Punaises - Pentatomidae

Description  Les Pentatomidae sont massives, de bonne taille, souvent brunes, mais aussi parfois vivement colorées de motifs verts, rouges ou noirs. Leur scutellum s'allonge en pointe arrondie sur le dos, sans rejoindre l'extrémité de l'abdomen, sauf chez les deux espèces appartenant aux Podopinae; celles-ci ont un large scutellum en U qui couvre tout le dos, un peu à la manière des Scutelleridae. Lorsqu'on manipule sans ménagement ces punaises, leurs glandes odorantes émettent une forte odeur qui leur a valu le nom de stink bugs en anglais.

Les nymphes, qui se développent en cinq stades, sont plutôt différentes des adultes. Les ostioles de leurs glandes odorantes sont situés par paires sur le dessus de l'abdomen alors que chez l'adulte, ils sont sur le côté du thorax; la région qui les entoure est souvent ornée de couleurs et de motifs qui diffèrent du reste de l'abdomen; leurs antennes comportent quatre articles alors que les adultes en ont cinq. Les fourreaux alaires des nymphes de stades IV et V sont apparents. Au stade IV, ils atteignent la marge postérieure du métanotum et au stade V, ils le dépassent amplement (DeCoursey & Esselbaugh, 1962).

Perillus circumcinctus


nymphe Euschistus sp.
Nombres  Quarante espèces et 22 genres sont présentés ici. Henry (2009) compte 4700 espèces et 900 genres mondialement.
Alimentation  En consultant la liste des végétaux sur lesquels ont été observés les Pentatomidae phytophages, on doit conclure qu'en général ils sont peu fidèles à un nombre restreint d'hôtes. L'association d'un groupe de punaises aux zoophages ou aux phytophages révèle leur préférence à l'égard de la matière animale ou végétale mais n'exclut pas quelques écarts à leur diète de base. Par exemple, chez les punaises prédatrices du genre Podisus, les nymphes du premier stade ne sont pas zoophages et meurent si elles sont privées de liquide (eau ou sève). Par ailleurs, certains auteurs ont observé la phytophage du genre Brochymena se nourrir de matière animale.
Taille  Elles sont en général de grande taille, certaines mesurant jusqu'à 20 mm. D'autres sont aussi petites que 4 mm, la moyenne étant autour de 10 mm.
Taxinomie  On observe trois sous-familles de Pentatomidae au Québec: Asopinae, Pentatominae et Podopinae. Le tableau à la fin de cette page note les nouvelles combinaisons de quelques espèces.
Notes  Les Pentatomidae hibernent généralement au stade adulte (McPherson, 1982); Picromerus bidens et Apoecilus sp. hibernent au stade d'oeufs. Plusieurs prédateurs comme des oiseaux, d'autres insectes ou des araignées s'en nourrissent. Elles sont aussi parasitées par des hyménopères et des diptères (Tachinidae).
Trois sous-familles: Asopinae, Pentatominae et Podopinae
Les clés en ligne de Paiero (2013) permettent d'identifier à l'espèce les punaises de la famille des Pentatomidae en utilisant des critères souvent visibles sur une bonne photographie. Elle permet aussi de détecter les punaises superficiellement semblables et qui appartiennent aux Acanthosomatidae et aux Scutelleridae. Les trois sous-familles appartenant aux Pentatomidae se distinguent les unes des autres relativement facilement.

Podisus maculiventris

Banasa calva

Amaurochrous cinctipes
Chez les espèces zoophages comme les Asopinae, la base du rostre est large et dégagée du dessous de la tête. Au contraire, chez les Pentatominae phytophages, la base du rostre est mince et encastrée dans un sillon de telle sorte qu'elle est à peine visible. Les deux espèces de Podopinae se distinguent aisément des autres Pentatomidae: uniformément bruns, leur scutellum est prolongé jusqu'à l'extrémité de l'abdomen. On pourrait plutôt les méprendre pour des Scutelleridae (voir la comparaison ici).
I- ASOPINAE - punaises prédatrices
Apoecilus sp.
Deux espèces sont présentes au Québec et se distinguent des autres Pentatomidae comme ceci:
-grandes punaises (13 à 20 mm);
-angle huméral pointu,
-absence d'une ligne sombre sur la membrane (voir Podisus),
-joues très légèrement en avant du tylus (moins que celles de Euschistus s. euschistoides),
-base du rostre épais (comme tous les Asopinae).

Les nymphes de stade V (photos à droite) ont des motifs distinctifs sur le dos. L'espèce hiberne au stade d'oeuf (Jones & Coppel, 1963).

Les deux espèces d'Apoecilus se différencient l'une de l'autre à partir de leurs caractères génitaux mais aussi en observant la longueur des articles des antennes. Chez A. cynicus, le troisième article (A3) est à peu près aussi long que le cinquième (A5) alors que chez A. bracteatus, A3 est plus petit que A5.

Nymphe Apoecilus sp. avec une proie.


Ci-dessus un individu du genre Apoecilus, possiblement de l'espèce cynicus. Sur la prise de vue de face l'article A3 de l'antenne semble à peu près égal à A5. Mais la mesure sur cette photo n'est pas suffisamment précise pour confirmer l'espèce. Nymphe Apoecilus sp.
Perillus sp.
Trois espèces sont présentes au Québec. Elles se distinguent de cette façon:
P. exaptus: la zone noire du pronotum n'est pas divisée en deux sections (A →) et forme plutôt un large rectangle noir bordé d'une zone de couleur.

P. bioculatus: le pronotum est divisé au centre par une ligne de couleur, tout comme chez P. circumcinctus. Toutefois, la bande centrale croise une bande transversale, absente chez P. circumcinctus, formant ainsi deux régions noires encadrées de couleur. Une zone noire autour de chaque stigmate mesure au moins trois fois le diamètre de ceux-ci. P. bioculatus est noir; les motifs caractéristiques du dos peuvent être blancs, orange ou rouges.

P. circumcinctus: le pronotum est divisé au centre par une ligne de couleur qui ne croise pas de bande transversale. Les stigmates foncés ne sont pas entourés d'une grande zone noire, comme chez P. bioculatus. La couleur de fond n'est pas aussi noire que celle de P. bioculatus mais plutôt brun foncé teinté de bronze. Le motif sur le dos n'est jamais rouge.

