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Fulgores - Introduction


Fulgora laternaria, une espèce tropicale de fulgore, ne s'observe hélas pas au Québec.


Les antennes comportent trois articles. Une base, un pédicelle élargi portant parfois des organes sensoriels (rangées de protubérances) et un fouet.


L'accouplement remarquable de Cedusa sp. Le mâle, à droite, se tient à l'envers sous la femelle, grâce à ses claspers.


Metcalfa pruinosa est un fulgore qui s'observe souvent en colonie comme ici. Cet insecte s'alimente sur plusieurs hôtes différents.


Scolops sulcipes
Les Fulgoromorphes, appelés commodément sur ce site « fulgores » au sens large, sont de petits hémiptères plutôt méconnus. Les Delphacides, par exemple, sont minuscules (entre 2 et 4 mm en moyenne) et passent inaperçus, dans l'herbe, au ras du sol. Mais d'autres espèces de fulgores aux couleurs et aux formes étonnantes sont plus faciles à observer.


Otiocerus wolfii

Les fulgores sont des insectes piqueurs-suceurs qui s'alimentent des fluides des végétaux. Ils sont apparentés aux cicadelles, cercopes, membracides et cigales. Ils se distinguent de ces groupes de plusieurs façons, deux d'entre elles étant relativement faciles à observer. Les antennes sont situées sous les yeux, sur les côtés de la tête et non à l'avant. Deux arêtes verticales, et non des rainures, bordent les côtés de la face à l'avant.

Leur cycle de vie est plutôt simple. La nymphe, issue d'un oeuf, mue cinq fois avant d'atteindre le stade adulte. La reproduction sexuée est la norme. Avant l'accouplement, les mâles et les femelles communiquent par des signaux acoustiques transmis par la plante. Ces signaux, ainsi que le type de ponte des femelles sont spécifiques à chaque espèce. En effet, les oeufs peuvent être insérés dans le tissu de la plante (tige, feuille ou pétiole) ou simplement collés à sa surface, avec ou sans protection. L'ovipositeur de la femelle est adapté au type de ponte et peut prendre la forme d'une scie ou d'un lobe mou pouvant déposer une couche protectrice sur les oeufs .

Chez les Cixiidae le cycle de développement débute sous terre. Les nymphes appartenant à cette famille se nourrissent sur les racines de leur hôte, principalement des graminées. Les nymphes des Achilidae et les Derbidae s'observent sous l'écorce des arbres morts ou vivants et on croit qu'elles s'alimentent d'hyphes fongiques . Les nymphes des autres familles et tous les adultes se développent sur les parties aériennes des végétaux.

Au Québec, les fulgores sont souvent solitaires. Toutefois, il est fréquent d'observer à proximité les uns des autres des dizaines de Delphacides posés sur des graminées près du sol. Le long des tiges de plusieurs végétaux on peut aussi voir des rangées de fulgores Metcalfa pruinosa.

Les formes et les couleurs des fulgores sont très variables. Certains, comme Scolops sulcipes ont la tête qui s'allonge vers l'avant pour former une espèce de museau ou une longue corne.

Les ailes sont tenues en toit et plus rarement à plat. Elles peuvent être longues (macroptères) ou courtes (brachyptères). Les ailes longues permettent de voler et d'aller coloniser d'autres sites mais l'insecte doit en payer le prix car les femelles macroptères sont moins fécondes que celles qui sont brachyptères. La présence de fulgores macroptères est plus élevée dans les environnements instables, comme les grandes cultures . Il n'y a pas de brachyptères chez les Achilidae et les Flatidae.

Mondialement, il y a 12 000 espèces de fulgores classées dans 21 familles. Au Québec, on a observé près de 85 espèces appartenant à huit familles. Toutefois, le nombre d'espèces présentes est certainement plus élevé.

Les fulgores appartiennent au groupe des Fulgoromorphes et à la superfamille des Fulgoroides.

Pour en savoir plus sur les caractéristiques des fulgores, consultez le tableau comparatif des familles d'Hémiptères.


Acanalonia bivittata


Le dessous de l'oeil forme une encoche où s'insère l'antenne. Le pédicelle est parsemé de protubérances qui sont des senseurs.


Huit mites rouges sont accrochées au fulgore. Ce dernier survivra peut-être à l'infestation, si toutefois, gêné dans ses mouvements, il échappe aux prédateurs.


Le fulgore mourra dans les heures qui viennent. Sur son dos la larve d'une guêpe parasitoïde de la famille des Dryinidae le dévorera de l'intérieur. Les cicadelles sont aussi victimes de ces guêpes. Voir ici.


Ci-dessus, une punaise nymphe prédatrice a attaqué un couple de Cedusa sp.


Le site des fulgores a été mis en ligne en mars 2012.
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