Pucerons - Galles par espèces

Le tableau qui suit présente la liste des arbres sur lesquels les pucerons forment de vraies galles durant une portion de leur cycle de vie (pucerons et hôtes présents au Québec seulement). Source: Blackman et Eastop 1994. Parfois, les pucerons forment des pseudogalles si étanches qu'on pourrait les associer à des galles. Leur liste est ici. Pour consulter la liste des articles de référence, cliquez ici.
 
Hôte primaire (galle) Genre Classification
Caryer (Carya) Phylloxera spp. Phylloxeroidea, Phylloxeridae
Épinette (Picea) Adelges spp.
Pineus pinifoliae
Phylloxeroidea, Adelgidae, Adelginae
Aphidoidea, Aphididae, Pineinae
Hamamélis (Hamamelistes) Hamamelistes spinosus
Aphidoidea, Aphididae, Hormaphidinae, Hormaphidini
Orme (Ulmus) Colopha spp.
Kaltenbachiella ulmifusa
Tetraneura ulmi
Aphidoidea, Aphididae, Pemphiginae, Eriosomatini
Peuplier (Populus) Pemphigus spp.
Mordvilkoja vagabunda
Aphidoidea, Aphididae, Pemphiginae, Pemphigini
Sumac (Rhus) Melaphis rhois Aphidoidea, Aphididae, Pemphiginae, Fordini
Vigne de rivage (Vitis) Daktulosphaira vitifoliae Phylloxeroidea, Phylloxeridae

Adelges spp.
Hôte primaire: toujours une espèce d'épinette (Picea sp.).
Hôte secondaire: un autre conifère propre à chaque espèce: pin, mélèze ou sapin. Ou parfois n'a pas d'hôte secondaire.
Galle: sur l'épinette, un renflement typique à chaque espèce.
Cycle de vie: Marchal décrit bien le cycle évolutif du genre Adelges, appellé alors Chermes. Dans le texte qui suit, tiré de son ouvrage de 1913,  il appelle l'hôte primaire et secondaire respectivement l'hôte définitif et intermédiaire. Les caractères gras ont été ajoutés au texte original.
« On sait que les espèces de l'ancien genre Chermes qui a été démembré par Börner en toute une série de genres nouveaux, présentent un cycle évolutif très spécial [...] qui, typiquement, se trouve caractérisé de la façon suivante:
1° Il exige pour son achèvement deux années successives.

2° Les générations qui se succèdent pour constituer le cycle présentent un polymorphisme remarquable [...] et chacune des formes se trouve spécialisée pour jouer un rôle distinct.

3° L'ensemble des générations qui compose le cycle ne se déroule pas sur une espèce végétale unique, mais se partage en deux séries successives qui se continuent l'une l'autre et qui vivent chacune sur une essence de Conifères distincte: il y a donc diœcie; l'une de ces séries, comportant la génération sexuée, évolue sur un Conifère jouant le rôle d'hôte définitif et qui est toujours un Épicéa (Picea); l'autre série, formée exclusivement de générations parthénogénétiques, évolue sur une espèce de Conifères jouant le rôle d'hôte intermédiaire et qui, suivant les espèces de Chermes, peut être un Sapin (Abies), un Pin (Pinus) ou un Mélèze (Larix).

4° Tandis que l'aptérisme [absence d'ailes] caractérise, d'une façon générale, les générations qui continuent à se reproduire sur hôte où elles ont pris naissance, le passage de l'hôte définitif à l'hôte intermédiaire ou le retour en sens inverse, se fait au moyen de migrations aériennes régulières, à l'accomplissement desquelles sont préposés des individus ailés, spécialisés à cet effet. Ces ailés ont, dans la succession cyclique des générations, un numéro d'ordre déterminé. Ceux qui sont chargés d'opérer la migration d'aller, c'est-à-dire la migration partant de l'Epicéa pour joindre l'hôte intermédiaire, se développent à l'intérieur de galles sur l'Épicéa et constituent toujours la seconde génération à partir de l'oeuf fécondé: ce sont les gallicoles ou migrantes alatae. Les ailés chargés d'opérer la migration de retour, qui a lieu la deuxième année du cycle et qui s'effectue à partir de la plante intermédiaire pour rejoindre l'hôte définitif, se développent au printemps, à découvert, sur les aiguilles de la plante intermédiaire (Sapin, Pin, Mélèze); puis, abandonnant cette dernière, ils vont se fixer sur l'Épicéa pour y engendrer les sexués; aussi les désigne-t-on sous le nom de sexupares.

