Punaises - Pentatomidae

Description  Les Pentatomidae sont massives, de bonne taille, souvent brunes, mais aussi parfois vivement colorées de motifs verts, rouges ou noirs. Leur scutellum s'allonge en pointe arrondie sur le dos, sans rejoindre l'extrémité de l'abdomen, sauf chez les deux espèces appartenant aux Podopinae; celles-ci ont un large scutellum en U qui couvre tout le dos, un peu à la manière des Scutelleridae. Lorsqu'on manipule sans ménagement ces punaises, leurs glandes odorantes émettent une forte odeur qui leur a valu le nom de stink bugs en anglais.

Les nymphes, qui se développent en cinq stades, sont plutôt différentes des adultes. Les ostioles de leurs glandes odorantes sont situés par paires sur le dessus de l'abdomen alors que chez l'adulte, ils sont sur le côté du thorax; la région qui les entoure est souvent ornée de couleurs et de motifs qui diffèrent du reste de l'abdomen; leurs antennes comportent quatre articles alors que les adultes en ont cinq. Les fourreaux alaires des nymphes de stades IV et V sont apparents. Au stade IV, ils atteignent la marge postérieure du métanotum et au stade V, ils le dépassent amplement (DeCoursey & Esselbaugh, 1962).

Banasa dimiata


nymphe Podisus sp.
Nombres  Trente-huit espèces et 21 genres sont présentés ici. Henry (2009) compte 4700 espèces et 900 genres mondialement.
Alimentation  En consultant la liste des végétaux sur lesquels ont été observés les Pentatomidae phytophages, on doit conclure qu'en général ils sont peu fidèles à un nombre restreint d'hôtes. L'association d'un groupe de punaises aux zoophages ou aux phytophages révèle leur préférence à l'égard de la matière animale ou végétale mais n'exclut pas quelques écarts à leur diète de base. Par exemple, chez les punaises prédatrices du genre Podisus, les nymphes du premier stade ne sont pas zoophages et meurent si elles sont privées de liquide (eau ou sève). Par ailleurs, certains auteurs ont observé la phytophage du genre Brochymena se nourrir de matière animale.
Taille  Elles sont en général de grande taille, certaines mesurant jusqu'à 20 mm. D'autres sont aussi petites que 4 mm, la moyenne étant autour de 10 mm.
Taxinomie  On observe trois sous-familles de Pentatomidae au Québec: Asopinae, Pentatominae et Podopinae. Le tableau à la fin de cette page note les nouvelles combinaisons de quelques espèces.
Notes  Les Pentatomidae hibernent généralement au stade adulte (McPherson, 1982); Picromerus bidens et Apoecilus sp. hibernent au stade d'oeufs. Plusieurs prédateurs comme des oiseaux, d'autres insectes ou des araignées s'en nourrissent. Elles sont aussi parasitées par des hyménopères et des diptères (Tachinidae).
Trois sous-familles: Asopinae, Pentatominae et Podopinae
Les clés en ligne de Paiero (2013) permettent d'identifier à l'espèce les punaises de la famille des Pentatomidae en utilisant des critères souvent visibles sur une bonne photographie. Elle permet aussi de détecter les punaises superficiellement semblables et qui appartiennent aux Acanthosomatidae et aux Scutelleridae. Les trois sous-familles appartenant aux Pentatomidae se distinguent les unes des autres relativement facilement.

Podisus maculiventris

Banasa calva

Amaurochrous cinctipes
Chez les espèces zoophages comme les Asopinae, la base du rostre est large et dégagée du dessous de la tête. Au contraire, chez les Pentatominae phytophages, la base du rostre est mince et encastrée dans un sillon de telle sorte qu'elle est à peine visible. Les deux espèces de Podopinae se distinguent aisément des autres Pentatomidae: uniformément bruns, leur scutellum est prolongé jusqu'à l'extrémité de l'abdomen. On pourrait plutôt les méprendre pour des Scutelleridae (voir la comparaison ici).
I- ASOPINAE - punaises prédatrices
Apoecilus sp.
Deux espèces sont présentes au Québec et se distinguent des autres Pentatomidae comme ceci:
-grandes punaises (13 à 20 mm);
-angle huméral pointu,
-absence d'une ligne sombre sur la membrane (voir Podisus),
-joues très légèrement en avant du tylus (moins que celles de Euschistus s. euschistoides),
-base du rostre épais (comme tous les Asopinae).

Les nymphes de stade V (photos à droite) ont des motifs distinctifs sur le dos. L'espèce hiberne au stade d'oeuf (Jones & Coppel, 1963).

