Punaises - Berytidae

Description  Les Berytidae sont de longs insectes bruns aux très longues pattes et antennes filiformes. La morphologie de la tête, la taille d'un spécimen, la présence ou l'absence d'épines permettent généralement de les identifier.

Elles ressemblent superficiellement au réduve Barce fraterna mais contrairement à ce dernier, n'ont pas des pattes antérieures de prédateurs.

Neoneides muticus
Nombres  Trois espèces et trois genres représentent cette famille au Québec d'après Maw et al. (2000). Henry (2009) compte 36 genres et 172 espèces mondialement.
Alimentation  Essentiellement phytophages, ces punaises se nourrissent occasionnellement d'autres petits arthropodes.
Taille  5,8 à 10,8 mm
Taxinomie  Les trois espèces appartiennent à deux sous-familles. Les Berytinae (Berytinus et Neoneides) ont le cou allongé, la tête prolongée vers l'avant, le scutellum et les ostioles sans épines et la portion ventrale de l'abdomen grossièrement ponctuée. Les Metacanthinae (Jalysus) ont le cou plus court, le dessus de la tête avec une simple pointe, le scutellum et les ostioles terminés par une longue épine.
Berytinus minor
Introduit en Amérique du Nord au début des années 30, Berytinus minor est un insecte commun en Europe. Il s'alimente ici de différentes espèces de trèfles, son préféré serait le Trèfle rampant (Trifolium repens). Il s'alimente aussi de Trèfle Alsike (T. hybridum), de Trèfle des prés (T. pratense) et de Luzerne lupuline (Medicago lupulina). L'adulte hiberne.