5° Tandis que les émigrants ailés (migrantes alatae) constituent, en général, à eux seuls, toute une génération homomorphe [de même forme] et que, par conséquent, après leur départ hors des galles, l'Épicéa se trouve entièrement libéré de l'espèce de Chermes qui le parasitait, au contraire les sexupares font le plus souvent partie d'une génération mixte composée à la fois d'aptères non sexupares et d'ailés sexupares et les aptères continuent à se multiplier indéfiniment par parthénogenèse sur la plante intermédiaire: il en résulte que celle-ci ne se trouve à aucun moment abandonnée par l'espèce parasite et il se constitue ainsi sur elle un cycle parthénogénétique et monœcique qui évolue parallèlement au cycle amphigonique [reproduction sexuée] et diœcique. »  Marchal décrit les différentes formes qui se succèdent au cours du cycle

Adelges sp. sur du mélèze (Larix sp.)


Début de formation d'une galle sur une pousse d'épinette.

La fondatrice
 « La fondatrice (fundatrix) sortant toujours de l'oeuf fécondé avant l'hiver et passant la fin de l'été, l'automne et la saison hivernale à l'état de larve primaire dormante spécialement différenciée à cet effet. La fondatrice est toujours aptère, d'une extrême fécondité; elle passe par quatre stades successifs séparés par trois mues et est fixée d'une façon permanente sur l'Epicéa, tantôt à la base des bougeons, tantôt sur les bourgeons eux-mêmes, tantôt sur l'axe de l'une des pousses de l'année. Elle pond au printemps un grand nombre d'oeufs d'où sortent les gallicoles. »
Les gallicoles ou émigrants ailés (migrantes alatae)
« Issus au printemps de la fondatrice, ils vont se loger, dès leur sortie de l'oeuf, entre les jeunes aiguilles du bourgeon sur lequel ou dans le voisinage duquel se trouve la mère fondatrice: sous l'influence des piqûres de ces gallicoles s'ajoutant à l'influence de la fondatrice elle-même, le bourgeon d'Épicéa se transforme, en totalité ou en partie, en une galle dont la forme varie suivant les espèces, mais est toujours caractéristique d'une espèce donnée. Les gallicoles subissent quatre mues successives séparant cinq stades. Lorsqu'ils sont arrivés à l'état nymphal (4° stade), la galle s'ouvre par écartement de ses éléments et, de toutes les petites loges correspondant aux parties basilaires des aiguilles, s'échappent les gallicoles qui subissent aussitôt leur quatrième et dernière mue, puis apparaissent sous forme de pucerons ailés destinés à émigrer sur la plante intermédiaire (migrantes alatae). Ils ont de grands yeux composés et des antennes multi-articulées. Attirés vers la plante intermédiaire (Pinus, Abies ou Larix), par suite d'un tropisme particulier, ils se fixent par leur rostre sur ses aiguilles, sucent sa sève et pondent un nombre d'oeufs considérable. »
Les exsules
« [...] Ce sont des individus aptères, se multipliant par parthénogenèse sur la plante intermédiaire, de façon à y constituer une série indéfinie de générations successives. »
Les sexupares
« Ce sont des individus ailés, issus au printemps de la lignée d'exules aptères qui a hiverné. Ils sont plus petits et moins féconds que les gallicoles ou migrantes alatae mais présentent des caractères morphologiques très analogues; la génération printanière dont ils font partie est mixte et, outre la lignée des sexupares, elle comprend une lignée soeur et parallèle formée d'aptères (exsules 2), parfois aussi d'exsules alatae qui continuera sur la plante intermédiaire la multiplication des exsules, lorsque les sexupares l'auront abandonnée, pour opérer leur migration de retour sur l'Epicéa. Arrivés sur l'Épicéa (l'hôte définitif) les sexupares, qui ont un petit nombre de gaines ovigères par rapport aux formes précédentes, se fixent par leur rostre sur les aiguilles et pondent des oeufs toujours moins nombreux que ceux des migrantes alatae; de ces oeufs pondus par les sexupares sortent les sexués. »