Perillus exaptus. La bande noire ( A →) sur le pronotum n'est pas traversée au centre par une ligne de couleur.
Perillus circumcinctus
Knight (1922) rapporte qu'il a capturé au Minnesota, à la fin de juin, des nymphes qu'il a élevées en captivité. Celles-ci devenues adultes en juillet n'ont pas cherché à s'accoupler et ont plutôt adopté un comportement préparatoire à l'hibernation. De même au début d'août, au site de capture, plus aucun P. circumcinctus n'était présent sur les plants de verges d'or où les proies des punaises, Trirhabda canadensis, étaient pourtant abondantes. L'auteur a conclu que les punaises adultes s'étaient déjà retirées dans leurs sites d'hibernation et que l'espèce est univoltine, contrairement à P. bioculatus qui produit deux et même trois générations par été.
Perillus circumcinctus est un prédateur spécialisé; il s'alimente de larves de coléoptères, notamment celles du genre Trirhabda. Les femelles synchronisent leurs pontes avec le développement des larves des proies contrairement, par exemple, aux femelles d'espèces généralistes comme Podisus maculiventris. Les adultes P. circumcinctus sont plus petits s'ils se sont développés plus tard et que les derniers stades nymphaux ont eu peu ou pas de larves de coléoptères à manger (Evans, 1982a). Voir plus bas à Podisus maculiventris, d'autres informations sur le comportement de P. circumcinctus.
L'absence d'une bande transversale à la base du pronotum forme deux zones ouvertes (→). Plusieurs adultes ont été observés sur une grande zone couverte d'herbe à poux où se nourrissaient des larves de coléoptère du genre Ophraella. Les stigmates foncés (D →), sans bordure circulaire noire, forment de minuscules points ronds.
Perillus bioculatus
Ci-dessus, la forme orange de P. bioculatus. il existe aussi des individus noirs à motifs blancs.
Les deux taches noires bien découpées sur le pronotum (B →) et les stigmates (C →) entourés d'une zone circulaire noire dont le diamètre est au moins trois fois celui du stigmate, sont deux caractéristiques qui permettent de différencier P. bioculatus de P. circumcinctus.
P. bioculatus est reconnue pour sa consommation du Doryphore de la pomme de terre (Leptinotarsa decemlineata). Toutefois, Knight (1922) rapporte qu'on les a aussi vues se nourrir de chenilles (Lymantriinae et Noctuinae). L'espèce a été élevée en captivité jusqu'au stade adulte en se nourrissant exclusivement de la chrysomèle du genre Ophraella, sur l'herbe à poux (voir cette page). Les nymphes du premier stade ne se nourrissent pas de matière animale et sont fortement grégaires. P. bioculatus tente de faire perdre pied à sa proie et la maintient suspendue au bout de son rostre quand elle se nourrit.

D'après Knight (1922), la variation de couleurs et de motifs de l'espèce serait reliée à l'environnement et non à l'hérédité. Les adultes hibernent après avoir produit deux générations durant l'été. Certains auteurs mentionnent la possibilité d'une troisième génération, qui n'atteint pas la maturité. À droite, une nymphe au stade V de forme pâle, à comparer à celle du même stade, ci-dessous à droite, très foncée. La nymphe pâle n'était pas ténérale car un autre individu similaire, élevé en captivité est resté pâle jusqu'à la mue au stade adulte.

Perillus bioculatus stade V, forme pâle.
Élevage en captivité de Perillus bioculatus
Les photos ci-dessous représentent la masse d'oeufs après l'éclosion et le même individu, issu d'un de ces oeufs, aux stades II et V. La nymphe est devenue un adulte mâle de la forme orange. Cliquez ici pour voir les photos de tous les stades et consulter le détail de l'élevage.
Les oeufs, même vides, sont noirs. Entre 13 et 15 micropyles ( A →) bordent l'opercule, lui-même orné d'une carène circulaire (B →) (Knight, 1922). Stade II. Les stades II et III ont le thorax bleuté. Stade V. L'abdomen est dépourvu de lignes transversales rouges comme chez les Podisus. La marge latérale du pronotum est orange à ce stade.
Picromerus bidens
Cette punaise a été introduite en Amérique du Nord. Le premier spécimen connu a été capturé dans le Maine en 1932. Au Québec, la première publication soulignant sa présence date de 1968, à Lennoxville.

La punaise est attirée par le mouvement des insectes qu'elle chasse (Lépidoptères, Coléoptères, Diptères). Lorsqu'elle capture une proie de grande taille, elle peut s'en nourrir pendant deux ou même trois jours. Il arrive qu'elle s'accouple durant ce temps. L'espèce hiberne au stade de l'oeuf. En laboratoire, Javahery (1986) a observé que 92% des oeufs qui n'étaient pas exposés à une période de froid de 30 jours ou plus périssaient. Les oeufs, en forme de baril, sont blanc crème durant quelques heures mais deviennent gris puis presque noirs. Vingt-six à trente micropyles bordent l'opercule. Tout comme Podisus sp., les nymphes du premier stade ne se nourrissent pas de proies et restent étroitement groupées. (Javahery, 1986).

L'allure générale de cette grosse punaise permet de l'identifier facilement, une fois qu'on la connaît. Les signes distinctifs sont: l'angle huméral du pronotum est très pointu et noir (A →), sur la patte antérieure, présence d'une épine courte et robuste sur le fémur (B →) et d'une épine plus longue sur le tibia (C →). L'insecte est couvert d'une fine ponctuation noire; la base du rostre est large comme chez tous les Asopinae.
Podisus sp.
Quatre espèces de Podisus s'observent au Québec. Le genre hiberne au stade adulte.

En captivité, dans des cages où un petit nombre d'adultes étaient confinés, Coppel & Jones (1962) ont observé un accouplement entre une femelle P. maculiventris et un mâle P. serieventris. 62 des 66 oeufs pondus par la femelle ont éclos et se sont développés jusqu'au stade adulte. Au moment de la publication de leur article, quatre générations d'hybrides (F4) descendant de ce couple avaient vu le jour. Les spécimens examinés par Kelton avaient les caractères communs aux deux espèces.
Identification
Podisus placidus
La seule dont la marge antérieure du pronotum n'est pas arquée. Elle n'a généralement pas de ligne sombre sur la membrane. Sa couleur générale est brune avec parfois une teinte orangée ou rougeâtre. Les pattes ne sont pas tachetées comme celles de P. serieventris mais plutôt parsemées de minuscules points rougeâtres.

Les trois autres Podisus ont la marge antérieure de leur pronotum arquée.

Podisus serieventris
Les pattes sont densément tachetées; une zone plus foncée en forme d'anneau entoure le fémur postérieur; sa teinte générale est plutôt gris-noir.

