Thelia bimaculata mâle (à droite) et femelle

Membracides - Introduction




Ci-dessus, Telamona tristis. La nymphe vient juste de muer au stade adulte. Son casque est encore plié. Cliquez sur la photo pour voir le casque déployé, 13 minutes plus tard.


Les nymphes se distinguent de celles appartenant aux familles qui leur sont apparentées. Ci-dessus, une nymphe du genre Stictocephala. Le segment IX de l'abdomen se prolonge à l'arrière et forme un tube allongé, caractéristique des membracides.


Telamona sp.


Entylia carinata auprès de ses oeufs pondus sur la nervure principale d'une plante herbacée. Les fourmis s'affairent autour du membracide.


Une araignée Salticide a capturé Campylenchia latipes.
Les membracides sont des insectes remarquables à plusieurs égards. Bien que les espèces tropicales sont souvent plus spectaculaires que les nôtres, celles du Québec présentent aussi parfois des formes étonnantes.


Stictocephala diceros

En effet, chez les membracides, on observe la présence d'un casque qui couvre le dos de l'insecte. Considéré par plusieurs chercheurs comme une simple extension du pronotum, Prud'homme et son équipe ont démontré en 2011 Prud’homme et al. 2011. que ce casque est en fait une troisième paire d'ailes modifiées. Ils appuient leur découverte sur des données morphologiques et génétiques:
  • la présence, à la base du casque, d'articulations similaires à celles des ailes,
  • le casque est composé de deux couches de cellules épithéliales interconnectées par des nervures, tout comme les ailes,
  • à l'émergence de l'adulte, le casque se déploie comme le font les ailes (voir photo à gauche),
  • chez la nymphe, l'expression de gènes responsables du développement des ailes est détectée dans le casque.
N'ayant pas à subir les contraintes structurales qu'impose le vol, ces « ailes » se sont soudées et, après 40 millions d'années d'évolution, ont pris les diverses formes de casques typiques à chaque espèce qu'on peut observer de nos jours: projeté en hauteur pour former une crête irrégulière, longue corne pointant vers l'avant ou bien encore une paire de cornes latérales. On dit que ces ornements pourraient servir de camouflage mais les senseurs dont ils sont parsemés pourraient aussi intervenir dans la perception des odeurs, des courants d'air et des sons .

Certaines espèces de membracides sont grégaires (Entylia, Publilia, Enchenopa) alors que d'autres sont solitaires ou s'observent en petits groupes de trois ou quatre insectes (Glossonotus, Telamona, Cyrtolobus, Ophiderma, Archasia et Smilia) . Les insectes sont capables de communiquer entre eux en produisant des vibrations relayées par la plante.

La femelle de quelques espèces, notamment Publilia concava et Entylia carinata, garde régulièrement ses oeufs jusqu'à leur éclosion et continue parfois à protéger les nymphes pendant quelque temps. Certaines d'entre elles quittent toutefois le site rapidement après la ponte et vont produire une autre couvée .

Les membracides s'alimentent de la sève du phloème de divers végétaux herbacés, d'arbustes ou d'arbres. Ils sont généralement entourés de fourmis qui consomment le miellat expulsé de leur anus. La plupart des espèces sont attachées à un ou à quelques hôtes apparentés (voir la liste des espèces et de leurs hôtes). Publilia concava et Entylia carinata peuvent passer l'hiver au stade d'adulte. Toutefois, la norme est plutôt l'hibernation des oeufs, par exemple chez Acutalis et Stictocephala. Chez certaines espèces qui s'alimentent de plantes herbacées, les oeufs sont pondus sous l'écorce d'un arbre ou d'un arbuste et dès l'éclosion la nymphe se laisse tomber au sol et part à la recherche de l'hôte dont elle dépend pour se développer .

Les membracides sont des Hémiptères appartenant au groupe des Cicadomorphes, tout comme les cicadelles, cigales et cercopes. On retrouve près de 80 espèces au Québec et 3 100 espèces à forte dominance tropicale, mondialement .

Pour en savoir plus sur les caractéristiques des membracides, consultez le tableau comparatif des familles d'Hémiptères.



Ci-dessus, un membracide du genre Stictocephala. Le casque s'étend à partir du vertex, vers l'arrière en couvrant l'abdomen et presque toutes les ailes. Les insectes des autres familles d'Hémiptères, comme ce cercope ci-dessous, n'ont pas de casque. Un pronotum court est situé à l'arrière du vertex.


Ci-dessus, un cercope sans le casque des membracides.


Campylenchia latipes porte une longue corne au-dessus de la tête. Celle des mâles est plus courte que celle des femelles.


Sur du chêne, une nymphe émerge de son exuvie. Ce n'est pas sa dernière mue. En effet, la présence de fourreaux alaires où sont encore en développement les futures ailes, permet de conclure qu'il s'agit d'un immature. Les nymphes membracides muent cinq fois avant d'atteindre l'âge adulte.


Une femelle Stictocephala taurina insère son ovipositeur et pond sous l'écorce d'une petite branche de saule.
Le site des membracides a été mis en ligne en mars 2012.
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