Pucerons - Prédateurs

Les pucerons ont beaucoup d'ennemis naturels qui les utilisent comme abri et nourriture pour le développement de leurs larves ou qui les mangent simplement. Plus encore, ils constituent parfois un chaînon essentiel au cycle de vie d'autres insectes. Les oiseaux mangent les pucerons mais ces derniers sont aussi au menu de plusieurs arthropodes comme les insectes, les araignées et les mites. Parmi les insectes, on a observé des prédateurs chez les coccinelles (Coccinellidae), les chrysopes (Chrysopidae), les hémérobes (Hemerobiidae), les conioptéryx (Coniopterygidae), les syrphes (Syrphidae), les cécidomyies du genre Aphidoletes (Cecidomyidae), les punaises (Anthocoridae, Geocoridae, Miridae, Nabidae, Reduviidae) et les chamémyies (Chamaemyiidae) . À cette liste, s'ajoutent les thrips (Thysanoptères) et même les plantes carnivores.
Thysanoptères
Les thrips sont des insectes piqueurs-suceurs qui sont généralement phytophages. Toutefois, certaines espèces sont des prédateurs entomophages et acariphages. Ici, l'un d'eux (rayé rouge et orange) a piqué un puceron et le vide de sa substance.
Plantes carnivores
Les plantes sont aussi occasionnellement prédatrices de pucerons. À gauche un puceron ailé englué dans le piège que lui a tendu la plante carnivore Droséra à feuilles rondes (Drosera rotundifolia).
Hyménoptères
Passaloecus
Une guêpe du genre Passaloecus, Crabonidae (probable à cause des mandibules blanches) rôde autour d'une colonie de pucerons du genre Uroleucon établie sur du laiteron (Sonchus). Elle saisit un puceron et s'envole avec lui. Cette espèce de guêpe récolte les pucerons vivants, les paralyse et les stocke où elle pondra un oeuf. Sa larve se nourrira des pucerons qui l'entourent.
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Les fourmis photographiées ci-dessus n'étaient peut-être pas les prédatrices des pucerons mais elles allaient s'en nourrir. Huit fourmis ont été observées sur le tronc d'un chêne, en train de transporter vers le sol des pucerons morts, agonisants et souvent mutilés. Il n'a pas été possible de vérifier si les fourmis ne faisaient que récupérer des pucerons blessés par des prédateurs ou si elles étaient responsables des dommages infligés aux pucerons. À cette date tardive, la toute fin de septembre, les fourmis ne pouvaient plus espérer une très grande productivité de leur cheptel et elles ont peut-être décidé de les sacrifier et de les apporter à la fourmilière pour ne pas perdre cette nourriture de toute manière condamnée.

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Araignées et mites
Une mite de la superfamille des Trombidioidea s'attaque à un puceron sur une feuille de chêne.

À gauche, le puceron abandonné par la mite.
Deux mites chevauchent le puceron ailé. L'une dans son cou et l'autre sur son abdomen. Plus d'une vingtaine de mites sur cet adulte ailé. La mite parasite (rouge) est parfois aussi grosse que son jeune hôte puceron.
Une araignée crabe a capturé un puceron ailé. Une araignée de la famille des Salticidae avec un puceron. L'araignée tenait le puceron tout contre elle. Le puceron fait quelques pas vers l'avant mais l'araignée garde ses pattes sur lui et le retient.
Coléoptères

Un coléoptère de la sous-famille des Scymninae (blanc) dévore un puceron Chaitophorus sp., à droite. La fourmi n'attaque pas le prédateur.
Chez les Coccinellidae, tout comme chez les Miridae et les Anthocoridae d'ailleurs, les insectes s'alimentent de pucerons alors qu'ils sont aux stades larvaire et adulte.

