Aleurodes - Introduction


Dans une colonie, on observe fréquemment deux ou trois adultes étroitement groupés comme ci-dessus.


En octobre sur diverses plantes, dont la ronce (Rubus sp.), ci-dessus. Notez l'unique tache sombre, en forme de V, sur chaque aile. Quelques espèces ont ce type de taches.


Aleuroplatus sp. probable. À Montréal, plusieurs pupes observées sur le même plan de Cassandre caliculé (Chamaedaphne calyculata, Éricacae). La cire était développée à divers degrés sur les pupes présentes.


La pupe de l'Aleurode de Forbes est surélevée à la fin de son développement. L'espèce s'observe sur l'érable et mesure un peu moins de 1,5 mm de long.


Une pupe sur le Piléa nain (Pilea pumila) en septembre. Contrairement aux pupes présentées sur cette page, celle-ci est plate et sans projections cireuses.


Ce comportement a été observé à quelques reprises: deux aleurodes côte à côte et immobiles, puis, l'un d'eux soulève ses deux paires d'ailes à la verticale.


Posture de l'aleurode au repos ou en train de se nourrir, ici sur l'Égopode podagraire.
Familièrement nommés « mouches blanches », les aleurodes sont tous membres d'une même famille, les Aleyrodidae. Chez les Hémiptères, ils sont proches des psylles, pucerons et cochenilles. Ils n'ont pas de parenté avec les mouches, les Diptères. Plus de 80% des espèces vivent en zones tropicales mais certaines d'entre elles, qui ne résistent pas aux températures froides des zones tempérées, arrivent à s'établir et à prospérer dans les cultures en serre, lorsqu'elles sont accidentellement introduites.


Trialeurodes vaporariorum

Comment les reconnaître?
Les adultes aleurodes sont tous très semblables. On découvre à l'oeil nu un minuscule insecte (entre 1 et 3 mm) tout blanc qui s'envole volontiers quand on retourne la feuille où il vit, généralement en compagnie de dizaines de ses congénères. Il se pose non loin de l'endroit où on l'a découvert. Une observation plus poussée, à la loupe ou en macrophotographie, permet de constater que les espèces ne sont pas toutes identiques. Les longues ailes qui s'étendent au-delà de l'abdomen peuvent être immaculées, tachées d'une ou deux zones sombres ou parfois de rayures transversales en zigzag. Le thorax peut être jaune, gris ou blanc. La cire qui les couvre n'a pas toujours la même densité. Mais ces différences ne suffisent pas à déterminer à quelle espèce appartient un aleurode. Les chercheurs ont très tôt utilisé les caractéristiques des pupes pour déterminer les espèces.

La pupe est l'enveloppe dans laquelle s'effectue la transformation finale de l'immature en adulte. Sa forme est ovale, plate ou surélevée. Son contour peut être lisse, crénelé, nu, bordé d'une frange uniforme ou de longs fils de cire. Sur le dessus de la pupe, l'agencement des pores, des poils, des filaments cireux et surtout les caractères de l'orifice vasiforme sont des critères utilisés pour identifier l'espèce. Hélas, l'observation de ces éléments n'est pas à la portée de l'entomologiste amateur car il faut préparer la pupe avec des produits chimiques avant de la monter entre lame et lamelle, puis l'observer avec un appareil à fort grossissement.

Les chercheurs ont constaté que chez une même espèce, les pupes peuvent varier d'apparence. Mound (1966) note que les pupes de certaines espèces appartenant aux genres Bemisia et Trialeurodes sont généralement plus petites, leurs marges profondément crénelées, les poils dorsaux plus longs lorsqu'elles se développent sur des feuilles poilues. Une même espèce établie sur une feuille lisse aurait une pupe plus grande, des marges lisses et des poils dorsaux peu ou pas allongés. Beaucoup de nouvelles espèces décrites à partir des seuls critères des pupes sont devenues des synonymes d'espèces existantes.

Au Québec, où le nombre d'espèces est limité par le climat, on peut parfois arriver à déterminer le genre ou même l'espèce en connaissant l'hôte d'un aleurode qui n'est pas polyphage et dont la pupe est remarquable. L'Aleurode de Forbes qui vit sur l'érable, par exemple.

Un décompte largement sous-évalué
Le nombre mondial d'espèces décrites ou répertoriées est largement en dessous de la réalité mais en croissance constante, d'après Evans (2008), qui note qu'entre 1978 et 2008 le nombre d'espèces décrites a augmenté de 30%, passant de 1156 à 1556. L'auteur remarque que cette faible diversité s'explique mal si on la compare à celle des pucerons et des cochenilles qui comptent respectivement environ 4500 et 7000 espèces connues. Il donne en exemple l'inventaire des 37 espèces d'Australie de 1996. L'année suivante, une recherche un peu plus poussée avait identifié 165 espèces et on croit que le continent australien pourrait en compter 400!

Au Québec, on compte environ une dizaine d'espèces.

Alimentation
Les aleurodes aspirent les fluides des plantes dont ils se nourrissent. Une espèce donnée a généralement des hôtes préférés mais certaines espèces sont polyphages et peuvent se développer sur une grande variété de végétaux. On observe les aleurodes sur les plantes herbacées mais aussi sur les feuilles des arbustes et des arbres. Tous les stades de croissance se nourrissent, sauf le stade de pupe. Les aleurodes rejettent le produit de leur digestion sous forme de gouttes de liquide, le miellat, sur lequel peut se développer la fumagine.

Cycle de vie
Le premier stade issu de l'oeuf est mobile. Pourvu de pattes, l'aleurode cherche un endroit pour se fixer. Les stades II, III et IV sont immobiles et se nourrissent. C'est le quatrième stade qui forme la pupe où se développe l'adulte.

Les aleurodes sont grégaires. On observe parfois des dizaines d'individus à divers stades de croissance entassés parmi les pupes abandonnées, les gouttes de miellat, les résidus de cire, etc.



L'Aleurode de Forbes (Aleurochiton forbesii). Chez cette espèce, les ailes sont dépourvues de taches sombres et la cire, très fine, ne tombe pas sur la feuille.


L'Aleurode du chou (Aleyrodes proletella). On devine, sous la couche de cire, deux zones sombres sur chaque aile. La disposition des oeufs en cercle n'est pas unique à cette espèce.


Attention, d'autres insectes de la même taille que les aleurodes leur ressemblent beaucoup. Par exemple ci-dessus, ce Neuroptère observé à l'oeil nu est très semblable à un aleurode. Notez les pièces buccales avec des palpes, absents chez les aleurodes, ainsi que les longues antennes comportant de très nombreux articles (les aleurodes en comptent presque toujours sept). Quelques espèces de Neuroptères sont prédatrices des aleurodes.


Sous la feuille de l'Égopode podagraire (Aegopodium podagraria), beaucoup de pupes d'une espèce non déterminée sont difformes. Le dessous de la feuille comporte de petits poils drus (→) qui, à fort grossissement, sont parfois visibles à l'endroit où le contour de la pupe est déformé.


Pupe sous la feuille de l'Amphicarpe bractéolée (Amphicarpa bracteata). Sur cet hôte, Evans (2008) mentionne un seul aleurode, Trialeurodes packardi. Mais la pupe de T. vaporariorum, grandement polyphage, est semblable à celle-ci.


Aleurodes du chou (Aleyrodes proletella). Des oeufs et divers stades de croissance en colonie dense.
Le site des aleurodes a été mis en ligne en avril 2016.
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