Prédateurs et parasites


Les pucerons ont beaucoup d'ennemis naturels qui les utilisent comme abri et nourriture pour le développement de leurs larves ou qui les mangent simplement. Plus encore, ils constituent parfois un chaînon essentiel au cycle de vie d'autres insectes. L'information qui suit est tirée de Foottit 1993.

Pathogènes
Au moins 13 espèces de pathogènes fongiques ont été identifiées. Plusieurs espèces ont été testées avec succès comme moyen de contrôle sur le terrain.
Parasites
Plusieurs espèces d'Hyménoptères pondent leurs oeufs à l'intérieur de pucerons vivants. Les espèces appartenant à la famille des Aphidiidae dépendent même complètement des pucerons comme hôtes de ponte. On appelle « momie » le puceron paralysé dans lequel se développe une larve de guêpe. En effet, le puceron devient brun ou noir et durcit. On le repère facilement parmi ses congénères car il perd l'apparence typique de son espèce. À maturité, alors qu'elle a complètement dévoré son hôte, la guêpe émerge du puceron par un orifice circulaire qu'elle a découpé de l'intérieur.
Prédateurs
Les oiseaux mangent les pucerons mais ces derniers sont aussi au menu de plusieurs arthropodes comme les insectes, les araignées et les mites. Parmi les insectes, on a observé des prédateurs chez les coccinelles (Coccinellidae), les chrysopes (Chrysopidae), les hémérobes (Hemerobiidae), les conioptéryx (Coniopterygidae), les syrphes (Syrphidae), les cécidomyies du genre Aphidoletes (Cecidomyidae), les punaises (Miridae, Anthocoridae) et les chamémyies (Chamaemyiidae).
Hyménoptères parasites et prédateurs
Sur du peuplier, un guêpe s'affaire autour de pucerons ailés et pond dans plusieurs d'entre eux. Les 2 photos à gauche montrent la guêpe, l'abdomen complètement replié sous elle et tendu vers l'avant, en train de pondre dans l'abdomen et dans le thorax de pucerons.
Une colonie de pucerons observée sur de la Vesce jargeau, dans une zone agricole. À gauche, un puceron non parasité. Au centre, une « momie » conservée en captivité et à droite la guêpe qui en est sortie quelques jours plus tard.
Les pucerons (Hyalopterus pruni) des 4 photos à gauche et à droite ont été observés sur du phragmite. Une même guêpe a fait de nombreuses tentatives pour pondre dans plusieurs pucerons. Souvent, le puceron prenait la fuite ou surélevait son abdomen afin d'empêcher la guêpe de le piquer.
2 photos à droite: en haut, la guêpe s'approche doucement à l'arrière du puceron. En bas, elle se retourne et plante son ovipositeur dans l'abdomen du puceron qui ne réagit pas.
La perforation circulaire que la guêpe fait pour émerger lorsqu'elle est à l'intérieur du puceron est bien visible sur les 2 photos de gauche.
Les pucerons parasités s'observent souvent seuls sur une feuille, après que la colonie ait déserté le site . Mais on les observe aussi, comme sur les 2 photos de gauche, au milieu de pucerons sains, dans la colonie. Leur taille plus grande et gonflée ainsi que leur couleur qui n'est pas typique de leur espèce permet de les répérer facilement.

Une guêpe sur une colonie de pucerons observée sur du saule. Elle est un hyperparasite car elle parasite la larve d'une autre guêpe qui se développe déjà dans un puceron.

En haut, on discerne clairement la larve de guêpe en demi-lune, à l'intérieur du puceron.

Celui-ci a été conservé en captivité. Quelques jours plus tard, la guêpe à droite a émergé. Elle appartient probablement à la famile des Charipidae, un hyperparasite. (BugGuide #310919)

Braconidae parasite Mindarus abietinus
Pendant plusieurs minutes une guêpe de la famille des Braconidae (3 images ci-haut) pond ses oeufs dans des Pucerons des pousses du sapin (Mindarus abietinus).  Elle enfonce son abdomen plusieurs fois entre les aiguilles de la pousse du sapin où sont enfouis les pucerons.
PassaloecusÀ gauche une guêpe du genre Passaloecus, Crabonidae (probable à cause des mandibules blanches) rôde autour d'une colonie de pucerons du genre Uroleucon établie sur du laiteron (Sonchus). Elle saisit un puceron et s'envole avec.