Les deux espèces d'Apoecilus se différencient l'une de l'autre à partir de leurs caractères génitaux mais aussi en observant la longueur des articles des antennes. Chez A. cynicus, le troisième article (A3) est à peu près aussi long que le cinquième (A5) alors que chez A. bracteatus, A3 est plus petit que A5.

Nymphe Apoecilus sp. avec une proie.


Ci-dessus un spécimen du genre Apoecilus, possiblement de l'espèce cynicus. Sur la prise de vue de face l'article A3 de l'antenne semble à peu près égal à A5. Mais la mesure sur cette photo n'est pas suffisamment précise pour confirmer l'espèce. Nymphe Apoecilus sp.
Perillus sp.
Trois espèces sont présentes au Québec. Elles se distinguent de cette façon:
P. exaptus: la zone noire du pronotum n'est pas divisée en deux sections (→A) et forme plutôt un large rectangle noir bordé d'une zone de couleur.

P. bioculatus: le pronotum est divisé au centre par une ligne de couleur, tout comme chez P. circumcinctus. Toutefois, la bande centrale croise une bande transversale, absente chez P. circumcinctus, formant ainsi deux régions noires encadrées de couleur (→B). Une zone noire autour de chaque stigmate mesure au moins trois fois le diamètre de ceux-ci (→C). P. bioculatus est noir; les motifs caractéristiques du dos peuvent être blancs, orange ou rouges.

P. circumcinctus: le pronotum est divisé au centre par une ligne de couleur qui ne croise pas de bande transversale. Les stigmates foncés (→D) ne sont pas entourés d'une grande zone noire, comme chez P. bioculatus. La couleur de fond n'est pas aussi noire que celle de P. bioculatus mais plutôt brun foncé teinté de bronze. Le motif sur le dos n'est jamais rouge.

Perillus exaptus. La bande noire (→A) sur le pronotum n'est pas traversée au centre par une ligne de couleur.
Perillus circumcinctus
Knight (1922) rapporte qu'il a capturé au Minnesota, à la fin de juin, des nymphes qu'il a élevées en captivité. Celles-ci devenues adultes en juillet n'ont pas cherché à s'accoupler et ont plutôt adopté un comportement préparatoire à l'hibernation. De même au début d'août, au site de capture, plus aucun P. circumcinctus n'était présent sur les plants de verges d'or où les proies des punaises, Trirhabda canadensis, étaient pourtant abondantes. L'auteur a conclu que les punaises adultes s'étaient déjà retirées dans leurs sites d'hibernation et que l'espèce est univoltine, contrairement à P. bioculatus qui produit deux et même trois générations par été.
L'absence d'une bande transversale à la base du pronotum créée deux zones ouvertes (→). Les stigmates foncés (→D), sans bordure circulaire noire, forment de minuscules points ronds.
Perillus bioculatus
P. bioculatus est reconnue pour sa consommation du Doryphore de la pomme de terre (Leptinotarsa decemlineata). Toutefois, Knight (1922) rapporte qu'on les a aussi vues se nourrir de chenilles (Lymantriinae et Noctuinae). L'espèce a été élevée en captivité jusqu'au stade adulte en se nourrissant exclusivement de la chrysomèle du genre Ophraella, sur l'herbe à poux (voir cette page). Les nymphes du premier stade ne se nourrissent pas de matière animale et sont fortement grégaires. P. bioculatus tente de faire perdre pied à sa proie et la maintient suspendue au bout de son rostre quand elle se nourrit.

D'après Knight (1922), la variation de couleurs et de motifs de l'espèce serait reliée à l'environnement et non à l'hérédité. Les adultes hibernent après avoir produit deux générations durant l'été. Certains auteurs mentionnent la possibilité d'une troisième génération, qui n'atteint pas la maturité.
Ci-dessus, la forme orange de P. bioculatus. il existe aussi des spécimens noirs à motifs blancs.
Les deux taches noires bien découpées sur le pronotum (→B) et les stigmates (→C) entourés d'une zone circulaire noire dont le diamètre est au moins trois fois celui du stigmate, sont deux caractéristiques qui permettent de différencier P. bioculatus de P. circumcinctus.
Élevage en captivité de Perillus bioculatus
Les photos ci-dessous représentent la masse d'oeufs après l'éclosion et le même spécimen, issu d'un de ces oeufs, aux stades II et V. Ce spécimen est devenu un adulte mâle de la forme orange. Cliquez ici pour voir les photos de tous les stades et consulter le détail de l'élevage.
Les oeufs, même vides, sont noirs. Entre 13 et 15 micropyles (→A) bordent l'opercule, lui-même orné d'une carène circulaire (→B) (Knight, 1922). Stade II. Les stades II et III ont le thorax bleuté. Stade V. L'abdomen est dépourvu de lignes transversales rouges comme chez les Podisus. La marge latérale du pronotum est orange à ce stade.
Picromerus bidens
Cette punaise a été introduite en Amérique du Nord. Le premier spécimen connu a été capturé dans le Maine en 1932. Au Québec, la première publication soulignant sa présence date de 1968, à Lennoxville.