Les spécimens brachyptères (ailes courtes) s'identifient en observant les ailes postérieures. En effet, contrairement à d'autres types de punaises comme les Nabidae, l'abdomen n'est pas exposé chez les spécimens brachyptères puisque les ailes antérieures (celles du dessus) sont presque aussi longues que l'abdomen. Wheeler (1970) a mesuré la longueur relative des ailes postérieures et antérieures des formes macroptères et brachyptères. Il a observé que les deux paires d'ailes des spécimens macroptères étaient quasiment aussi longues l'une que l'autre (entre 0,8 et 0,96) alors que chez les brachyptères les ailes postérieures étaient entre le tiers et la demie plus courtes que les antérieures (entre 0,29 et 0,55). Voir la photo ci-dessous à gauche. Chez les brachyptères, le pronotum est moins arqué, plus court et ses marges latérales pratiquement parallèles.
Les fémurs des pattes arrière sont nettement plus courts que l'abdomen. L'extrémité du premier article des antennes est noire et renflée. Au centre du pronotum, une carène s'étend sur toute sa longueur et se prolonge légèrement au-delà de la marge antérieure. Cette punaise brachyptère semble avoir perdu ses ailes antérieures. Les ailes postérieures visibles ici, devaient mesurer environ la moitié des antérieures.
La projection à l'avant de la tête de B. minor est plus épaisse, plus allongée et moins recourbée que celles de Neoneides muticus. On constate en vue du dessus qu'elle est fortement aplatie latéralement.
Neoneides muticus
Neoneides muticus est le Berytidae ayant une des distributions la plus étendue en Amérique du Nord. Il se développe sur la Molène vulgaire (Verbascum thapsus); les adultes hibernent à la base de leurs rosettes. Il se nourrit sur les feuilles et les boutons de fleurs de la molène; il est aussi prédateur du thrips de la molène (Haplothrips verbasci) qui partage son habitat. D'autres hôtes ont été observés: la Molène blattaire (Verbascum blattaria), le Penstémon hirsute (Penstemon hirsutus), l'Épervière orangée (Hieracium aurantiacum), l'Épervière des prés (H. pratense), la Potentille de Norvège (Potentilla norvegicus), des Rubus sp. et aussi une fougère, la Dennstaedtia à lobules ponctués (Dennstaedtia punctilobula) (Wheeler, 1997). Notez que ces hôtes sont pubescents (même la fougère) et parfois glanduleux. Il s'alimente occasionnellement d'oeufs de papillons, de cicadelles, et autres petits arthropodes (Scudder, 1991).
Adulte sur du Sumac vinaigrier. Les fémurs des pattes postérieures sont aussi longs que l'abdomen, contrairement à ceux de Berytinus minor. Henry (1997) note la présence d'une pubescence blanche et laineuse autour des yeux, du pronotum et le long du sillon du rostre. Cette pubescence est visible ci-dessus, à droite. L'ostiole (→) n'est pas terminé par une longue épine observée chez les Jalysus. Notez l'abdomen grossièrement ponctué.
Adulte ténéral observé à côté de son exuvie. Sur le dessus de la tête, le prolongement est en forme de crochet beaucoup plus recourbé et mince que celui de Berytinus minor. Cette caractéristique permet de différencier cette punaise des Berytinus et des Jalysus.
Nymphe, stade IV. Semble se nourrir sur la nervure principale d'une feuille de sumac. Nymphe, stade V. Ces taches et anneaux sur les pattes sont caractéristiques des nymphes Neoneides. Une vue rapprochée de la tête de la nymphe révèle un joli motif derrière l'oeil. Chaque hanche est ornée d'un motif en demi-lune (→).
À la toute fin de juillet, 12 punaises ont été observées sur de jeunes plants de Sumac vinaigrier (Rhus typhina), ci-dessus. Les arbustes ne dépassaient pas un mètre de hauteur. Des adultes, un adulte ténéral (blanc, photo à droite) et des nymphes à divers stades ont été observés. Il est probable que ce végétal soit un hôte bien qu'aucun article consulté ne le mentionne. Toutefois, l'espèce semble apprécier les végétaux pubescents, ce qui est le cas du sumac.
Jalysus wickhami
J. wickhami ressemble superficiellement à Neoneides muticus. Il se distingue par la présence d'une pointe plus ou moins aiguë sur le dessus de la tête et non d'un crochet. La partie ventrale de son abdomen n'est pas grossièrement ponctuée. Son cou est plus court que celui de Neoneides ou de Berytinus. Le scutellum et les ostioles sont terminés par de longues épines. Voir ici sur BugGuide.
Ses hôtes sont généralement pubescents et glanduleux et appartiennent aux familles des Malvaceae, Onagraceae, Oxalidaceae, Scrophulariaceae et Solanaceae (Scudder, 1991). Les nymphes se développent principalement sur les fleurs et les fruits visqueux des hôtes. Dans l'est américain, on l'observe en compagnie de N. muticus sur le Penstémon hirsute (Penstemon hirsutus), la Potentille de Norvège (Potentilla norvegicus) et la Molène vulgaire (Verbascum thapsus). Il est prédateur de pucerons (Myzus persicae) et d'oeufs de Lépidoptères (Manduca spp.) Wheeler & Henry (1981).
Les nymphes de stade V sont jaune-vert. Les fémurs, tibias et premiers articles des antennes ont une étroite ligne noire longitudinale. Contrairement à Neoneides, les nymphes n'ont pas les pattes tachetées et annelées. En 1981, Wheeler & Henry ont examiné 3200 spécimens de collections américaines pour découvrir que dans la plupart des études biologiques effectuées avant cette époque, les chercheurs avaient à tort associé leurs spécimens à J. spinosus alors qu'il s'agissait en fait de J. wickhami. La mention québécoise de J. spinosus par Moore (1950) serait plutôt J. wickhami, d'après Scudder (1991). Pour l'instant, Jalysus spinosus est une espèce absente du Québec, même si elle est mentionnée dans plusieurs ouvrages comme celui de Larochelle (1983).
Liste des espèces de Berytidae du Québec
La liste des espèces a été tirée de Maw et al. (2000). Pour connaître les espèces présentes dans les régions adjacentes au Québec, consultez la liste de Roch (2014). La longueur des punaises provient de Henry (1997).
Nom
Sous-famille
Longueur
(mm)
Hôtes
Berytinus minor (Herrich-Schaeffer) Berytinae 5,8 - 7,3  Trèfle rampant (Trifolium repens), Trèfle Alsike (T. hybridum), Trèfle des prés (T. pratense) et de Luzerne lupuline (Medicago lupulina). Prédateur occasionnel.
Jalysus wickhami Van Duzee Metacanthinae 6,3 - 8,4 Malvacae, Onagraceae, Oxalidaceae, Scrophulariaceae et Solanaceae. Prédateur de pucerons, oeufs de Lépidoptères.
Neoneides muticus (Say) Berytinae 8,2 - 10,8
Molène vulgaire (Verbascum thapsus), Molène blattaire (V. blattaria), Penstémon hirsute (Penstemon hirsutus), Épervière orangée (Hieracium aurantiacum), Épervière des prés (H. pratense), Potentille de Norvège (Potentilla norvegicus), Rubus sp., Dennstaedtia à lobules ponctués (Dennstaedtia punctilobula).
Prédateur de petits arthropodes comme le thrips de la molène (Haplothrips verbasci), oeufs de Lépidoptères, cicadelles, pucerons, etc.

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