Punaises - Coreidae

Description  Les espèces observées au Québec sont de grande taille, massives et brunes; les fémurs ou les tibias sont parfois élargis; les glandes métathoraciques latérales ont une large ouverture; la membrane comporte de multiples nervures en relief.



Les punaises hibernent au stade adulte. L'accouplement a lieu au printemps. La femelle pond ses oeufs sur de jeunes plants ou des parties de l'hôte en croissance. Elle s'assure ainsi que sa descendance trouvera de la nourriture après l'éclosion des oeufs.

Anasa armigera
Nombres  Sept espèces et six genres représentent cette famille au Québec d'après Roch (2014). Henry (2009) compte 267 genres et 1 884 espèces mondialement.
Alimentation  Essentiellement phytophages, leur régime est varié mais pour chaque genre de punaises, limité à un groupe restreint d'hôtes. Certaines espèces ont un impact économique sur les cultures.
Taille  Gosses punaises; la plus petite peut mesurer 7,6 mm et la plus grosse, jusqu'à 25 mm.
Taxinomie  Les Alydidae et les Rhopalidae étaient jadis considérées comme des sous-familles des Coreidae. Les trois familles appartiennent à la super-famille des Coreoidea.
Ci-dessus, probablement des oeufs d'Anasa sp. Les oeufs des Coreidae, sauf Leptoglossus sp. (oeufs rectangulaires), ont cette forme ovale. Ceux des Rhopalidae sont semblables mais possèdent deux protubérances en forme de S.   La patte postérieure de L. occidentalis est dilatée de part et d'autre du tibia. La longueur de la dilatation est la même de chaque côté, chez cette espèce. A. armigera soulève ses ailes et révèle la couleur orange de son abdomen, similaire chez L. occidentalis.
Leptoglossus occidentalis
Au moment de sa découverte en 1910, L. occidentalis était établi sur la côte ouest américaine et au sud de la Colombie-Britannique. Toutefois, son aire de distribution s'est rapidement étendue jusque sur la côte est, pour l'atteindre dans les années 80. L'insecte est actif et bien visible. Ni la nymphe ni l'adulte ne cherchent à se dissimuler. Ils se rassemblent au bout des branches de conifères ou sur les cônes exposés au soleil. Les adultes s'envolent volontiers lorsqu'ils sont dérangés. L'adulte dépose sur une aiguille de pin une bande d'oeufs semi-cylindriques de 2 mm de long, 1,2 mm de large et 1 mm d'épaisseur. L'oeuf est brun pâle mais devient brun-rouge lorsque la nymphe, de cette couleur, se devine à travers l'enveloppe translucide de l'oeuf qui éclot après 10 jours. Les nymphes sont grégaires et se nourrissent sur les cônes en développement (Hedlin et al., 1981).
Ci-dessus, des bandes d'oeufs éclos observées à la mi-septembre. Des bandes comprenant respectivement 2, 7, 8 et 14 oeufs ont été observées sur diverses aiguilles, au même site.Les nymphes sont grégaires. Sur cette tige de pin la place ne manque pourtant pas pour se disperser mais les huit jeunes nymphes restent étroitement groupées.
Chez les punaises, les stylets forment un tube qui perce la nourriture et en aspire les fluides. Au repos, ils sont enchâssés dans un sillon, à l'avant du rostre. À mesure que les stylets s'enfoncent à la verticale dans le végétal pour y chercher la nourriture, le rostre se replie en zigzag (ci-dessus, à gauche). Sur la photo au centre, les stylets de la nymphe sont plantés dans le cône de pin et sont complètement dégagés du rostre qui s'est replacé sous le corps. On peut en deviner l'extrémité au-delà de l'abdomen de la punaise. En 1928, Readio a observé un comportement similaire chez les nymphes Liorhyssus hyalinus (Rhopalidae). À la fin de leur repas, il les a vues replacer les stylets dans le sillon du rostre à l'aide de leurs tibias antérieurs.
Le rostre est remarquablement long par rapport à la taille de la très jeune nymphe. Au repos, il s'étend sous l'insecte, (→) au-delà de l'extrémité de l'abdomen.
Ci-dessus, à gauche, une nymphe aux fourreaux alaires bien développés (stade V) et au centre un adulte sur du pin. Chez l'adulte, le motif de fines lignes blanches en zigzag au milieu du dos est caractéristique de L. occidentalis. L'espèce produit une génération par année et hiberne au stade adulte. À l'automne, lorsque la température devient froide, les adultes cherchent un endroit sec pour passer l'hiver. Ils survivent apparemment au gel seulement s'ils sont à l'abri de l'eau. Une fente dans de l'écorce, un nid de rongeur ou d'oiseau sont des abris naturels qui leur conviennent. Toutefois, les insectes ont vite découvert que les bâtiments des humains sont aussi d'excellents refuges (Ridge-O'Connor 2001). Ils hibernent parfois rassemblés en très grand nombre. Une phéromone émise par les mâles serait responsable de ce phénomène (Schaefer & Panizzi, 2000). 
Anasa armigera
A. armigera est une grosse punaise brune observée sur son hôte, le Sicyos anguleux et parfois aussi sur les cultures de Cucurbitacées. La présence de deux épines sur la tête, le quatrième article des antennes orange ou jaune, l'absence de lignes pâles sur la tête permettent de la différencier d'Anasa tristis. Bien en évidence sur le métathorax, un tubercule blanchâtre borde la glande odorante (ci-dessous, au centre, flèche noire)
Durant les quatre premiers stades de leur croissance, les nymphes sont blanches avec diverses taches noires (ci-dessus à gauche et au centre). Au cinquième stade, la nymphe devient jaune tachetée de points bruns (ci-dessus, à droite).
Anasa tristis
Cette grosse punaise est brune, picotée de beige. Elle ressemble à Anasa armigera que l'on observe parfois sur les mêmes hôtes. Les lignes pâles au centre et sur les côtés de la tête, les antennes uniformément brunes et l'absence d'épines sur la tête permettent d'identifier Anasa tristis aisément. Les côtés du pronotum sont jaune pâle et les tibias des pattes arrière n'ont pas d'épines.