La punaise est attirée par le mouvement des insectes qu'elle chasse (Lépidoptères, Coléoptères, Diptères). Lorsqu'elle capture une proie de grande taille, elle peut s'en nourrir pendant deux ou même trois jours. Il arrive qu'elle s'accouple durant ce temps. L'espèce hiberne au stade de l'oeuf. En laboratoire, Javahery (1986) a observé que 92% des oeufs qui n'étaient pas exposés à une période de froid de 30 jours ou plus périssaient. Les oeufs, en forme de baril, sont blanc crème durant quelques heures mais deviennent gris puis presque noirs. Vingt-six à trente micropyles bordent l'opercule. Tout comme Podisus sp., les nymphes du premier stade ne se nourrissent pas de proies et restent étroitement groupées. (Javahery, 1986).

L'allure générale de cette grosse punaise permet de l'identifier facilement, une fois qu'on la connaît. Les signes distinctifs sont: l'angle huméral du pronotum est très pointu et noir (A), sur la patte antérieure, présence d'une épine courte et robuste sur le fémur (B) et d'une épine plus longue sur le tibia (C). L'insecte est couvert d'une fine ponctuation noire; la base du rostre est large comme chez tous les Asopinae.
Podisus sp.
Quatre espèces de Podisus s'observent au Québec. Trois d'entre elles ont une ligne sombre au centre de la membrane. Les Podisus sont des prédateurs sauf à leur tout premier stade de développement. Le genre hiberne au stade d'adulte.
Podisus serieventris et P. brevispinus partagent ces caractères distinctifs: l'angle huméral est arrondi, présence d'une courte épine sur le second sternite, marge antérolatérale du pronotum concave, présence d'une ligne foncée au centre de la membrane.

Toutefois, chez P. serieventris, les fémurs des pattes arrière sont parsemés de taches qui forment un anneau plus foncé (A, photo à droite) alors que chez P. brevispinus, les fémurs sont quasi immaculés.



Podisus serieventris. La couleur du dos
est plutôt gris-noir.

Podisus sp.
Podisus placidus. Signes distinctifs: absence de ligne sombre sur la membrane (A); la marge antérolatérale du pronotum (B) est droite. Podisus maculiventris. Signes distinctifs: l'angle huméral (1) est pointu; présence sur la membrane d'une ligne sombre (2); longue épine sur le second sternite (3); une ou deux taches sur la surface ventrale du fémur postérieur (4).
La chasse chez les Podisus sp.
Morris (1963) a étudié l'interaction de P. maculiventris avec la chenille à tente Hyphantria cunea. Il a observé que la punaise est un prédateur timide et furtif tentant généralement de piquer sa proie avant qu'elle ne remarque sa présence. Si la chenille détecte la punaise, elle se défend violemment, amputant souvent le prédateur d'un bout d'antenne ou de patte. Lorsque les nymphes trouvent un nid de chenilles, elles s'établissent généralement à l'intérieur de la structure de toile et s'y nourrissent jusqu'à l'âge adulte. Les adultes s'y établissent aussi parfois en s'alimentant des derniers stades de la chenille, avant l'hibernation.

Tostowaryk (1971) a observé P. brevispinus et calculé la proportion de temps consacré à diverses activités: 73% au repos (digestion ou à l'affût), 26% à consommer une proie, 0,5% à circuler, 0,2% à tuer et 0,2% à se nourrir de végétaux. Il a observé que les trois premiers stades sont plus agressifs par rapport aux stades V et adultes, qui chassent de façon furtive. Les nymphes partagent très volontiers une même capture. Elles persistent à attaquer une proie après avoir été repoussées alors que les adultes s'enfuient généralement au premier échec. Les punaises adultes s'envolent rarement mais Tostowaryk les a observées en vol lors de journées très chaudes. Un adulte peut ingérer jusqu'à l'équivalent de 80% de son propre poids en consommant une seule capture.

