3,0
Drymus crassus Van Duzee Drymini 6,5 - 7,0
Drymus unus (Say) Drymini 4,2 - 5,0
Emblethis vicarius Horváth Gonianotini 6,0 - 6,2
Eremocoris borealis (Dallas) Drymini
Eremocoris ferus (Say) Drymini 5,2 - 6,0
Eremocoris setosus Blatchley Drymini 7,0 -7,5
Heraeus plebejus Stål Myodochini 4,5 - 5,5
Kolenetrus plenus (Distant) Myodochini 3,0 - 3,4
Ligyrocoris caricis Sweet Myodochini 4,8- 5,2 dimensions de Sweet (1963).
Ligyrocoris depictus Barber Myodochini 5,0 - 6,0
Ligyrocoris diffusus (Uhler) Myodochini 5,2 - 7,0
Ligyrocoris sylvestris (Linnaeus) Myodochini 4,7 - 5,5
Megalonotus sabulicola (Thomson) Megalonotini 3,9 - 5,2 dimensions de Pericart (1998 v3)
Myodocha serripes Olivier Myodochini 8,0 - 9,5
Neopamera albocincta (Barber) Myodochini 5,0 - 5,3
Perigenes constrictus (Say) Myodochini 7,5 - 9,0
Peritrechus convivus Stål Rhyparochromini
Peritrechus fraternus Uhler Rhyparochromini 4,3 - 5,0
Plinthisus americanus Van Duzee Plinthisini
Pseudocnemodus canadensis (Provancher) Myodochini 5,5 - 6,0
Pseudopachybrachius basalis (Dallas) Myodochini 3,8 - 4,2
Scolopostethus atlanticus Horváth Drymini 3,0 - 3,5
Scolopostethus diffidens Horváth Drymini 3,0 - 3,5
Scolopostethus thomsoni Reuter Drymini 3,0 - 3,5
Slaterobius insignis (Uhler) Myodochini 5,0 - 6,0
Sphragisticus nebulosus (Fallén) Megalonotini 5,0 - 5,3
Stygnocoris rusticus (Fallén) Stygnocorini 3, 0 - 3,8
Stygnocoris sabulosus (Schilling) Stygnocorini 2,5 - 3,0
Trapezonotus arenarius (Linnaeus) Gonianotini 4,0 - 5,0
Xestocoris nitens Van Duzee Lethaeini 3,0 - 3,5
Zeridoneus costalis (Van Duzee) Myodochini 6,5 - 8,0

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