Les deux autres Podisus ont les pattes quasi immaculées et leur teinte générale est brune plutôt que gris-noir.

Podisus maculiventris
Deux taches sont présentes sur la surface ventrale du fémur postérieur. L'épine entre les hanches postérieures est longue.

Podisus brevispinus
Très semblable à P. maculiventris. L'épine entre les hanches postérieures est courte.
Podisus placidus
L'adulte P. placidus, est le plus facile du genre à identifier car ses caractères sont uniques et évidents. C'est la même chose pour les nymphes des stades IV et V, seules à avoir le thorax bordé d'une marge blanche (Evans, 1985).
La membrane est généralement dépourvue de tache sombre (A →). La marge antérieure du pronotum est droite (B →). Entre 2006 et 2021, les dizaines de P. placidus observées avaient la membrane sans tache. Puis, en 2021 cet individu avec une tache. En septembre, on observe parfois P. placidus en grand nombre sur les grands massifs de verge d'or. Il n'y a pourtant pas de proies à consommer.
Podisus placidus, nymphe stade IV consommant
un petit coléoptère. Les régions pâles du dos peuvent être blanches ou orangées.
P. placidus, stade V. La bordure pâle qui contourne la nymphe et les deux triangles sur le dos (→) sont distinctifs. Nymphe, stade IV dans un nid de chenilles à tente Hyphantria cunea. Voir la page Prédation.
Podisus serieventris
P. serieventris habite plus particulièrement les forêts et les lieux ombragés (Prebble, 1933). L'auteur a noté que la punaise pique n'importe quelle partie d'une proie avec succès, même les endroits sclérotisés. Pour vérifier la toxicité de la piqûre de Podisus, il a séparé la punaise de sa proie entre 3 et 90 secondes après une piqûre. Douze larves sur dix-huit sont mortes une heure ou plus après cette expérience, même si la piqûre avait été de très courte durée.
Les fémurs des pattes arrière sont parsemés de taches qui forment un anneau plus foncé ( A →) Ci-dessus, le même individu sur de la verge d'or en bordure d'une forêt. L'abondance des taches sur les pattes ne s'observe généralement pas chez les autres espèces de Podisus.
Podisus maculiventris
La littérature traitant de P. maculiventris est abondante. Les chercheurs ont étudié divers aspects de l'espèce dans l'espoir de l'utiliser en lutte biologique. On sait, par exemple, qu'en laboratoire l'adulte préfère les grosses larves de Tenebrio molitor aux petites. Devant les trois choix suivants, les nymphes et les adultes consommeront de préférence les chenilles lisses, puis les larves de coléoptères avec épines et finalement les chenilles poilues (Gyawaly, 2011). L'adulte, jusqu'à l'âge de 20 jours, passe entre 2 et 3% de son temps à se nourrir de fluides de végétaux. Entre 20 et 40 jours, le temps consacré à cette activité varie entre 9 et 16%. Dans tous les cas, des proies étaient toujours facilement accessibles (Morris, 1963).

Les oeufs de P. maculiventris sont parasités par une petite guêpe de la famille des Platygastridae, Telenomus calvus, un parasitoïde phorétique. La guêpe femelle se fixe à la femelle P. maculiventris et se déplace avec elle jusqu'à ce que celle-ci ponde ses oeufs, qu'elle parasite. En laboratoire, les guêpes se sont fixées à 25 endroits différents sur les punaises. Le pronotum et le fémur étaient les zones choisies les plus fréquentes (Orr et al., 1986). Voir sur BugGuide.

Evans (1982b) a étudié le comportement de P. maculiventris et l'a comparé à celui de Perillus circumcinctus. Il a observé qu'au second stade, les piqûres des nymphes P. maculiventris prennent dix fois plus de temps à neutraliser une proie que celles de P. circumcinctus. Les deux espèces qui recherchent des proies ne les repèrent que lorsqu'elles sont à quelques millimètres de celles-ci ou qu'elles les touchent. Elles peuvent même ne pas remarquer une proie installée sur le côté opposé de la feuille qu'elles explorent. Les nymphes P. maculiventris s'acharnent beaucoup plus longtemps sur les proies qui lui résistent. Au contraire de P. circumcinctus qui abandonne rapidement une proie récalcitrante.
P. maculiventris est souvent de couleur orangée mais aussi comme ci-dessus brun-gris. Elle ressemble alors à P. serieventris. Les pattes moins tachetées et l'épine ventrale la distinguent. Podisus maculiventris. Signes distinctifs: présence sur la membrane d'une ligne sombre (1 →); une ou deux taches sur la surface ventrale du fémur postérieur (2 →) : longue épine entre les hanches postérieures (3 →). Les pattes ne sont pas fortement tachetées.
Podisus brevispinus
P. brevispinus hiberne au stade adulte et produit une seule génération par année. Tardive, elle émerge de la litière forestière à la fin de mai ou au début de juin. L'accouplement a lieu peu après et se répète en moyenne trois fois au cours de l'été. 10 à 19 jours après le premier accouplement, la femelle pond un premier groupe d'oeufs. Elle produira en moyenne près de huit pontes d'un peu plus de 16 oeufs chacune. Le temps de développement des cinq stades nymphaux est de 59 jours (Tostowaryk, 1971).
D'après Tostowaryk, la proportion de temps consacré par P. brevispinus à diverses activités est de 73% au repos (digestion ou à l'affût), 26% à consommer une proie, 0,5% à circuler, 0,2% à tuer et 0,2% à se nourrir de végétaux.

Il a observé que les trois premiers stades sont plus agressifs que les stades V et adultes, qui chassent de façon furtive. Les nymphes partagent très volontiers une même capture. Elles persistent à attaquer une proie après avoir été repoussées alors que les adultes s'enfuient généralement au premier échec. Un adulte peut ingérer jusqu'à l'équivalent de 80% de son propre poids en consommant une seule capture.