Prebble (1933) a noté que P. serieventris pique n'importe quelle partie d'une proie avec succès, même les endroits sclérotisés. Pour vérifier la toxicité de la piqûre de Podisus, il a séparé la punaise de sa proie entre 3 et 90 secondes après une piqûre. Douze larves sur dix-huit sont mortes une heure ou plus après cette expérience, même si la piqûre avait été de très courte durée.
 
Les nymphes Podisus sp.
Podisus placidus, nymphe Ci-dessus, deux nymphes du genre Podisus. Les nymphes ont des antennes à quatre articles, contrairement aux adultes qui en ont cinq.
Les oeufs des Podisus sp.
Les oeufs de P. serieventris sont déposés en groupe, chacun légèrement incliné et cimenté aux oeufs voisins ainsi qu'à la surface sur laquelle il repose (Prebble, 1933). Plusieurs espèces pondent en double ou triple rangée, d'autres en groupes de quatre rangées ou plus. Chez certaines espèces, la femelle s'adapte au support de ponte, déposant deux rangées allongées sur des tiges ou un groupe d'oeufs sur des surfaces larges comme des feuilles (Esselbaugh, 1946).

À l'intérieur de l'oeuf, près de l'opercule, se trouve une structure en forme de T, un ovirupteur attaché à une membrane. Vers la fin du développement de l'oeuf, on peut le voir à travers le chorion (enveloppe de l'oeuf). L'ovirupteur exerce une pression sur l'opercule et contribue à son ouverture, lors de l'éclosion. Tout le tour de l'opercule est descellé sauf une petite section, située vers l'avant de l'embryon et qui joue le rôle de charnière lorsque l'opercule s'ouvre pour laisser sortir la nymphe et se referme ensuite en place (Prebble, 1933). Avant l'éclosion, la partie médiane de l'ovirupteur est orientée vers le bas, dans le dos de la punaise et la partie transversale (barre du T) se situe à peu près sur la ligne qui sépare la tête du pronotum. Lorsque l'opercule s'ouvre, la membrane qui porte l'ovirupteur est tirée vers l'avant et passe par-dessus la tête de la nymphe. On observe alors l'ovirupteur en position inversée, devant la nymphe, lorsqu'elle est en train de se dégager de l'oeuf (voir photos, plus bas).

Ci-dessous, une séquence de photos de l'éclosion d'un groupe d'oeufs de Podisus. La frange de « cils » qui bordent le dessus des oeufs (opercule) se nomment aéromicropyles. Cette structure plus ou moins allongée et vide au centre a été l'objet de plusieurs débats. Selon certains auteurs, elle accomplirait deux fonctions: permettre l'entrée du sperme dans l'oeuf et assurer l'échange d'air avec l'extérieur durant le développement de l'oeuf. Coppel & Jones (1962) ont comparé les oeufs des quatre espèces de Podisus présentes au Québec. Le nombre d'aéromicropyles est plus ou moins caractéristique d'une espèce donnée: P. serieventris, possède entre 9 et 13 aéromicropyles, moyenne de 10,32; P. placidus, entre 9 et 12, moyenne de 10,28; P. brevispinus, entre 10 et 13, moyenne de 11,68; P. maculiventris, entre 11 et 15, moyenne de 13,78.
29 mai. Sur une feuille d'Aulne de Sitka (Alnus viridis), 31 oeufs de Podisus serieventris ou P. placidus. Ici, le nombre d'aéromicropyles varie entre 9 et 13. Il y a 22 oeufs qui en ont 10 chacun; la moyenne globale est de 10,4. 9 juin, 9h17, soit 11 jours plus tard, l'éclosion commence. Les oeufs translucides sont de la teinte brun-orange des nymphes. Cliquez sur la photo pour voir, vis-à-vis des flèches, les ovirupteurs (T) situés à l'intérieur des oeufs, dans le dos des embryons. 9 juin, 9h45. Notez les positions inversées des ovirupteurs. En A, le T est dans le dos d'une nymphe, encore dans l'oeuf. En B, la tête d'une autre nymphe est sortie de l'oeuf. La membrane a glissé par-dessus la tête, entraînant avec elle le T qui se retrouve inversé par rapport à celui en A.

À l'avant-plan deux nymphes éclosent en même temps, face à face. La flèche pointe vers l'opercule entrouvert comme un couvercle. Les pattes et les antennes sont étroitement plaquées sur le corps au moment de l'éclosion (punaise de gauche) mais se déploient rapidement (punaise de droite).