Cette espèce de guêpe récolte les pucerons vivants, les paralyse et les stocke où elle pondra un oeuf. Sa larve se nourrira des pucerons qui l'entourent.
Araignées et mites
Une mite de la superfamille des Trombidioidea s'attaque à un puceron sur une feuille de chêne.

À gauche, le puceron abandonné par la mite.
Une mite s'attaque à un puceron adulte ailé. Des mites sur la tête d'un adulte ailé et sur celle, à gauche, d'un tout jeune puceron. La mite parasite (rouge) est parfois aussi grosse que son jeune hôte puceron.
Sous la feuille d'un érable, une araignée a capturé un puceron ailé. Une jeune araignée Araneus diadematus a tendu sa toile entre les tiges d'un cornouiller où prospèrent plusieurs colonies de pucerons. Les adultes ailés se prennent au passage dans le piège. L'araignée tenait le puceron tout contre elle. Le puceron fait quelques pas vers l'avant mais l'araignée garde ses pattes sur lui et le retient.
Coléoptères prédateurs
Un charançon observé dans une pseudo-galle de l'orme. Il tient le puceron qui se débat dans sa patte gauche arrière. Un coléoptère de la sous-famille des Scymninae dévore un puceron (Hyalopterus pruni, à gauche) sur du phragmite.
Chez les Coccinellidae, tout comme chez les Miridae et les Anthocoridae d'ailleurs, les insectes s'alimentent de pucerons alors qu'ils sont aux stades larvaire et adulte.

Au centre, en haut, une larve de coccinelle sur de l'Angélique. Plusieurs dizaines de larves nettoyaient l'infestation de pucerons.

En bas, de gauche à droite, sur du soja, du saule et de l'aulne.
Neuroptères prédateurs
Les 3 photos du bas:
Une larve de chrysope s'approche doucement d'un puceron du genre Uroleucon. Le puceron ne réagit pas à l'approche du prédateur. Lorsque celui-ci l'empoigne solidement avec ses « pinces », le puceron se débat brièvement et plusieurs gouttes de liquide défensif s'échappent de ses cornicules. Mais le liquide manque sa cible et le puceron est immobilisé. Les gouttes rouges restent suspendues au bout de chaque cornicule.
Diptères prédateurs
Leucopis Leucopis Leucopis
Le loup dans la bergerie! La larve d'une petite mouche du genre Leucopis (Chamaemyiidae) dévore les pucerons qui l'entourent (Aphis sambuci sur du sureau). Les fourmis, qui protègent généralement les pucerons, n'attaquent pas les larves prédatrices. Les spiracles, qui forment une espèce de paire de cornes à l'arrière de la larve, sont longs et écartés. Chez les syrphides, par exemple, ceux-ci sont très rapprochés et plus courts.
À gauche, un adulte Leucopis. Une demi-douzaine d'entre eux, tous avec une bulle dans la bouche, rôdaient autour d'une colonie dense de pucerons établie sur du chardon.

À droite, une larve Leucopis vide un puceron du genre Chaitophorus sur du peuplier.
La minuscule larve orange est du genre Aphidoletes. Ce diptère nocturne pond un oeuf orange parmi les pucerons. Ci-haut une fourmi dans une grosse colonie de Brachycaudus cardui sur du chardon prend dans ses mandibules la larve et la manipule pendant plusieurs secondes. Elle disparaît avec la larve.
À gauche, dans une autre colonie de pucerons sur Echinops ritro, une fourmi manipule pendant plus de 5 minutes une larve du genre Aphidoletes. Elle l'abandonne et plus tard une autre fourmi emporte la larve au loin, vers le sol. 
Une nymphe Syrphidae sur des aiguilles de sapin où prospèrent des Pucerons des
pousses du sapin (Mindarus abietinus).
La nymphe de Syrphidae vient d'avaler un puceron. On le distingue dans sa bouche en haut à gauche. Un puceron, inconscient du danger circule sur le dos du prédateur.Une autre nymphe Syrphidae en plein action, sur des aiguilles de sapin (Abies alba).
Hémiptères prédateurs
Dicyphus Dicyphus discrepans
Une punaise du genre Dicyphus (probablement D. famelicus) s'apprête à attaquer un puceron. Dicyphus discrepans en train de s'alimenter
sur un puceron ailé.
Une punaise du genre Geocoris a capturé un puceron sur de l'Armoise vulgaire.


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