Les sexués
« Les sexués sont aptères, de très petite taille, caractérisés par de courtes soies rostrales et des antennes de quatre articles, au lieu de trois comme chez les autres formes aptères. Les mâles sont plus mobiles que les femelles; ils ont des pattes et des antennes plus longues, l'extrémité postérieure plus conique. Bien qu'ils n'atteignent qu'une taille très réduite, les sexués se nourrissent en se fixant par leur rostre sur les aiguilles de l'Épicéa, et ils s'accroissent faiblement pendant leur évolution, qui s'effectue, comme pour les ailés, au moyen de quatre mues successives. La femelle fécondée pond un oeuf unique, le plus souvent sous les écailles qui sont à la base des pousses de l'Epicéa; elle meurt à côté de l'oeuf dont elle s'est déchargée et d'où la fondatrice ne tarde pas à sortir. »
Les pucerons des trois photos ci-dessus, prises un 6 juin, n'ont pas été déterminés par un spécialiste mais représentent probablement Adelges laricis ou A.lariciatus car ils ont été observés sur du mélèze. On observe à droite une femelle ailée gallicole avec ses oeufs à l'abri des ailes.  Elle provient d'une galle d'épinette et sa descendance se développera sur le mélèze pendant une saison. Au centre, des masses de cire qui dissimulent des oeufs et parfois des pucerons. À gauche, possiblement (?) un exsule sur le mélèze.
Adelges abietis
Hôte primairePicea abies, P. glauca (Épinette de Norvège, É. blanche).
Hôte secondaire: aucun; se développe seulement sur l'épinette.
Galle: la forme dite en ananas est très caractéristique.
Cycle de vie: le cycle comporte seulement deux générations composées exclusivement de femelles. La fondatrice passe l'hiver à la base d'un bourgeon d'épinette, le stylet enfoncé dans le tissu de la plante. Au printemps, elle se nourrit et provoque le gonflement des aiguilles, l'allongement et la décoloration de la pousse. Arrivée à maturité, la fondatrice pond des oeufs qui deviendront les gallicoles. Ces pucerons s'alimentent à la base des aiguilles qui continuent d'enfler, pour ensuite se refermer sur eux dans de petites loges où ils continueront de se développer. À la fin de l'été, la galle se dessèche et laisse échapper les pucerons ailés qui iront pondre des oeufs sur des aiguilles, non loin de la galle. Ces oeufs produisent des fondatrices .
Les deux photos ci-dessus représentent la même pousse d'épinette les 12 et 30 mai. À gauche, la fondatrice, sous une touffe de cire se nourrit à la base de la pousse. À droite, la galle prend déjà forme et les oeufs sont presque à maturité. Cliquez sur la photo pour voir les oeufs où se devinent les yeux des pucerons. Ci-dessus, une galle «en ananas» typique d'Adelges abietis. Photo prise un 9 août.
Une galle ouverte en juillet révèle les loges où se développent les pucerons. Pour en voir plus accédez à cette page: 090712-65 10 septembre, les galles sont brunes et s'entrouvrent. Les pucerons observés muaient à l'extérieur des loges, comme celui ci-dessus, tout juste sorti de la loge entrouverte à sa gauche. Une femelle aux ailes bien déployées mais encore ténérale. Elle s'installera sous peu pour pondre ses oeufs.
La femelle ailée pond des oeufs qui restent sous le couvert de ses ailes, après sa mort. Chaque oeuf donnera une fondatrice qui hibernera au stade immature. Parfois la masse d'oeufs perd la couverture de l'ailé. Cela ne condamne pas pour autant les pucerons. Ci-dessus, des oeufs éclos. Les fondatrices immatures restent quelques jours groupées. Elles hiberneront et parviendront à maturité seulement  le printemps suivant. Une branche d'épinette avec plusieurs galles anciennes.
Adelges cooleyi
Hôte primairePicea pungens (Épinette bleue ou du Colorado).
Hôte secondaire: Pseudotsuga menziesii (Douglas vert ou sapin de Douglas).