L'éclosion des oeufs doit être synchronisée car les punaises retardataires deviennent la proie de leurs soeurs. Même si les nymphes de premier stade sont phytophages, le cannibalisme a été observé à l'occasion (Coppel & Jones, 1962).
9 juin 13h08. Après l'éclosion et pendant que leur cuticule durcit, les punaises restent sur le groupe d'oeufs maintenant vides. Jusqu'à la première mue, quelques jours plus tard, les Podisus fortement grégaires ne s'alimentent pas de matière animale mais ont besoin de fluides sans quoi elles meurent. 9 juin, 16h30. Les nymphes restent agglutinées quelques heures après l'éclosion. Prebble (1933) a observé que les nymphes ont généralement la tête orientée vers l'intérieur du groupe, ce qu'on observe ci-dessus.
II- PENTATOMINAE - punaises phytophages
Les antennes des adultes sont divisées en cinq articles. Le scutellum est triangulaire, plus petit que l'abdomen et ne masque pas la corie ou le clavus. Le premier article du rostre s'insère dans un sillon sous la tête (Miller, 1956). Principalement phytophages, mais certains auteurs rapportent avoir observé certaines espèces s'alimenter à l'occasion de matière animale.
Banasa sp.
On observe trois espèces au Québec, l'une d'entre elles étant une mention récente (2014). Certaines colorations de B. dimiata et B. calva peuvent être très semblables. Chez B. calva, on observe des taches sombres aux extrémités ventrales des segments abdominaux (McPherson, 1982). Les longueurs respectives des articles deux et trois des antennes sont différentes chez les deux espèces. Pour B. calva, l'article deux = 3/4 l'article trois; pour B. dimiata, l'article deux = 1/2 l'article trois (Britton, 1923).
Les deux espèces préfèrent se nourrir de petits fruits bien qu'en leur absence, elles s'alimentent de sève des feuilles. B. dimiata se nourrit de divers végétaux, entre autres de gadellier, gaylussacia et cornouiller. P. calva dépose ses oeufs sur le Cornouiller à grappes (Cornus racemosa); les nymphes se nourrissent de ses baies.
B. euchlora est vert-jade; les trois angles du scutellum sont jaunâtres; l'hôte est le génévrier. Voir ici.
Banasa dimiata. Banasa dimiata sur un fruit d'une plante ornementale. La forme brune de Banasa calva.
Brochymena sp.
Les deux espèces présentes au Québec sont très semblables mais comportent quelques particularités qui les différencient:
B. quadripustulata: angle huméral en pointe (A), dents des joues plus courtes (C), joues plus longues et parfois se rejoignant à l'avant du tylus (B).
B. arborea: angle huméral (A) carré, dents des joues (C) plus longues et découpées, joues plus courtes et écartées (B).
Quelques auteurs disent avoir observé les deux espèces en train de se nourrir de matière animale (larves de Coléoptères et de Lépidoptères). Toutefois, les deux espèces se sont développées jusqu'au stade d'adulte en laboratoire en étant nourries exclusivement de végétaux (McPherson, 1982). La finesse de la base du rostre s'apparente à celle des espèces phytophages. La liste des arbres et arbustes sur lesquels les Brochymena sp. ont été capturés ou observés est très longue. Toutefois, rien ne spécifie si on a observé les punaises s'y nourrir. Dans la liste, on trouve l'aubépine, l'aulne, le bouleau, le caryer, le chêne, le chèvrefeuille, le frêne, l'orme, le pin, le pommier, le saule, et bien d'autres encore (McPherson, 1982).
Brochymena quadripustulata Brochymena arborea Brochymena sp. nymphe.
Chinavia hilaris
C. hilaris se nourrit de plus d'une trentaine d'hôtes. (Schaefer & Panizzi, 2000). L'espèce hiberne au stade d'adulte. Ses oeufs sont en forme de baril avec de très courts aéromicropyles (contrairement aux Podisus sp., par exemple).

L'adulte se distingue de Chlorochroa persimilis par la bande claire plus mince sur la marge antérolatérale du pronotum. La coloration des nymphes de même stade de développement peut être très variable. On observe des formes vert pâle et d'autres noires aux marges thoraciques orange.

Chinavia hilaris (probable), nymphe.

Chinavia hilaris, nymphe, forme pâle.
Chinavia hilaris. Chinavia hilaris, nymphe, forme foncée. Chinavia hilaris, nymphes sur un fruit.
Chlorochroa persimilis
La liste des végétaux où a été observé C. persimilis est longue et variée. Bien que phytophage, l'insecte s'est nourri de matière animale (oeufs) en laboratoire (McPherson, 1982). La punaise à droite a été observée sur du Pin gris.