Les punaises adultes s'envolent rarement mais Tostowaryk les a observées en vol lors de journées très chaudes.
Ci-dessus, le même individu photographié dans une forêt peuplée de chênes, de hêtres et de conifères. Posée sur une large feuille, la punaise était à quelques centimètres d'un réduve nymphe, Zelus luridus. Les deux prédateurs se convoitaient-ils mutuellement? P. brevispinus a collaboré à sa brève capture dans un petit contenant transparent permettant d'observer la courte épine abdominale des hanches postérieures (→) et de confirmer son espèce, par ailleurs très semblable vue de dos, à P. maculiventris. Après l'avoir déposée sur une feuille voisine, elle ne s'est pas envolée.
Les nymphes Podisus sp.
Les trois nymphes Podisus sp. ci-dessous sont au stade V. Evans (1985) présente des clés de tous les stades des quatre espèces présentes au Québec. À part P. placidus qui est très différente, la détermination des espèces avec les clés n'est pas concluante. La nymphe à gauche pourrait être P. maculiventris qui a deux zones jaunes dans la région des fourreaux alaires.
Les oeufs des Podisus sp.
Les oeufs de P. serieventris sont déposés en groupe, chacun légèrement incliné et cimenté aux oeufs voisins ainsi qu'à la surface sur laquelle il repose (Prebble, 1933). Plusieurs espèces pondent en double ou triple rangée, d'autres en groupes de quatre rangées ou plus. Chez certaines espèces, la femelle s'adapte au support de ponte, déposant deux rangées allongées sur des tiges ou un groupe d'oeufs sur des surfaces larges comme des feuilles (Esselbaugh, 1946).

À l'intérieur de l'oeuf, près de l'opercule, se trouve une structure en forme de T, un ovirupteur attaché à une membrane. Vers la fin du développement de l'oeuf, on peut le voir à travers le chorion (enveloppe de l'oeuf). L'ovirupteur exerce une pression sur l'opercule et contribue à son ouverture, lors de l'éclosion. Tout le tour de l'opercule est descellé sauf une petite section, située vers l'avant de l'embryon et qui joue le rôle de charnière lorsque l'opercule s'ouvre pour laisser sortir la nymphe et se referme ensuite en place (Prebble, 1933). Avant l'éclosion, la partie médiane de l'ovirupteur est orientée vers le bas, dans le dos de la punaise et la partie transversale (barre du T) se situe à peu près sur la ligne qui sépare la tête du pronotum. Lorsque l'opercule s'ouvre, la membrane qui porte l'ovirupteur est tirée vers l'avant et passe par-dessus la tête de la nymphe. On observe alors l'ovirupteur en position inversée, devant la nymphe, lorsqu'elle est en train de se dégager de l'oeuf (voir photos, plus bas).

Ci-dessous, une séquence de photos de l'éclosion d'un groupe d'oeufs de Podisus. La frange de « cils » qui bordent le dessus des oeufs (opercule) se nomment aéromicropyles. Cette structure plus ou moins allongée et vide au centre a été l'objet de plusieurs débats. Selon certains auteurs, elle accomplirait deux fonctions: permettre l'entrée du sperme dans l'oeuf et assurer l'échange d'air avec l'extérieur durant le développement de l'oeuf. Coppel & Jones (1962) ont comparé les oeufs des quatre espèces de Podisus présentes au Québec. Le nombre d'aéromicropyles est plus ou moins caractéristique d'une espèce donnée: P. serieventris, possède entre 9 et 13 aéromicropyles, moyenne de 10,32; P. placidus, entre 9 et 12, moyenne de 10,28; P. brevispinus, entre 10 et 13, moyenne de 11,68; P. maculiventris, entre 11 et 15, moyenne de 13,78.
29 mai. Sur une feuille d'Aulne de Sitka (Alnus viridis), 31 oeufs de Podisus serieventris ou P. placidus. Ici, le nombre d'aéromicropyles varie entre 9 et 13. Il y a 22 oeufs qui en ont 10 chacun; la moyenne globale est de 10,4. 9 juin, 9h17, soit 11 jours plus tard, l'éclosion commence. Les oeufs translucides sont de la teinte brun-orange des nymphes. Cliquez sur la photo pour voir, vis-à-vis des flèches, les ovirupteurs (T) situés à l'intérieur des oeufs, dans le dos des embryons. 9 juin, 9h45. Notez les positions inversées des ovirupteurs. En A, le T est dans le dos d'une nymphe, encore dans l'oeuf. En B, la tête d'une autre nymphe est sortie de l'oeuf. La membrane a glissé par-dessus la tête, entraînant avec elle le T qui se retrouve inversé par rapport à celui en A.

À l'avant-plan deux nymphes éclosent en même temps, face à face. La flèche pointe vers l'opercule entrouvert comme un couvercle. Les pattes et les antennes sont étroitement plaquées sur le corps au moment de l'éclosion (punaise de gauche) mais se déploient rapidement (punaise de droite).

L'éclosion des oeufs doit être synchronisée car les punaises retardataires deviennent la proie de leurs soeurs. Même si les nymphes de premier stade sont phytophages, le cannibalisme a été observé à l'occasion (Coppel & Jones, 1962).
9 juin 13h08. Après l'éclosion et pendant que leur cuticule durcit, les punaises restent sur le groupe d'oeufs maintenant vides. Jusqu'à la première mue, quelques jours plus tard, les Podisus fortement grégaires ne s'alimentent pas de matière animale mais ont besoin de fluides sans quoi elles meurent. 9 juin, 16h30. Les nymphes restent agglutinées quelques heures après l'éclosion. Prebble (1933) a observé que les nymphes ont généralement la tête orientée vers l'intérieur du groupe, ce qu'on observe ci-dessus.
II- PENTATOMINAE - punaises phytophages
Les antennes des adultes sont divisées en cinq articles. Le scutellum est triangulaire, plus petit que l'abdomen et ne masque pas la corie ou le clavus. Le premier article du rostre s'insère dans un sillon sous la tête (Miller, 1956). Principalement phytophages, mais certains auteurs rapportent avoir observé certaines espèces s'alimenter à l'occasion de matière animale.
Banasa sp.
On observe quatre espèces au Québec. Deux d'entre elles étant des mentions récentes (2014 et 2018). Certaines colorations de B. dimiata et B. calva peuvent être très semblables. Chez B. calva, on observe des taches sombres aux extrémités ventrales des segments abdominaux (McPherson, 1982). Les longueurs respectives des articles deux et trois des antennes sont différentes chez les deux espèces. Pour B. calva, l'article deux = 3/4 l'article trois; pour B. dimiata, l'article deux = 1/2 l'article trois (Britton, 1923).

Les deux espèces préfèrent se nourrir de petits fruits bien qu'en leur absence, elles s'alimentent de sève des feuilles. B. dimiata se nourrit de divers végétaux, entre autres de gadellier, gaylussacia et cornouiller. B. calva dépose ses oeufs sur le Cornouiller à grappes (Cornus racemosa); les nymphes se nourrissent de ses baies.

B. euchlora (voir ici) est vert jade; les trois angles du scutellum sont jaunâtres; l'hôte est le genévrier. B. sordida (voir ici) a été observée sur du chêne et récoltée sur des mauvaises herbes (McPherson, 1982).