Galle: allongement et épaississement de l'extrémité de la pousse d'épinette. Les aiguilles couvrent la galle. En coupe, on observe les loges où vivent les pucerons.
Cycle de vie: Voir Adelges spp.  Voir aussi cette page de photos d'une galle ouverte et cet autre des ailés sortis des galles.
Photos 1 à 9 - Première année du cycle sur l'épinette
Photo 1 - Masse de cire et oeufs à la base d'une jeune pousse de Picea pungens le 25 mai. Cliquez sur la photo pour voir les oeufs le 30 mai.  Photo 2 - Galle sur Picea le 28 juin. Photo 3 - Une galle du 9 juillet, teintée de mauve.
Photo 4 - La texture de la galle est remarquable et différente des tissus environnants. Ci-dessus, deux loges à la base d'aiguilles. Photo 5 - La galle couvre seulement la moitié de la tige de cette épinette. Comparez la base plate et lisse de l'aiguille sans puceron en A avec celle qui est gonflée par une loge qui abrite des pucerons en B. Photo 6 - Vue transversale d'une galle coupée le 10 juillet.
Photo 7 -  Vue longitudinale d'une galle coupée le 10 juillet. Photo 8 - Une galle de l'année précédente sur Picea pungens. Photo 9 - Dans un parc, une épinette a été plantée juste à côté de l'hôte secondaire, Pseudotsuga menziesii, facilitant ainsi la vie aux pucerons. Ici, les galles brunes de l'année précédente, en grand nombre.
Photos 10 à 12 - Seconde année du cycle sur le Douglas vert (Pseudotsuga menziesii)
Pour voir plus de photos, cliquez ici
Photo 10 et 11 - Le 3 juin, les aiguilles sont couvertes de masses de cire couvrant
les oeufs et de pucerons à divers stades.
Photo 12 - Le 7 juin, plusieurs pucerons ailés se tiennent sur le bout des aiguilles
Adelges lariciatus
Hôte primairePicea glauca, P. mariana, P. pungens (Épinette blanche, É.noire, É. bleue).
Hôte secondaire: Larix laricina (Mélèze laricin).
Galle: verte au début, puis rose, rose-rouge et éventuellement brune. Globuleuse, les aiguilles qui la couvrent sont courtes. La galle entoure partiellement la tige et ne s'étend généralement pas jusqu'à son extrémité. La tige peut s'allonger au-delà de la galle.
Cycle de vie: Cummings décrit le cycle de vie de cette espèce: le cycle dure deux ans. La fondatrice hiverne sur l'épinette, probablement au premier stade larvaire. Au printemps, elle s'alimente sous la tige, sous un nouveau bourgeon. Elle pond ses oeufs sur les aiguilles. Deux cent quarante et un (241) oeufs ont été pondus en moyenne par 11 fondatrices observées. Les nymphes issues des oeufs s'installent dans l'axe des aiguilles des nouvelles pousses qui enflent et les enveloppent dans de petites loges où elles poursuivent leur croissance. On a observé entre huit et 46 loges par galle et entre une à 36 nymphes par loge. À l'intérieur de la galle, les nymphes se développent en quatre stades. En juillet, le quatrième stade sort de la galle, s'installe sur une aiguille et mue en adulte ailé qui s'envole sur le mélèze pour pondre ses oeufs (voir photo ci-haut dans Adelges spp.). On a observé 13 femelles pondre en moyenne 41 oeufs. La plupart d'entre elles étaient mortes lorsque les oeufs éclosent. Les nymphes issues des oeufs (sistens) hivernent sur le mélèze, maturent au printemps suivant et produisent des ailés (sexupares) qui retournent sur l'épinette en août. Des pucerons sexués mâles et femelles (sexualis), issus de femelles sexupares, s'accouplent. Chaque femelle produit un seul oeuf qui donne une fondatrice à la fin de l'été .
Adelges laricis
Hôte primairePicea abies, P. mariana, P. rubens (Épinette de Norvège, É. noire, É. rouge).
Hôte secondaire: Larix decidua, L. kaempferi, L. laricina (Mélèze d'Europe, M. du Japon, M. laricin).
Galle: globulaire ou ovale. Couleur crème ou ivoire avec une texture cireuse. Devient rose ou brune avant de s'ouvrir .
Cycle de vie:  voir ici http://www.aphidsonworldsplants.info/z_Fig.%201.htm.