Une vue latérale permet d'observer l'ostiole (A) de la glande odorante. L'ostiole est dépourvu d'une oreillette et il n'y a pas de canal (B) qui se prolonge jusqu'au milieu du métapleuron, comme c'est le cas chez Thyanta sp., par exemple.
Chlorochroa persimilis Chlorochroa persimilis, ostiole (A). Chlorochroa persimilis, nymphe sur de l'Achillée millefeuille (Achillea millefolium)
Coenus delius
Observé sur divers hôtes, par exemple la framboise, la Phléole des prés, le trèfle, la molène, la verge d'or, le bleuet, etc. Hibernerait au stade adulte (McPherson, 1982).
Un adulte observé sur du trèfle.  Le tylus (→) plus élevé que les joues est un signe distinctif chez Coenus delius (McPherson, 1982). Une nymphe au stade V. Les fourreaux alaires s'allongent au-delà du métanotum.
Menecles insertus
Menecles insertus (identification probable), nymphe de stade IV. Voir le site BugGuide. En outre, DeCoursey & Esselbaugh (1962) notent la présence de taches carrées sur l'abdomen (C); la demi-base des fémurs des pattes sont pâles et tranchent abruptement (D) avec le reste des pattes foncées. Identification à confirmer.
Cosmopepla lintneriana
Le motif rouge et noir est unique chez cette petite punaise. Phytophage, elle a été observée sur une large variété de végétaux mais on l'a vu aussi se nourrir de matière animale (McPherson, 1982).

Fish & Alcock (1973) ont observé divers comportements de C. lintneriana. La punaise recueille, entre les griffes de deux ou trois de ses pattes réunies, une minuscule goutte de liquide expulsée du rostre. Elle frotte ensuite ses griffes ensemble. Le mâle qui tente de s'accoupler s'approche et tapote vigoureusement la femelle avec ses antennes. Il se déplace rapidement autour d'elle et tente de soulever son abdomen. La femelle non réceptive le repousse avec ses pattes arrière.
Cosmopepla lintneriana, de couleur typique. Il arrive que chez certains individus, les motifs soient blancs plutôt que rouges. Ci-dessus, la punaise porte sur son dos un parasitoïde (→). La punaise vient de muer, sur de la molène. Les antennes et les pattes sont translucides. On devine, à la base du pronotum, le motif caractéristique qui deviendra rouge.
À la fin du mois d'août, plusieurs dizaines de nymphes et quelques adultes C. lintneriana se nourrissaient sur les longues tiges de Grande molène (Verbascum thapsus). Elles étaient à divers stades de croissance et à motifs plus ou moins foncés.
Euschistus sp.
Cinq espèces sont présentes au Québec. Le mâle de E. variolarius a une tache noire unique sur la partie ventrale postérieure de l'abdomen et les angles huméraux sont plutôt pointus. La marge antérolatérale de E. politus est presque droite, pâle mais bordée d'une région foncée contrastante.
Voir cette page dédiée à Euschistus servus euschistoides.
Euschistus ictericus: une ligne plus pâle et saillante traverse le pronotum sur toute sa largeur. Euschistus tristigmus luridus: au milieu de l'abdomen sur le ventre, présence de une à quatre taches foncées; les angles huméraux sont arrondis. Euschistus servus euschistoides: les joues (A) s'avancent en avant du tylus. Le connexivum (B) est souvent presque complètement caché par les ailes. Comparez avec les punaises au connexivum rayé.
Euschistus sp. en train de se nourrir. Notez en (A) le point d'insertion des stylets plantés à la verticale dans le fruit. Le labium (C) se replie en forme de Z à mesure que les stylets s'enfoncent dans le fruit. En (B), le labre est dégagé vers l'avant. Un 14 juin, Euschistus tristigmus luridus pond ses oeufs sous une feuille enroulée de cornouiller. D'après Esselbaugh (1946), 40% des oeufs de E. tristigmus sont pondus en groupe de 14 (comme ci-dessus), soit deux rangées de quatre oeufs au centre et deux rangées de trois oeufs, de part et d'autre. Les groupes d'oeufs de E. variolarius comptent en moyenne 18 oeufs (14 à 25) et ceux de E. servus euschistoides jusqu'à 55 oeufs, avec une moyenne de 21,7 oeufs. Les trois espèces produisent des oeufs blancs.
14 oeufs d'Euschistus de couleur noire révèlent qu'ils sont parasités. Le 28 juin, deux guêpes émergent. Le 29 juin, tous les opercules ont été déchirés, signe que tous les oeufs ont été parasités avec succès. Ci-dessus deux nymphes du genre Euschistus. La punaise à gauche est au stade V car les fourreaux alaires sont bien développés. Celle de droite est au stade IV et semble se nourrir des fruits d'une graminée ou d'un carex.
Holcostethus sp.
Au Québec, on observe trois espèces, toutes de couleur brune, aux angles huméraux arrondis et aux joues (B) plus longues que le tylus (C). Le connexivum est rayé et le ventre marqué de lignes distinctes en zigzag chez H. fulvipes. Deux espèces n'ont pas le connexivum rayé: H. macdonaldi, au dos et à l'abdomen brun-noir et H. limbolarius, contournée entièrement par une fine ligne pâle. La clé de Paiero (2013) fournit tous les critères de détermination.
Holcostethus limbolarius. Le connexivum (A) n'est pas rayé mais brun foncé et bordé d'une région pâle. H. limbolarius. Les joues (B) se prolongent et se rejoignent à l'avant du tylus (C) qui reste en retrait. L'identification de ces nymphes Holcostethus est probable et basée sur l'hôte, l'herbe à poux, la présence d'un adulte sur le site et l'élimination d'autres espèces dont les nymphes sont connues et différentes de celles-ci.
Mormidea lugens
M. lugens est la seule espèce du genre Mormidea observée au Québec.