La forme brune de Banasa calva.
Banasa dimiata. Banasa dimiata sur un fruit d'une plante ornementale. Ponte de 14 oeufs éclos de Banasa dimiata sur un fruit de sorbier (Sorbus sp.). Des nymphes étaient présentes parmi les fruits.
Élevage en captivité de Banasa dimiata
Sur le dessus d'une feuille de cornouiller bien exposée aux regards, six nymphes auprès de 14 oeufs sont observées un 4 juillet. Les oeufs ont donné les six nymphes et quatre guêpes parasitoïdes. Quatre oeufs resteront improductifs. Banasa dimiata pond entre 12 et 28 oeufs, 14 étant la moyenne (DeCoursey, 1963).

La nymphe capturée au stade II sera nourrie de fruits de cornouiller; elle a ignoré les bleuets et les fruits de chèvrefeuille ou d'aubépine qui lui ont été offerts. Avant chaque mue, la nymphe s'est isolée et n'a pas bougé pendant quelques jours. Par exemple, elle a jeûné deux jours entre les stades IV et V et quatre jours entre le stade V et l'adulte. Les durées des stades correspondent aux durées minimales observées par DeCoursey, soit 3 jours (stade I), 5 (II), 5 (III), 5 (IV) et 8,5 (V).

Juste après les mues, la nymphe a décroché son exuvie en lui donnant de petits coups de tête. Au stade IV, elle a tenté pendant une bonne minute de cacher son exuvie sous le papier essuie-tout qui tapissait le fond de la cage. Très farouche, elle disparaissait entre les fruits ou sous les feuilles du cornouiller. Durant les jeûnes, elle se glissait sous l'essuie-tout et y restait, immobile. Hélas pour elle, en soulevant la cage transparente, elle pouvait être observée à découvert, à cet endroit.

Cage d'élevage de Banasa dimiata. Des bleuets (premier plan), du chèvrefeuille (rouge) et du cornouiller (→).
4 juillet, stade I. Elles resteront, immobiles, jusqu'au 7 juillet. Un oeuf mesure 0.625 mm par 1 mm de long (DeCoursey, 1963). 7 juillet, stade II. Les nymphes viennent de muer et circulent sur les feuilles. 7 juillet, stade II. Cette nymphe a été capturée et élevée en captivité.


15 juillet, stade III (elle a mué le 12).
7 juillet, stade II. Photo prise à travers la paroi transparente de la cage. Le rostre s'allonge jusqu'à l'extrémité de l'abdomen (→). Avec sa patte avant, la nymphe a rabattu ses antennes sous elle. 10 juillet, Banasa dimiata stade II. Entre le 7 et le 10 juillet, l'abdomen est devenu rouge et rayé, ressemblant à celui des stades suivants.


31 juillet, jour de la mue au stade de mâle adulte. La punaise est restée immobile jusqu'au lendemain, sans se nourrir. Elle a été ramenée à son lieu de capture où aucune des cinq autres punaises de la fratrie n'a été observée.
20 juillet, stade IV (elle a mué le 17). Les fourreaux alaires sont visibles. 23 juillet, stade V (elle a mué le 22). Les fourreaux alaires sont bien développés.
Brochymena sp.
Les deux espèces présentes au Québec sont très semblables mais comportent quelques particularités qui les différencient:

B. quadripustulata:
angle huméral en pointe ( A →),
dents des joues plus courtes (C →),
joues plus longues et parfois se rejoignant à l'avant du tylus (B →).

B. arborea
:
angle huméral ( A →) carré,
dents des joues (C →) plus longues et découpées,
joues plus courtes et écartées (B →).
Brochymena quadripustulata Brochymena arborea B. quadripustulata adulte. La marge antérieure du pronotum est joliment dentée sur cet individu.
Quelques auteurs disent avoir observé Brochymena spp. se nourrir de matière animale (larves de Coléoptères et de Lépidoptères). Toutefois, les deux espèces se sont développées jusqu'au stade d'adulte en laboratoire en étant nourries exclusivement de végétaux (McPherson, 1982). La finesse de la base du rostre s'apparente à celle des espèces phytophages. La liste des arbres et arbustes sur lesquels les Brochymena sp. ont été capturés ou observés est très longue. Toutefois, rien ne spécifie si on a observé les punaises s'y nourrir. Dans la liste, on trouve l'aubépine, l'aulne, le bouleau, le caryer, le chêne, le chèvrefeuille, le frêne, l'orme, le pin, le pommier, le saule, et bien d'autres encore (McPherson, 1982).
À gauche, Brochymena sp. stade II ou III. Au centre et à droite, B. quadripustulata de stade IV et V. L'identification à l'espèce des deux nymphes est basée sur l'abondance d'individus immatures et adultes ( B. quadripustulata) sur un même massif de cornouiller et de chèvrefeuille.
Chinavia hilaris
C. hilaris se nourrit de plus d'une trentaine d'hôtes. (Schaefer & Panizzi, 2000). L'espèce hiberne au stade d'adulte. Ses oeufs sont en forme de baril avec de très courts aéromicropyles (contrairement aux Podisus sp., par exemple).

L'adulte se distingue de Chlorochroa persimilis par la bande claire plus mince sur la marge antérolatérale du pronotum. La coloration des nymphes de même stade de développement peut être très variable. On observe des formes vert pâle et d'autres noires aux marges thoraciques orange.
Chinavia hilaris (probable), nymphe. Chinavia hilaris, nymphe observatrice. Chinavia hilaris, nymphe, forme pâle.
Chinavia hilaris. Chinavia hilaris, nymphe, forme foncée. Chinavia hilaris, nymphes sur un fruit.
Chlorochroa persimilis
La liste des végétaux où a été observé C. persimilis est longue et variée. Bien que phytophage, l'insecte s'est nourri de matière animale (oeufs) en laboratoire (McPherson, 1982).

Scudder & Thomas (1987) comptent 10 espèces du genre Chlorochroa au Canada. Une seule est établie au Québec, C. persimilis, les autres étant observées dans l'ouest ou le centre du pays.