À droite, un coléoptère dévore les pucerons Daktulosphaira vitifoliae cachés à l'intérieur de la galle qu'ils ont produite sur la feuille de la Vigne de rivage (Vitis riparia). Le prédateur s'enfonce la tête profondément dans l'ouverture qu'il a dégagée.
Neuroptères
Les 3 photos du bas:
Une larve de chrysope s'approche doucement d'un puceron du genre Uroleucon. Le puceron ne réagit pas à l'approche du prédateur. Lorsque celui-ci l'empoigne solidement avec ses « pinces », le puceron se débat brièvement et plusieurs gouttes de liquide défensif s'échappent de ses cornicules. Mais le liquide manque sa cible et le puceron est immobilisé. Les gouttes rouges restent suspendues au bout de chaque cornicule.
Diptères
Leucopis sp.
Leucopis Leucopis Leucopis
Le loup dans la bergerie! La larve d'une petite mouche du genre Leucopis (Chamaemyiidae) dévore les pucerons qui l'entourent (Aphis sambuci sur du sureau). Les fourmis, qui protègent généralement les pucerons, n'attaquent pas les larves prédatrices qu'on dit « furtives ». Les stigmates, qui forment une espèce de paire de cornes à l'arrière de la larve, sont longs et écartés. Chez les syrphides, par exemple, ceux-ci sont très rapprochés et plus courts.
Un adulte Leucopis. Une demi-douzaine d'entre eux, tous avec une bulle dans la bouche, rôdaient autour d'une colonie dense de pucerons établie sur du chardon. Une larve Leucopis au milieu de pucerons. Des fourmis circulaient autour du prédateur sans le chasser. Une larve Leucopis consomme un puceron du genre Chaitophorus sur du peuplier.
Cécidomyies
Cécidomyie
La larve orange est une cécidomyie, prédatrice de pucerons. Ce diptère nocturne pond un oeuf dans la colonie de pucerons. Ci-dessus une fourmi dans une grosse colonie de Brachycaudus cardui sur du chardon prend la larve dans ses mandibules et la manipule pendant plusieurs secondes. Elle disparaît au sol avec la larve.
À gauche, dans une autre colonie de pucerons sur Echinops ritro, une fourmi manipule pendant plus de cinq minutes une larve de cécidomyie. Elle l'abandonne et plus tard une autre fourmi emporte la larve au loin, vers le sol.

À droite, deux cécidomyies se nourrissent du même puceron. Celle du bas s'alimente à la jointure du tibia et du fémur.

Voir aussi 100805-11
Trois photos ci-dessus: des cécidomyies en action dans une dense colonie de pucerons Hyperomyzus lactucae sur du laiteron (Sonchus sp.). À gauche on observe le puceron aplati que la cécidomyie achève de vider de sa substance. Au centre Le puceron vient d'être paralysé et le prédateur commence à le vider de ses fluides vitaux. Beaucoup de pucerons paralysés mais non dévorés ont été observés sur la plante.
Syrphidae
Une larve de Syrphidae dévore un adulte ailé Hyalopterus pruni. Le prédateur furtif approche du puceron et le capture. Celui-ci aurait pourtant pu s'envoler et s'échapper! La larve de Syrphidae vient d'avaler un puceron. Un autre, inconscient du danger, circule sur le dos du prédateur. Une autre larve de Syrphidae en pleine action, sur des aiguilles de sapin (Abies alba).
Sur des feuilles de tabac (Nicotiana tabacum), s'alimentent des dizaines de pucerons(Myzus persicae). Un diptère de la famille des Syrphidae s'installe et en une seconde, pond un petit oeuf blanc. Il ne pond pas au milieu des pucerons. À l'éclosion, la larve devra chercher sa nourriture. Un oeuf de Syrphidae. La surface tapissée de minuscules projections est caractéristique.
Hétéroptères
Dicyphus Dicyphus discrepans
Les minuscules et délicates punaises de la sous-famille des Bryocorinae (Miridae) sont prédatrices des arthropodes qui partagent leur habitat. Elles ne possèdent pas de pattes armées d'épines pour retenir leurs proies. Les pucerons sont faciles à capturer et peu combatifs. Ci-dessus, de gauche à droite, Dicyphus famelicus s'approche furtivement d'un puceron, Dicyphus discrepans consomme un puceron ailé et Tupiocoris sp. sur du framboisier pique un minuscule puceron blanc (→).
La punaise Orius tristicolor (Anthocoridae) se nourrit d'un puceron indéterminé mais placé non loin de ceux-ci. Geocoris bullatus (Geocoridae), nymphe à droite et adulte à gauche. L'espèce semble apprécier les gros pucerons du genre Macrosiphoniella qui colonisent l'Armoise vulgaire. L'adulte tient le puceron au bout de son rostre courbé vers le haut.
Une punaise nymphe (Orius sp.?) consomme le puceron Rhopalosiphum enigmae à la base de la tige d'un typha. Le puceron appartient à la colonie 110824-76. Une punaise Nabis sp. (Nabidae) avec un puceron (Acyrthosiphon sp. probable) sur de la Vesce jargeau. Une punaise (Miridae) plante son rostre dans les galles du puceron Daktulosphaira vitifoliae.
La punaise nymphe Zelus luridus (Reduviidae) consomme le puceron en le maintenant simplement au bout de son rostre. Une nymphe Deraeocoris sp. dans une pseudogalle d'une colonie de pucerons Eriosoma americanum (probable) établie sur de l'orme. Knight (1921) a observé Deraeocoris aphidiphagus dans ce type de galle (Wheeler, 2001). Voir ici.

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