Hémiptères - Nymphes

Tout comme pour la page des Hémiptères adultes, l'approche présentée ici n'est pas basée sur une clé formelle mais sur des critères généraux qui s'observent relativement facilement. La démarche est la même que pour les adultes: les plus faciles à déterminer sont présentés en premier. Le niveau de difficulté augmente ensuite. Si vous avez l'insecte en main, les clés de Stehr seront plus efficaces pour déterminer l'insecte jusqu'à la famille. Voici quelques critères distinctifs. Cliquez sur le nom de l'insecte souligné pour atteindre la section sur cette page.

Présence d'une masse d'écume ou de bulles  > > > > >  cercopes
Robustes, très grosses, on observe plus fréquemment l'exuvie  > > > > >  cigales
Dessus de la tête bombé, abdomen se terminant par un long tube, pattes souvent larges  > > > > >  membracides
Cornicules, en colonie avec des adultes > > > > >  pucerons
Généralement plus grosses que les autres Hémiptères, antennes longues et robustes, prédatrices > > > > >  punaises
Généralement petites, fines antennes courtes, pattes fines  > > > > >  cicadelles
Antennes courtes et fines sous les yeux, parfois de la cire  > > > > >  fulgores
Souvent sous la cire, fourreaux alaires dépassant parfois les côtés de l'abdomen, tube de miellat   > > > > >  psylles
Environ 1 mm, souvent fixes. La présence proche des adultes est un bon indice.  > > > > >  aleurodes
Présence de boucliers ou d'adultes  > > > > >  cochenilles

NYMPHE OU ADULTE?
Les nymphes n'ont pas d'ailes qui leur permettraient de voler, contrairement aux adultes qui en ont généralement. Mais plusieurs espèces d'Hémiptères adultes peuvent avoir les ailes courtes, parfois confondues avec des ailes « en croissance ». Voici quelques éléments pour les différencier:
Chez la nymphe
  • de chaque côté du corps, sans s'étendre au centre, les ailes sont enfermées dans des fourreaux aux bouts arrondis
  • les nervures des futures ailes sont cachées par le fourreau qui les enveloppe
  • aux stades les plus avancés, on peut voir quatre fourreaux, c'est-à-dire un pour chacune des quatre ailes.
  • l'attache des fourreaux au thorax couvre la largeur du dos.
Chez l'adulte
  • les ailes couvrent toute la surface du dos
  • les nervures sont généralement apparentes
  • les ailes postérieures sont cachées en dessous des ailes antérieures
  • les points d'attache des ailes au thorax sont courts 
Une punaise nymphe avec des fourreaux alaires qui ne couvrent pas le centre du dos mais s'étendent de chaque côté de l'abdomen. Les bouts sont arrondis. Un adulte fulgore aux ailes courtes qui couvrent tout le dos. La flèche montre le court point d'attache d'une aile au thorax. Voir la différence avec la nymphe cicadelle à droite. Une nymphe cicadelle, à un des premiers stades de croissance. Les fourreaux alaires ne sont pas encore très allongés. La flèche montre l'attache du fourreau alaire qui couvre toute la largeur du thorax. Une cicadelle adulte. Les ailes bien que courtes sont étalées sur le dos, jusqu'au centre. La ligne de démarcation à la jonction des 2 ailes au centre est absente chez les nymphes.
CERCOPES
Les nymphes des cercopes sont enfouies sous une masse d'écume protectrice. Elles peuvent occasionnellement en sortir pour muer, pour chercher une meilleure source d'alimentation ou lorsqu'elles sont dérangées. Mais on les observe généralement à proximité ou complètement immergées dans leurs masses de bulles. 
La masse d'écume cache une nymphe jaunâtre dont on devine l'oeil sous les bulles. Dans la masse d'écume, on observe trois nymphes. Celle à droite est découverte. L'oeil et les fourreaux alaires sont apparents. Une nymphe cercope. Les yeux rougeâtres sont visibles à droite. La formation des bulles n'est pas encore terminée. La nymphe, même lorsqu'elle est en dehors des bulles, a le réflexe d'étirer son abdomen, puis de le ramener en position normale.
CIGALES MEMBRACIDES


Les nymphes des cigales se développent sous terre en s'alimentant de sève prélevée sur les racines des végétaux. On les observe lorsqu'elles sortent de terre pour muer au stade adulte. Ci-dessus, une larve sur le point de muer et ci-dessous une exuvie. La cigale adulte a émergé par l'ouverture visible sur le dos.