Les antennes de C. persimilis sont sombres, alors que celles de Chinavia hilaris sont rayées. L'ostiole (A →) est dépourvu d'une oreillette et il n'y a pas de canal (B → ) qui se prolonge jusqu'au milieu du métapleuron, comme c'est le cas chez Thyanta sp.
Une vue latérale permet d'observer la glande odorante. Chlorochroa persimilis, nymphe au stade III sur de l'Achillée millefeuille (Achillea millefolium).
Chlorochroa persimilis adulte. Deux nymphes C. persimilis au stade V sur des plants voisins d'asclépiade.
Coenus delius
Observé sur divers hôtes, par exemple la framboise, la Phléole des prés, le trèfle, la molène, la verge d'or, le bleuet, etc. Hibernerait au stade adulte (McPherson, 1982).
Un adulte observé sur du trèfle. Le tylus (→) plus élevé que les joues est un signe distinctif chez Coenus delius (McPherson, 1982). Une nymphe au stade V.
Cosmopepla lintneriana
Le motif rouge et noir est unique chez cette petite punaise. Phytophage, elle a été observée sur une large variété de végétaux mais on l'a vu aussi se nourrir de matière animale (McPherson, 1982).

Fish & Alcock (1973) ont observé divers comportements de C. lintneriana. La punaise recueille, entre les griffes de deux ou trois de ses pattes réunies, une minuscule goutte de liquide expulsée du rostre. Elle frotte ensuite ses griffes ensemble. Le mâle qui tente de s'accoupler s'approche et tapote vigoureusement la femelle avec ses antennes. Il se déplace rapidement autour d'elle et tente de soulever son abdomen. La femelle non réceptive le repousse avec ses pattes arrière.
Cosmopepla lintneriana, de couleur typique. Il arrive que chez certains individus, les motifs soient blancs plutôt que rouges. Ci-dessus, la punaise porte sur son dos un parasitoïde (→). La punaise vient de muer, sur de la molène. Les antennes et les pattes sont translucides. On devine, à la base du pronotum, le motif caractéristique qui deviendra rouge.
À la fin du mois d'août, plusieurs dizaines de nymphes et quelques adultes C. lintneriana se nourrissaient sur les longues tiges de Grande molène (Verbascum thapsus). Elles étaient à divers stades de croissance et à motifs plus ou moins foncés.
Dendrocoris humeralis
Observée notamment sur le chêne, le caryer, le pin, etc. d'après McPherson (1982). Ci-dessus, elle était en compagnie de quelques individus de son espèce sur du Chêne rouge (Quercus rubra). Ci-dessus, la même nymphe au stade V, sur du Chêne rouge. À droite, elle a été observée une minute le rostre posé sur cette pupe. Impossible de savoir si une nourriture était disponible. Kirkland (1896) rapporte avoir régulièrement observé cette espèce se nourrir de chenilles à tente et de la chenille de la Spongieuse, nommées respectivement dans son texte, tent caterpillars et gypsy moth.
D. humeralis est petite comparée aux autres punaises semblables (voir en bas de page). On observe plus ou moins clairement et sur la plupart des individus des zones foncées en vue dorsale (→). La couleur des adultes et des nymphes varie beaucoup d'un individu à l'autre. Le temps écoulé depuis la mue joue probablement un rôle dans la densité des couleurs et des motifs qui s'affirment avec le temps. Les deux nymphes ci-dessus sont au stade V. Photographiées à une journée d'intervalle, elles font partie d'une même colonie établie sur du chêne.
Halyomorpha halys
La punaise d'origine asiatique a fait son apparition en Pennsylvanie en 1996 (Hoebeke & Carter, 2003) et s'est propagée très rapidement en Amérique du Nord. En 2019, elle avait été détectée dans 44 États américains (site StopBMSB 2019). Au Québec, elle aurait été interceptée dès 2008 dans du matériel importé. À Montréal, des pièges en ont capturé 73 de 2014 à 2017 et des citoyens en ont rapporté quelques dizaines dans divers quartiers de la ville, de 2016 à 2018 (Chouinard et al., 2018). Les guêpes du genre Trissolcus, parasitent les oeufs de H. halys en Asie. Toutefois, ceux-ci seraient peu fréquemment parasités par les espèces nord-américaines de Trissolcus (Nielsen & Hamilton, 2009).
Nourriture
Polyphage, H. halys se nourrit d'une très grande variété de végétaux (arbres, arbustes, plantes herbacées) indigènes et cultivés. Les adultes préfèrent généralement les fruits alors que les nymphes s'alimentent sur les feuilles, tiges ou fruits (Hoebeke & Carter, 2003). Au cours de leur développement, les punaises changent volontiers d'hôtes si une meilleure nourriture devient accessible; l'accès à plusieurs hôtes serait même un élément nécessaire à un développement normal (Lee et al., 2013). H.Halys, provoque parfois un écoulement de sève lorsqu'elle plante son rostre dans un tronc d'arbre pour se nourrir (Martinson et al., 2013). Les auteurs ont observé la présence de fourmis et de guêpes opportunistes qui consommaient cette sève.
Cycle de vie
Au Québec H. halys produit une seule génération par année. L'adulte hiberne sous l'écorce ou dans une cavité d'un tronc d'arbre ou encore à l'intérieur des habitations où leur grand nombre peut devenir une nuisance.

Au printemps, les adultes quittent leurs refuges hivernaux pour s'accoupler. Une femelle pond entre 100 et 500 oeufs, la moyenne étant de 240 oeufs qu'elle fixe par groupes de 20 à 30 sous la feuille d'un hôte approprié (Hoebeke & Carter, 2003). Celles qui s'accouplent plusieurs fois augmentent leur fertilité.

Les oeufs éclosent cinq à six jours plus tard. Les nymphes de stade I restent groupées et se dispersent progressivement au second stade (Lee et al., 2013).