Ci-dessous, photos 1 à 4, galles et pucerons sur une Épinette de Norvège (Picea abies). Photos 5 et 6 sur un Mélèze d'Europe (Larix decidua), l'hôte secondaire situé juste à côté de l'épinette où sont observées les galles. À noter que les pucerons n'ont pas été déterminés par un spécialiste.
Photo 1
À la base de la pousse, la fondatrice a pondu des oeufs protégés par de la cire (30 mai).
Photo 2
Gros plan de la masse d'oeufs à la base de la pousse où la galle a déjà pris forme (30 mai).
Photo 3
Plus d'une dizaine de minuscules pucerons circulent à la surface de la galle (3 juin).
Photo 4
Pucerons qui circulent sur la surface de la galle (30 mai).
Photo 5
Une des formes rencontrées sur le mélèze. Pour en voir plus, cliquez ici (30 mai).
Photo 6
L'ailé, encore ténéral, ira pondre des pucerons sexués sur l'épinette (30 mai).
Adelges piceae
À noter qu'Adelges piceae ne fabrique pas de galles mais cause un gonflement des tiges de sapin sur lequel il s'alimente. Les pucerons ne se développent pas à l'intérieur de ces déformations.

Cette espèce a éliminé de son cycle de vie le développement sur l'hôte primaire, l'épinette. Du même coup, la production de galles et la reproduction sexuée ont été éliminées. Les pucerons se reproduisent uniquement par parthénogenèse, comme le font les autres espèces d'Adelges sur l'hôte secondaire.

Photo à droite: Ladd Livingston, Idaho Department of Lands, Bugwood.org
Colopha compressa
Hôte primaireUlmus spp. (Orme).
Hôte secondaire: racines de carex et d'Eriophorum (Linaigrette).
Galle: sur le dessus de la feuille, généralement près de la nervure centrale. Sorte de sac compressé latéralement, jaunâtre souvent teinté de rouge.
Cycle de vie: les ailés sortent de la galle en juillet et vont coloniser les racines d'un hôte secondaire. Le retour sur l'orme a lieu en septembre-octobre .

Photo à droite: Gyorgy Csoka, Hungary Forest Research Institute, Bugwood.org
Colopha graminis et Colopha ulmicola
Les galles des deux espèces sont très semblables et ne peuvent être différenciées à partir de photos. L'hôte primaire est le même.
Hôte primaire: Ulmus spp. (americana, rubra), (Orme d'Amérique, Orme rouge).
Toutefois l'hôte secondaire est différent.
Hôte secondaire C. graminis: racines, tige et feuilles de Leersia spp. (Léersie).
Hôte secondaire C. ulmicola: parties aériennes d'Eragrostis spp.
Galle des deux espèces: allongée, en crête-de-coq, sur le dessus et entre les nervures de la feuille d'orme.

Cycle de vie C. graminis: retour sur l'orme en octobre .
Cycle de vie C. ulmicola: les ailés quittent la galle en juin-juillet pour aller coloniser les feuilles ou la tige d'un Éragrostis où ils forment des colonies couvertes de cire laineuse. Ils retournent sur l'orme de septembre à novembre .

Sur une feuille d'orme, plusieurs galles.

Colopha graminis ou C. ulmicola. Cliquez ici pour voir l'ailé qui sort de la galle.

La forme des galles varie d'une colonie à l'autre.
Daktulosphaira vitifoliae
Hôte primaireVitis (Vigne).
Hôte secondaire: aucun; reste sur la vigne.
Galle de la feuille: de la grosseur d'un pois, sous la feuille. La fente de sortie est sur le dessus de la feuille. « [...] Les galles sont toujours formées par une dépression de la face supérieure de la feuille, dépression dont l'insecte occupe le centre et devenant de plus en plus profonde à mesure qu'elle s'accroît autour de lui. L'orifice, en forme de fente, est garni de poils roides et entre-croisés, parfois disposés en cône ou en pinceau, fermant l'ouverture à tout ennemi venu du dehors, mais s'infléchissant pour livrer passage aux jeunes qui veulent quitter leur prison. La partie externe de la galle se couvre aussi de poils, variables suivant les cas. »
Galle des racines: « Les renflements produits sur les radicelles par un Phylloxéra [Daktulosphaira] unique prennent en général la forme d'un crochet [...]; la radicelle se renfle tout autour de l'insecte, au-dessus et au-dessous de lui, mais surtout au-dessus, c'est-à-dire surtout du côté de la partie terminale, qui continue à s'accroître en se recourbant plus ou moins. Elle forme ainsi une sorte de retraite où le Phylloxéra se trouve logé. »
Cycle de vie: un oeuf hiverne et produit une fondatrice au printemps. Celle-ci provoque une galle sur la feuille de la vigne. Elle y pond 300 oeufs. À la fin de l'été, des pucerons quittent la galle et vont s'établir sur les racines de la vigne où ils provoquent des renflements qui peuvent éventuellement tuer l'hôte.  Lorsque les conditions sont favorables, des pucerons ailés quittent les racines vers les feuilles. Ils pondent des oeufs qui produiront des pucerons sexués .

Les galles sont couvertes de poils raides.

La fondatrice extirpée de la galle.

Au fond de la galle ouverte, la fondatrice et devant, ses oeufs.