Les nymphes des membracides ont généralement le dessus de la tête fortement bombé. Le dernier segment abdominal se prolonge en forme de long tube. Certaines espèces ont sur le dos des excroissances allongées. Les pattes sont souvent larges. Les fourmis accompagnent très souvent les nymphes qui peuvent être solitaires ou en groupe.
Cette nymphe a sur l'arête du dos de longues excroissances typiques de certaines espèces de membracides. Le dessus de la tête bombé et l'abdomen allongé en tube sont deux critères distinctifs.
Les nymphes de certaines espèces restent groupées durant leur croissance. Ci-dessus Publilia sp. ou Entylia sp. Cicadelle (Macropsis sp.) à gauche et membracide à droite.
Les deux insectes se ressemblent beaucoup. Notez le prolongement tubulaire de l'abdomen du membracide et la pointe derrière la tête qui deviendra le casque, au stade adulte.
PUCERONS
Les nymphes qui ne deviendront pas des adultes ailés ressemblent, surtout vers la fin de leur développement, aux adultes. Les nymphes qui deviendront des ailés ont des fourreaux alaires similaires aux autres Hémiptères. La présence de cornicules permet de déterminer que la nymphe est un puceron. Toutefois, quelques espèces de pucerons n'ont pas de cornicules ou encore, celles-ci sont difficiles à distinguer, même chez l'adulte. Les nymphes sont généralement en compagnie des adultes, dans la colonie, en présence de fourmis.
Les nymphes sont souvent observées en compagnie d'une femelle adulte ailée qui leur a donné naissance. Un adulte noir et une nymphe qui deviendra un puceron ailé. La flèche pointe sur le fourreau alaire de la nymphe. Les adultes ont la queue (cauda) bien développée (flèches 1) alors que celle des nymphes est plus courte (flèche 2) Une femelle ailée vivipare donne naissance à un puceron. La nymphe ressemble déjà à l'adulte.
PUNAISES
Leurs antennes sont robustes et les articles bien découpés les uns des autres. Ils sont généralement de plus grandes tailles que les autres Hémiptères. Les fourreaux alaires les distinguent des adultes. L'abdomen est souvent très coloré. Les nymphes qui proviennent d'oeufs pondus en grappe s'observent pendant quelque temps en groupe compact de plusieurs insectes. Mais il n'est pas rare de voir des nymphes punaises qui s'alimentent seules. Les punaises sont les seuls Hémiptères à s'alimenter d'autres arthropodes.
Une nymphe Hémiptère qui s'alimente d'un arthropode est une punaise. Son allure rappelle celle d'un Coléoptère mais la présence du rostre permet de déterminer que c'est un Hémiptère. Les punaises nymphes proviennent d'oeufs pondus en grappe. Remarquez les nymphes à différents stades. La flèche 1 pointe vers une nymphe aux fourreaux alaires plus développés que celle vis-à-vis de la flèche 2. Les petits fourreaux alaires de ce réduve (Zelus sp.) sont visibles sur le dos. Les punaises à boucliers nymphes ont souvent des couleurs voyantes sur l'abdomen qui, en l'absence des ailes, est à découvert.
Les fourreaux alaires forment deux avancées de chaque côté du dos. Une colonie de Tingidae avec des nymphes à divers stades. Ces punaises mesurent quelques millimètres seulement. Pas de doute, il s'agit...
  • d'un Hémiptère (rostre)
  • d'une punaise (antennes robustes et longues, gros insecte)
  • d'une nymphe (fourreaux alaires)
Punaise nymphe du genre Lygus.
CICADELLES