Le développement des nymphes est plus court à l'automne, lorsque la durée du jour décroît et à l'inverse, est plus long au milieu de l'été, lorsque les jours sont les plus longs. Cette réaction inhabituelle à la photopériode a pour effet de retarder la production automnale d'adultes sexuellement actifs et en conséquence maintient l'univoltisme (Niva & Takeda, 2003).
H. halys se distingue d'autres punaises semblables en observant la combinaison des éléments suivants: les antennes noires avec des bandes blanches aux articles IV et V (A →), la marge antérieure du pronotum dépourvue de dents (B →), le connexivum apparent qui révèle des bandes en alternance (C →). L'adulte de la photo à gauche a été observé en octobre et celui à droite au début de juillet.
Nymphes au cinquième stade. À gauche, en octobre et à droite, en juillet. Les adultes et les nymphes étaient nettement plus foncés à l'automne, lors de ces deux observations de 2019 et 2020.
Halyomorpha halys, stade II ou III. L'antenne gauche coupée et la ponctuation dorsale comparable permet de croire qu'il s'agit du même individu observé les 6 et 10 juillet sur un même massif de cornouiller. À gauche, stade III et à droite, IV.
Euschistus sp.
Cinq espèces sont présentes au Québec. Euschistus servus euschistoides et Euschistus tristigmus luridus sont les plus abondantes. Le mâle E. variolarius a une tache noire unique sur la partie ventrale postérieure de l'abdomen et les angles huméraux sont plutôt pointus. La marge antérolatérale de E. politus est presque droite, pâle mais bordée d'une région foncée contrastante. Une ligne pâle et saillante traverse le pronotum d'Euschistus ictericus.
Voir cette page consacrée à Euschistus servus euschistoides.
Euschistus ictericus: une ligne plus pâle et saillante traverse le pronotum sur toute sa largeur (→). Euschistus sp. en train de se nourrir. Le point d'insertion des stylets ( A →) est planté à la verticale dans le fruit. Le labium (C →) se replie en forme de Z à mesure que les stylets s'enfoncent dans le fruit. En (B →), le labre est dégagé vers l'avant. Euschistus servus euschistoides: les joues ( A →) s'avancent en avant du tylus. Le connexivum (B →) est souvent presque complètement caché par les ailes. Comparez avec les punaises au connexivum rayé.
Euschistus tristigmus luridus: au milieu de l'abdomen sur le ventre, présence de une à quatre taches foncées; les angles huméraux sont arrondis. Un 14 juin, Euschistus tristigmus luridus pond ses oeufs sous une feuille enroulée de cornouiller. D'après Esselbaugh (1946), 40% des oeufs de E. tristigmus sont pondus en groupe de 14 (comme ci-dessus), soit deux rangées de quatre oeufs au centre et deux rangées de trois oeufs, de part et d'autre. Les groupes d'oeufs de E. variolarius comptent en moyenne 18 oeufs (14 à 25) et ceux de E. servus euschistoides jusqu'à 55 oeufs, avec une moyenne de 21,7 oeufs. Les trois espèces produisent des oeufs blancs.
Euschistus tristigmus luridus. La pointe arrondie du scutellum est souvent pâle chez cette espèce. Les pattes sont tachetées. Ci-dessus deux nymphes du genre Euschistus. La punaise à gauche est au stade V car les fourreaux alaires sont bien développés. Celle de droite est au stade IV et semble se nourrir des fruits d'une graminée ou d'un carex.
Holcostethus sp.
Au Québec, on observe trois espèces, toutes de couleur brune, aux angles huméraux arrondis et aux joues (B) plus longues que le tylus (C). Le connexivum est rayé et le ventre marqué de lignes distinctes en zigzag chez H. fulvipes. Deux espèces n'ont pas le connexivum rayé: H. macdonaldi, au dos et à l'abdomen brun-noir et H. limbolarius, contournée entièrement par une fine ligne pâle. La clé de Paiero (2013) fournit tous les critères de détermination.
Holcostethus limbolarius. Le connexivum ( A →) n'est pas rayé mais brun foncé et bordé d'une région pâle. H. limbolarius. Les joues (B →) se prolongent et se rejoignent à l'avant du tylus (C →) qui reste en retrait. L'identification de ces nymphes Holcostethus est probable et basée sur l'hôte, l'herbe à poux, la présence d'un adulte sur le site et l'élimination d'autres espèces dont les nymphes sont connues et différentes de celles-ci.
Menecles insertus
Parmi les plus grands Pentatomidae. D'après McPherson (1982), serait nocturne et arboricole. L'espèce a été observée sur le caryer, l'orme, le hêtre, le micocoulier et le chêne (photo ci-dessus) Menecles insertus (identification probable), nymphe de stade IV. Voir le site BugGuide. En outre, DeCoursey & Esselbaugh (1962) notent la présence de taches carrées sur l'abdomen (C →); la demi-base des fémurs des pattes sont pâles et tranchent abruptement (D →) avec le reste des pattes foncées. Identification à confirmer.
Mormidea lugens
M. lugens est la seule espèce du genre Mormidea observée au Québec.

L'allure de cette punaise permet de l'identifier facilement: couleur brun cuivré, scutellum entouré d'une large bande pâle, deux lignes pâles à l'avant du pronotum et absence de pilosité.
Neottiglossa undata
N. undata est la seule espèce du genre Neottiglossa établie au Québec.

Notez la fine ligne pâle au milieu de la tête et du scutellum ainsi que l'absence de pilosité observée chez Trichopepla sp.; la corie (B →) n'est pas plus longue que le scutellum (A →).

Trichopepla atricornis
Deux espèces représentent le genre Trichopepla au Québec. Elles ont toutes les deux une dense pilosité. Ci-dessous, Trichopepla atricornis aux antennes complètement noires. L'autre espèce, T semivittata a les trois premiers articles des antennes brun-rouge.
Thyanta custator accerra - Voir cette page dédiée à l'espèce.
L'adulte Thyanta custator accerra peut être de diverses couleurs. Brun, vert, vert olive ou encore vert avec des lignes roses. Plusieurs auteurs du début des années 1900 ont mal identifié l'espèce. McPherson (1982) ainsi que Rider & Chapin (1992) documentent les problèmes taxinomiques du genre Thyanta.
L'espèce est grandement polyphage. Elle s'établit ou se nourrit sur plus d'une quinzaine de familles de végétaux. Les hôtes peuvent être des herbacées, des arbustes ou des arbres. L'espèce produit deux générations par année.

Ci-dessous, les punaises à divers stades de leur développement ne représentent pas le même individu.
oeufs Thyanta custator accerra Thyanta custator accerra Thyanta custator accerra
Oeufs de Thyanta custator accerra. Stade I sur les oeufs. Stade II.
Thyanta custator accerra Thyanta custator accerra
Stade III. Stade IV. Stade V, de forme foncée.
Adulte Thyanta de forme verte, semblable à Chinavia hilaris, beaucoup plus grand, aux antennes noires et jaunes en alternance (voir la photo sur cette page). Les individus verts sont parfois marqués de lignes roses d'intensité variable. Celui-ci se nourrit de Trèfle des prés. Adulte de forme brune.
III - PODOPINAE
Amaurochrous sp.
Deux espèces représentent la sous-famille des Podopinae au Québec. Le genre Amaurochrous se distingue facilement des autres genres de Pentatomidae par sa couleur uniformément brun foncé et son large scutellum qui couvre presque tout l'abdomen (voir ici la comparaison avec les Scutelleridae au scutellum aussi long). La marge antérolatérale du pronotum de A. cinctipes est courbée alors qu'elle est droite chez A. brevitylus. Le tylus de A. cinctipes est presque aussi long que les joues; le tylus de A. brevitylus est en retrait, permettant aux joues de se toucher, en avant du tylus. Les antennes sont courtes et le dos est fortement ponctué; les yeux sont proéminents.