L'allure de cette punaise permet de l'identifier facilement: couleur brun cuivré, scutellum entouré d'une large bande pâle, deux lignes pâles à l'avant du pronotum et absence de pilosité.
Neottiglossa undata
N. undata est la seule espèce du genre Neottiglossa établie au Québec.

Notez la fine ligne pâle au milieu de la tête et du scutellum ainsi que l'absence de pilosité observée chez Trichopepla sp.; la corie (B) n'est pas plus longue que le scutellum (A).

Trichopepla atricornis
T. atricornis se distingue des autres Pentatomidae superficiellement semblables par sa très dense pilosité.

Le connexivum de T. atricornis n'est pas rayé (A). Sa marge pâle est bordée vers l'intérieur d'une couleur sombre irrégulière; le second article des antennes est noir.


Trichopepla atricornis

T. atricornis
Thyanta custator accerra  - Voir cette page dédiée à l'espèce.
L'adulte Thyanta custator accerra peut être de diverses couleurs. Brun, vert, vert olive ou encore vert avec des lignes roses. Plusieurs auteurs du début des années 1900 ont mal identifié l'espèce. Mc Pherson (1982) ainsi que Rider & Chapin (1992) documentent les problèmes taxinomiques du genre Thyanta.
L'espèce est grandement polyphage. Elle s'établit ou se nourrit sur plus d'une quinzaine de familles de végétaux. Les hôtes peuvent être des herbacées, des arbustes ou des arbres. L'espèce produit deux générations par année.
 
Ci-dessous, les punaises à divers stades de leur développement ne représentent pas le même spécimen.
oeufs Thyanta custator accerra Thyanta custator accerra Thyanta custator accerra
Oeufs de Thyanta custator accerra. Stade I sur les oeufs. Stade II.
Thyanta custator accerra Thyanta custator accerra
Stade III. Stade IV. Stade V, de forme foncée.
Adulte Thyanta de forme verte, semblable à Chinavia hilaris, beaucoup plus grand, aux antennes noires et jaunes en alternance (voir la photo sur cette page). Les spécimens verts sont parfois marqués de lignes roses d'intensité variable. Celui-ci se nourrit de Trèfle des prés. Adulte de forme brune.
III - PODOPINAE
Amaurochrous sp.
Deux espèces représentent la sous-famille des Podopinae au Québec. Le genre Amaurochrous se distingue facilement des autres genres de Pentatomidae par sa couleur uniformément brun foncé et son large scutellum qui couvre presque tout l'abdomen (voir ici la comparaison avec les Scutelleridae au scutellum aussi long). La marge antérolatérale du pronotum de A. cinctipes est courbée alors qu'elle est droite chez A. brevitylus. Le tylus de A. cinctipes est presque aussi long que les joues; le tylus de A. brevitylus est en retrait, permettant aux joues de se toucher, en avant du tylus. Les antennes sont courtes et le dos est fortement ponctué; les yeux sont proéminents.