L'adulte hiberne et devient actif au printemps suivant. Après l'accouplement, la femelle pond généralement ses oeufs sous les feuilles de son hôte. L'oeuf est ovale et mesure 1,55 mm de long. Jaune ou blanc au début, il devient bronze doré foncé par la suite. Les nymphes sont grégaires, plus particulièrement durant les deux premiers stades de leur croissance.

Cette punaise, qu'on nomme Punaise de la courge, cause des dommages aux cultures de Cucurbitacées.

Photo sur BugGuide.
Acanthocephala terminalis


Les nymphes du premier stade sont bleu métallique et brunissent au fil des mues successives. 
La nymphe, à gauche, a été observée sur du Sumac vinaigrier (Rhus typhina), un de ses hôtes connus. Chez cette nymphe, on remarque les caractères distinctifs suivants:
--les tibias des trois paires de pattes dilatés,
--le tour de l'abdomen au contour irrégulier,
--les deux bandes claires à la base du troisième article et au milieu du quatrième article des antennes,
--les bandes claires sur les fémurs.

A. terminalis s'observe dans les boisés dégagés, à la lisière de forêts, sur des arbres, arbustes ou mauvaises herbes, le long des routes ou dans des broussailles.

Pour voir une photo de l'adulte: BugGuide.


Catorhintha mendica
Cette punaise est étroitement associée à son hôte, le Nyctage parasol (Oxybaphus nyctagineus). La plante, originaire du centre des États-Unis, aurait étendu son aire de distribution vers l'est, ses graines transportées par les trains. L'insecte aurait suivi son hôte par ses propres moyens (Hoebeke, 1982). D'après le site Canadensys, la plante serait indigène en Ontario et introduite au Québec.

C. mendica est plus mince et allongée qu'Anasa armigera à qui elle ressemble superficiellement. Contrairement à Anasa tristis, elle n'a pas de ligne pâle sur la tête.

Nymphe se nourrissant sur la fleur du Nyctage parasol
Merocoris distinctus et Coriomeris humilis
Merocoris distinctus
Insecte brun, très pubescent et moucheté de beige. Les fémurs des pattes arrière sont fortement renflés et armés de grosses épines; les tibias sont arqués. Pour voir une photo: BugGuide.


Coriomeris humilis
Probablement rare au Québec. Larochelle (1983) mentionne l'espèce dans une seule localité; l'aire de distribution, d'après Slater & Baranowski (1978) est à l'ouest du Mississippi avec de rares apparitions au nord-est. Ses hôtes sont probablement des plantes appartenant aux légumineuses . Pour voir une photo: BugGuide.
Liste des espèces de Coreidae du Québec
La liste des espèces a été tirée de Maw et al. (2000). Acanthocephala terminalis a été ajouté à cette liste et Chelinidea vittiger Uhler, non établi au Québec et qui s'alimente sur des cactus a été enlevé. Pour connaître les espèces présentes dans les régions adjacentes au Québec, consultez la liste de Roch (2014). La longueur des punaises provient de Larochelle (1983), sauf indication contraire.
Nom
Sous-famille
Longueur
(mm)
Habitat, hôtes
Acanthocephala terminalis (Dallas) Coreinae 18 - 25 À la lisière des forêts, boisés dégagés, bords de chemins, broussailles, sur des arbres, arbustes ou mauvaises herbes. L'espèce a été capturée sur une bonne variété de végétaux mais a été vue en train de se nourrir sur le caryer, le Physocarpe à feuilles d'Obier (Physocarpus opulifolius), le Sumac vinaigrier (Rhus typhina) et la Vigne de rivage (Vitis riparia) .
Anasa armigera (Say) Coreinae 13,0 - 16,5 Sicyos anguleux (Sicyos angulatus), et parfois aussi sur des cultures de végétaux de la même famille (Cucurbitacées).
Anasa tristis (De Geer) Coreinae 13,5 - 18,0 Dans les jardins, les serres et les grandes cultures, sur divers Cucurbitacées (concombres, zucchinis, courges d’hiver, etc.).
Catorhintha mendica Stål Coreinae En 2014, nouvelle mention de J.-F. Roch d'un insecte de collection capturé par P. de Tonnancour, le 24 juillet 2011, sur son hôte, le Nyctage parasol (Selon les ouvrages consultés (The Plant List, Canadensys), l'un des deux noms suivants est accepté ou considéré comme synonyme de l'autre: Oxybaphus nyctagineus et Mirabilis nyctaginea).
Coriomeris humilis (Uhler) Pseudophloeinae 8,6 - 9,0 Légumineuses
Leptoglossus occidentalis Heidemann Coreinae 15 - 18 L'été sur les cônes de conifères où l'espèce se nourrit et l'automne, cherchant refuge pour hiberner, souvent à l'intérieur des habitations.
Les hôtes connus sont le pin (Pinus), le sapin (Abies), l'épinette (Picea) et la pruche (Tsuga) , et aussi le Douglas vert (Pseudotsuga menziesii).
Merocoris distinctus Dallas Meropachydinae 7,6 - 8,7 Observé sur les feuilles de Polygala sanguin (Polygala sanguinea), verge d'or et autres herbes croissant le long des voies ferrées et des bords de route.

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