Ces punaises habitent les touffes d'herbages et de carex des marais ou des bords de cours d'eau. En captivité, les femelles ont pondu des doubles rangées de neuf ou dix oeufs de forme cylindrique, jaune-brun couvert d'un opercule brun (McPherson & Paskewitz, 1984).
Le scutellum du genre Amaurochrous s'étend du pronotum jusqu'à l'extrémité de l'abdomen. Amaurochrous cinctipes à gauche et ci-dessus. Amaurochrous brevitylus
Liste des espèces de Pentatomidae du Québec
La liste des espèces a été tirée de Maw et al. (2000). Les modifications apportées à cette liste sont documentées dans la colonne Notes. En accord avec la liste de Roch (2015), les deux espèces appartenant aux genres Hymenarcys et Mcphersonarcys, ainsi que Holcostethus abbreviatus ont été retirées de la liste ci-dessous. Pour connaître les espèces présentes dans les régions adjacentes au Québec, consultez la liste de Roch (2015). La classification en tribus provient de Paiero et al. (2013) et les longueurs, sauf indication contraire, de McPherson (1982).
Nom

Tribu
Longueur
(mm)
Notes
Asopinae
Apoecilus bracteatus (Fitch) 13,0 - 17,0 Ancienne combinaison: Apateticus bracteatus (Fitch).
Apoecilus cynicus (Say) 13,0 - 20,0 Ancienne combinaison: Apateticus cynicus (Say).
Perillus bioculatus (Fabricius) 8,5 - 11,5
Perillus circumcinctus Stål 9,0 - 11,0
Perillus exaptus (Say) 5,0 - 8,0
Picromerus bidens (Linnaeus) 11,0 - 14,0
Podisus brevispinus Phillips 8,0 - 11,0 Ancienne combinaison: Podisus modestus.
Podisus maculiventris (Say) 8,5 - 13,0
Podisus placidus Uhler 7,5 - 11,0
Podisus serieventris Uhler 8,0 - 11,5
Rhacognathus americanus Stål 9,0 - 11,0 Ajout de Roch (2014) à Maw et al. (2000). Semble très rare. Un spécimen capturé à Quyon en 1992 (Roch, comm. pers.).
Pentatominae
Banasa calva (Say) Pentatomini 8,5 - 12,0
Banasa dimiata (Say) Pentatomini 8,5 - 11,0 On retrouve aussi dans la littérature B. dimidiata.
Say a nommé l'espèce Pentatoma dimiata en 1832. Après la mort de Say, en 1834, Le Conte (1859) a publié le travail de Say et renommé l'espèce dimidiata, de dimidiatus, qui évoque la division du pronotum en deux couleurs distinctes. Presque tous les auteurs qui ont publié par la suite, ont utilisé dimidiata. Dans leur catalogue, Henry & Froeschner (1988) recommandent dimiata puisque Say l'a nommée ainsi. D'autres auteurs invoquent le fait que l'usage de dimidiata depuis plus de 150 ans en a consacré la légitimité et que dimidiata a une signification que n'a pas dimiata. Sur ce site c'est Banasa dimiata qui est utilisé, puisque Say a nommé l'espèce ainsi.
Banasa euchlora Stål Pentatomini 9,0 - 11,0 En 2014, nouvelle mention de J.-F. Roch d'un insecte de collection capturé par M. Javahery à Beaconsfield le 10 sept. 2012.
Banasa sordida (Uhler) Pentatomini 10,0 - 11,5 Ajout à Maw et al. (2000). Première observation en 2018 par A. Hogue.
Brochymena arborea (Say) Halyini 10,0 - 18,0 Aussi Parabrochymena arborea mais certains auteurs ne reconnaissent pas le genre Parabrochymena.
Brochymena quadripustulata (Fabricius) Halyini 10,0 - 18,0
Chinavia hilaris (Say) Nezarini 13,0 - 19,0 Ancienne combinaison: Acrosternum hilare (Say).
Chlorochroa persimilis Horváth Nezarini 11,0 - 15,0
Coenus delius (Say) Carpocorini 8,5 - 10,5
Cosmopepla lintneriana Kirkaldy Carpocorini 4,0 - 7,0 Ancienne combinaison: Cosmopepla bimaculata (Thomas).
Dendrocoris humeralis (Uhler) Procleticini 6,0 - 8,5 Ajout à Maw et al. (2000).
Euschistus ictericus (Linnaeus) Carpocorini 10,5 - 12,0
Euschistus politus Uhler Carpocorini 8,2 - 10,0
Euschistus servus euschistoides (Vollenhoven) Carpocorini 11,0 - 14,0
Euschistus tristigmus luridus Dallas Carpocorini 10,0 - 12,0
Euschistus variolarius (Palisot de Beauvois) Carpocorini 11,0 - 15,0
Halyomorpha halys (Stål) Cappaeini 12,0 - 17.0 Ajout à Maw et al. (2000). Interception au Québec en 2008 (Chouinard et al., 2018). Dimension dans Hoebeke & Carter, 2003.
Holcostethus fulvipes (Ruckes) Carpocorini 9,0 - 9,8
Holcostethus limbolarius (Stål) Carpocorini 7,0 - 9,0
Holcostethus macdonaldi Rider & Rolston Carpocorini 7,0 - 9,0 Ancienne combinaison: Holcostethus piceus (Dallas)
Menecles insertus (Say) Carpocorini 12,0 - 14,0
Mormidea lugens (Fabricius) Carpocorini 5,0 - 7,2
Neottiglossa undata (Say) Aeliini 4,5 - 6,0
Sciocoris microphthalmus Flor Sciocorini 5,0 - 7,0
Thyanta custator accerra McAtee Nezarini 9,0 - 13,0 Maw et al. (2000) mentionne Thyanta accerra McAtee.
Trichopepla atricornis Stål Carpocorini 6,0 - 8,0 Ajout de Roch (2014) à Maw et al. (2000).
Trichopepla semivittata (Say) Carpocorini 5,5 - 8,0
Podopinae
Amaurochrous brevitylus Barber & Sailer 5,3 - 5,8
Amaurochrous cinctipes (Say) 5,0 - 7,5
Haut de page | Introduction | Photos A à L | Photos M à Z | Familles | Morphologie | Parasitisme | Prédation | Références | Site Entomofaune |