Les nymphes mesurent généralement quelques millimètres et peuvent être de diverses couleurs. Les antennes sont courtes, fines et à peine visibles, contrairement aux punaises. Elles sont placées devant les yeux et non dessous, comme chez les fulgores. Sur les végétaux près du sol, elles sautent et s'éloignent de l'observateur dès qu'elles sont dérangées. Les nymphes observées sur les arbres sont plus sédentaires et tolèrent le dérangement. Elles tournent généralement autour de la tige pour se cacher du côté opposé à l'observateur. Elles ne s'enrobent pas de cire. Les fourmis ne les gardent pas, contrairement aux pucerons ou aux membracides.
Deux cicadelles nymphes d'allures très différentes. L'une glabre et colorée et l'autre hirsute. Toutes les deux ont de très fines antennes. La cicadelle de gauche est à un stade plus avancé car les fourreaux alaires sont plus développés. Cicadelle des milieux humides. Solitaire, elle est très mobile et saute volontiers lorsqu'elle est dérangée. Beaucoup de cicadelles ont ce comportement. Elles restent sur place mais se balancent à gauche et à droite pendant plusieurs secondes.
FULGORES
La position des antennes sous les yeux est un des critères, quand on peut l'observer, pour déterminer le fulgore. Souvent le bas de l'oeil est légèrement découpé où l'antenne s'insère. Les nymphes sont parfois totalement différentes de l'adulte mais aussi parfois très semblables. Les nymphes produisent souvent de la cire.
Cette nymphe ressemble beaucoup à l'adulte. Notez l'antenne sous l'oeil. L'adulte est différent de cette nymphe. Les deux nymphes s'enrobent de cire. À gauche, Acanalonia a de longs filaments au bout de l'abdomen alors que Metcalfa à droite est couverte complètement d'une cire aux brins courts.
PSYLLES
Les nymphes sont souvent enrobées de cire cotonneuse courte ou qui forme de très longs filaments. En colonie sous une feuille, elles peuvent en tapisser une bonne partie de la surface. Les fourreaux alaires sont souvent dégagés du corps, latéralement, plutôt qu'aplati sur le dos ou sur les côtés de l'abdomen, comme chez les autres Hémiptères. (ci-dessous, à droite).
Le miellat expulsé par l'anus des nymphes psylles forment parfois un long tube terminé par une sphère. La cire ici est cotonneuse. Sous les feuilles de leur hôte certaines espèces s'observent en colonies de plusieurs insectes. De longs fils de cire les entourent. Cette nymphe vient de muer. La flèche pointe vers les fourreaux alaires bordés d'une rangée de petits fils de cire qui s'allongeront avec le temps.
ALEURODES
Le premier stade de l'aleurode est mobile mais les stades subséquents se fixent au feuillage et restent immobiles. Le dernier stade forme une pupe. Les aleurodes adultes sont minuscules (2-3 mm) et les immatures, plus petits encore.
Ces deux aleurodes étaient immobiles. Sur l'insecte à gauche, les yeux sont apparents. Un adulte auprès d'une exuvie et d'un immature avec une bulle de miellat. La pupe d'Aleurochiton forbesii est fixée sous la feuille d'un Érable rouge.
COCHENILLES
Généralement, le premier stade est dit rampant car il est mobile durant un certain temps. Les nymphes sont si petites qu'elles sont difficiles à détecter sans la présence d'un adulte, plus grand, à proximité.
Une femelle du genre Pulvinaria a pondu une masse d'oeufs d'où sortent de minuscules cochenilles mobiles. De couleur orange, la nymphe rampante Diaspididae s'est fixée près de sa mère. Observez les deux exuvies qu'elle a laissées au début de son propre cycle. Cliquez sur la photo pour la voir en entier, en compagnie de 3 nymphes. Au centre, la minuscule cochenille rampante marche en tout sens sur le bouclier de la mère (Coccidae).
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