Ces punaises habitent les touffes d'herbages et de carex des marais ou des bords de cours d'eau. En captivité, les femelles ont pondu des doubles rangées de neuf ou dix oeufs de forme cylindrique, jaune-brun couvert d'un opercule brun (McPherson & Paskewitz, 1984).
Le scutellum du genre Amaurochrous s'étend du pronotum jusqu'à l'extrémité de l'abdomen. Amaurochrous cinctipes à gauche et ci-dessus. Amaurochrous brevitylus
Liste des espèces de Pentatomidae du Québec
La liste des espèces a été tirée de Maw et al. (2000). Les modifications apportées à cette liste sont documentées dans la colonne Notes. En accord avec la liste de Roch (2015), les deux espèces appartenant aux genres Hymenarcys et Mcphersonarcys, ainsi que Holcostethus abbreviatus ont été retirées de la liste ci-dessous. Pour connaître les espèces présentes dans les régions adjacentes au Québec, consultez la liste de Roch (2015). La classification en tribus provient de Paiero et al. (2013) et les longueurs de McPherson (1982).
Nom

Tribu
Longueur
(mm)
Notes
Asopinae
Apoecilus bracteatus (Fitch) 13,0 - 17,0 Ancienne combinaison: Apateticus bracteatus (Fitch).
Apoecilus cynicus (Say) 13,0 - 20,0 Ancienne combinaison: Apateticus cynicus (Say).
Perillus bioculatus (Fabricius) 8,5 - 11,5
Perillus circumcinctus Stål 9,0 - 11,0
Perillus exaptus (Say) 5,0 - 8,0
Picromerus bidens (Linnaeus) 11,0 - 14,0
Podisus brevispinus Phillips 8,0 - 11,0 Ancienne combinaison: Podisus modestus.
Podisus maculiventris (Say) 8,5 - 13,0
Podisus placidus Uhler 7,5 - 11,0
Podisus serieventris Uhler 8,0 - 11,5
Rhacognathus americanus Stål 9,0 - 11,0 Ajout de Roch (2014) à Maw et al. (2000). Semble très rare. Un spécimen capturé à Quyon en 1992 (Roch, comm. pers.).
Pentatominae
Banasa calva (Say) Pentatomini 8,5 - 12,0
Banasa dimiata (Say) Pentatomini 8,5 - 11,0 On retrouve aussi dans la littérature B. dimidiata.
Banasa euchlora Stål Pentatomini 9,0 - 11,0 En 2014, nouvelle mention de J.-F. Roch d'un insecte de collection capturé par M. Javahery à Beaconsfield le 10 sept. 2012.
Brochymena arborea (Say) Halyini 10,0 - 18,0 Aussi Parabrochymena arborea mais certains auteurs ne reconnaissent pas le genre Parabrochymena.
Brochymena quadripustulata (Fabricius) Halyini 10,0 - 18,0
Chinavia hilaris (Say) Nezarini 13,0 - 19,0 Ancienne combinaison: Acrosternum hilare (Say).
Chlorochroa persimilis Horváth Nezarini 11,0 - 15,0
Coenus delius (Say) Carpocorini 8,5 - 10,5
Cosmopepla lintneriana Kirkaldy Carpocorini 4,0 - 7,0 Ancienne combinaison: Cosmopepla bimaculata (Thomas).
Dendrocoris humeralis (Uhler) Procleticini 6,0 - 8,5 Ajout de Roch (2015) à Maw et al. (2000).
Euschistus ictericus (Linnaeus) Carpocorini 10,5 - 12,0
Euschistus politus Uhler Carpocorini 8,2 - 10,0
Euschistus servus euschistoides (Vollenhoven) Carpocorini 11,0 - 14,0
Euschistus tristigmus luridus Dallas Carpocorini 10,0 - 12,0
Euschistus variolarius (Palisot de Beauvois) Carpocorini 11,0 - 15,0
Holcostethus fulvipes (Ruckes) Carpocorini 9,0 - 9,8
Holcostethus limbolarius (Stål) Carpocorini 7,0 - 9,0
Holcostethus macdonaldi Rider & Rolston Carpocorini 7,0 - 9,0 Ancienne combinaison: Holcostethus piceus (Dallas)
Menecles insertus (Say) Carpocorini 12,0 - 14,0
Mormidea lugens (Fabricius) Carpocorini 5,0 - 7,2
Neottiglossa undata (Say) Aeliini 4,5 - 6,0
Sciocoris microphthalmus Flor Sciocorini 5,0 - 7,0
Thyanta custator accerra McAtee Nezarini 9,0 - 13,0 Maw et al. (2000) mentionne Thyanta accerra McAtee.
Trichopepla atricornis Stål Carpocorini 6,0 - 8,0 Ajout de Roch (2014) à Maw et al. (2000).
Trichopepla semivittata (Say) Carpocorini 5,5 - 8,0
Podopinae
Amaurochrous brevitylus Barber & Sailer 5,3 - 5,8
Amaurochrous cinctipes (Say) 5,0 - 7,5
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