Apache degeerii

Voir aussi →  Scolops sulcipes | Derbidae

Fulgores - Derbidae


Les caractères suivants distinguent les Derbidae des autres familles de
Fulgores (Bartlett et al., 2014):
-présence d'une rangée d'épines sur le second article du tarse postérieur
-le dernier article du rostre est court
-la tête est étroite ou très étroite, carène médiane rudimentaire
-les paramères du mâle sont allongés

Une clé complète et illustrée des familles de Fulgores se trouve ici.

La famille comprend trois sous-familles. Au Québec les genres Cedusa (Cedusinae) ainsi que Anotia, Apache, Otiocerus, Patara et Shellenius (Otiocerinae) sont présents. Aucun genre représentant les Derbinae n'est présent pour l'instant.

La famille est hélas méconnue et pratiquement aucune documentation ne décrit leur biologie. On croit que les nymphes se nourrissent de champignons sur du bois en décomposition (souches, bûches, troncs d'arbres pourris, etc.). Les adultes s'observent sous les larges feuilles de plusieurs essences d'arbres.

Les femelles Derbidae sont dotées d'un ovipositeur ne permettant pas de percer un végétal pour y insérer ses oeufs mais plutôt d'aménager, dans le sol meuble, une niche où les oeufs sont déposés puis fixés et protégés par de la cire (Denno & Perfect, 1994).

Les espèces appartenant aux Otiocerinae sont remarquables: tête parfois plus étroite que la largeur de l'antenne, appendices vermiformes enroulés sur la joue, ailes démesurément longues, etc.

Anotia uhleri sur du hêtre. Chez le mâle de cette espèce, les antennes sont colossales. Les Derbidae ont souvent les ailes remarquablement allongées au-delà de l'abdomen.
Otiocerus sp.
Il y aurait trois espèces du genre Otiocerus au Québec. O. wolfii observée régulièrement dans la région de Lanaudière et en Montérégie. La mention de O. amyotii provient de la liste de Moore (1950). Toutefois il ne mentionne pas O. wolfii pourtant bien établie en 2019. De plus, Paiero et al. (2003) mentionnent l'espèce comme récemment observée au Canada. Moore a peut-être vu O. wolfii et non O. amyotii. La troisième espèce est O. coquebertii, plus typée et observée par Moore dans près d'une dizaine de localités. À cela pourrait éventuellement s'ajouter trois espèces présentes en Ontario, O. abbotii, O. kirbyii et O. stollii.
Otiocerus wolfii
Ci-dessus, une femelle sur de la vigne (Vitis riparia). Elle se distingue du mâle par la présence d'un seul appendice jaune pâle (→ B) auprès de l'antenne terminée par un flagelle (→ C). Le mâle a deux appendices orange. La ligne noire (→ A) distingue cette espèce de O. amyotii (Voir BugGuide) et de O. coquebertii, aux motifs rouges sur les ailes et à la large barre rouge sur la joue (Voir BugGuide).
Ci-dessus un mâle, sur du hêtre (Fagus grandifolia). L'antenne est bordée de deux appendices granuleux; la couleur générale de cet ensemble est orange. Seule l'antenne se termine par un flagelle. Vue de dos, la tête est aplatie et allongée vers l'avant. Les ailes sont près de deux fois la longueur de l'abdomen.
Shellenius ballii
L'espèce appartenait jadis au genre Otiorecus et partage des caractéristiques similaires: ailes très longues par rapport à l'abdomen, tête aplatie latéralement, appendices à la base des antennes. De profil, S. ballii se distingue des Otiocerus et Apache en observant la tête. Elle est allongée, l'extrémité est arrondie et les marges supérieure et inférieure sont parallèles. Les nervures des ailes sont rouges. Les spécimens observés ici étaient tous sur du hêtre (Fagus grandifolia). L'espèce a été observée sur l'érable, le Charme de Caroline et le frêne (Planthoppers of North America, déc. 2019).

Shellenius ballii. Vue dorsale qui permet de constater à quel point la tête est aplatie. La largeur de la tête se résume à celle de la bande blanche, entre les deux yeux.

L'antenne et l'unique appendice qui l'accompagne (→) sont orange. La surface de l'appendice est granuleuse.
Apache degeerii
L'espèce appartenait jadis au genre Otiocerus. Les signes distinctifs, lorsque combinés, sont: les ailes entièrement colorées, le dessus de la tête ondulé puis s'élevant abruptement en pointe à son extrémité et la présence de deux appendices auprès des antennes. On a observé les adultes sur le caryer, le chêne, l'érable et le hêtre (Planthoppers of North America, déc. 2019); le spécimen sur la bande en tête de la présente page était sur de l'aubépine et celui, ci-dessous, sur du hêtre. Les nymphes, rarement observées, vivent sur du bois en décomposition. Au Delaware, l'adulte hiberne (Bartlett et al., 2011).
Anotia uhleri
A. uhleri, seule du genre au Québec, se distingue bien des autres Derbidae. Les ailes sont tenues à plat, et étalées en V. Il n'y a pas d'appendices auprès des antennes et la tête ne se prolonge pas au-delà des yeux, comme chez les Otiocerus, Apache ou Shellenius. Quatre autres espèces présentes en Ontario pourraient être observées au Québec A. bonnetii, A. burnetii, A. kirkaldyi et A. westwoodi.

Les adultes ont été observés sur l'érable (Acer) et le cornouiller (Cornus) (Planthoppers of North America, déc. 2019) ainsi que sur le frêne (Fraxinus), le hêtre (Fagus) et l'orme (Ulmus) (C.Pilon).

Photo à droite: sur du hêtre, la femelle est à gauche du mâle. Les antennes de ce dernier sont un peu plus longues, plus épaisses et plus aplaties que celles de la femelle (Dozier, 1922).
Patara vanduzei
Seule espèce du genre au Canada et aux États-Unis. Les antennes des mâles sont beaucoup plus longues et larges que celles des femelles. Pour les deux sexes, il n'y a pas d'appendices auprès des antennes. De profil, la tête est arrondie et ne s'allonge pas en avant des yeux, comme chez les Otiocerus, Apache et Shellenius. Diverses sources écrivent Patara vanduzeei; Ball a nommée l'espèce vanduzei.
Femelle sur du chêne Mâle sur du hêtre Mâle sur du hêtre. Les yeux sont très larges.
Cedusa sp.
Le genre est représenté par six espèces au Québec: Cedusa hedusa, C. incisa, C. kedusa, C. maculata, C. obscura et C. vulgaris (Planthoppers of North America, déc. 2019). Une analyse des organes sexuels du mâle est nécessaire pour identifier les cinq espèces gris-bleu, toutes très semblables. C. maculata est différente. Voir photos, ci-dessous.
Cedusa sp. Une nymphe du genre Cedusa. Les yeux sont petits et placés en haut et à l'arrière de la tête.
Un accouplement. Le mâle, suspendu sous la femelle, le dos vers le bas. La femelle peut se déplacer en gardant le mâle dans cette position. Une autre position pour l'accouplement.
Cedusa maculata
L'espèce est tachetée de brun; les pattes sont rayées de gris en alternance avec du beige.

Les deux individus photographiés à droite ainsi que quelques autres étaient tous sur divers végétaux dans des forêts matures et humides, dans certains cas, non loin d'un ruisseau serpentant au milieu des fougères et des ronces.

Les nymphes Derbidae se développent sur du bois en décomposition, abondant dans ce type de forêt.

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