Les minuscules oeufs comportent deux petits points rouges qui deviendront les yeux.
Hamamelistes spinosus
Hôte primaireHamamelis virginiana (Hamamélis de Virginie).
Hôte secondaire: Betula spp. (papyrifera, alleghaniensis) (Bouleau à papier, B. jaune) où il fait une pseudogalle.
L'information qui suit a été tirée de Pergande 1901.
Galle: Les galles sont globulaires ou ovoïdes. Elles mesurent entre 10 et 30 mm de long et entre 10 et 12 mm de diamètre. Elles sont couvertes d'épines courbées pouvant atteindre 8 mm de long (voir l'illustration, ci-dessous). Lorsque fraîches, les galles sont du même vert que les feuilles et parsemées de papilles brun-rouge. L'orifice de sortie est circulaire et situé à la base de la galle. Il mesure 1 ou 2 mm de diamètre et forme une espèce d'entonnoir terminé par une bordure permettant aux ailés d'ajuster leurs ailes avant l'envol. L'intérieur de la galle est tapissé d'une délicate couche de sécrétion blanche, empêchant le miellat d'adhérer aux parois de la galle et la protégeant contre un dessèchement prématuré.

Cycle de vie: sur l'hamamélis, les oeufs sont déposés mi-juin, début juillet (les dates sont celles du Minnesota). Ils sont aplatis et trois fois plus longs (0,2 mm) que larges et couverts d'une sorte de pilosité qui provient de l'abdomen de la femelle au moment de la ponte. Cette pilosité offre un excellent camouflage à l'oeuf car il se confond avec la pubescence de la tige. Les oeufs sont parfois déposés sur de jeunes hamamélis qui ne produiront pas de bourgeons de fleurs. Les pucerons sont alors condamnés à mourir. Les oeufs hivernent et éclosent l'année suivante, fin mai, début juin.

La fondatrice (G1) s'installe sur un bourgeon de fleur, presque toujours du côté de la tige. Son action arrête la croissance longitudinale du pétiole mais accélère celle du bourgeon qui enfle du côté opposé à l'insecte et se recourbe sur lui pour l'envelopper. La galle est rosée au début et enferme la fondatrice en quelques jours seulement. Sa forme est globulaire et de taille légèrement plus grande que le bourgeon original. Mi-juin, les galles sont devenues vert pâle. La surface est couverte d'une pubescence vert-blanc et de tubercules. Fin juin, début juillet elles sont à maturité; Pergande a estimé qu'une galle pouvait contenir environ 300 pucerons à divers stades de croissance.

Des ailés (G2) quittent la galle et s'envolent sur du bouleau où ils produisent des larves (G3) qui se nourrissent un certain temps sur les feuilles, puis s'établissent sur la tige, non loin d'un bourgeon pour y passer l'hiver. Le taux de mortalité est très élevé. L'allure de la larve de 0,4 mm s'apparente plus à une cochenille qu'à un puceron. Au printemps, après avoir atteint la maturité, elle donne naissance à une génération (G4) de minuscules pucerons (entre 0,3 mm et 1,2 mm lorsque à maturité) qui vont s'établir sous la feuille du bouleau et forment une pseudogalle en ridant le limbe entre les nervures. Les pucerons sont nombreux et on peut observer sur leurs abdomens une touffe de cire blanchâtre en V. Tôt en mai, les femelles produisent les futurs ailés (sexupares) (G5) qui atteignent la maturité en juin et s'envolent vers l'hamamélis où ils produisent des pucerons sexués, mâles et femelles (G6). Après s'être accouplée, la femelle pond un oeuf qui donnera une fondatrice l'année suivante .
Comparez la galle d'Hamamelistes spinosus (photo à gauche) produite à partir du bourgeon de fleur d'hamamélis avec un fruit mûr qui s'est développé sans la présence de pucerons (photo à droite).
Ci-dessous, Hamamelistes spinosus dans la pseudogalle du bouleau, produite dans la seconde année de leur cycle de deux ans. À gauche, la moitié de la feuille est décolorée et bombée entre les nervures. Les pucerons se logent dans les replis du limbe, sous la feuille. Voir aussi cette page.
Kaltenbachiella ulmifusa
Hôte primaire: Ulmus rubra (Orme rouge).
Hôtes secondaires: Racines de diverses Lamiaceae . Cliquez ici, pour consulter l'illustration -I- de Blackman & Eastop.
Galle: De bonne taille (2,5 cm de long), fusiforme, se développe sur la nervure centrale de la feuille. Verte au début, elle devient couleur paille à maturité.
Cycle de vie: En juin-juillet, des ailés s'envolent de la galle pour coloniser les racines de Lamiaceae. 
Melaphis rhois
Hôtes primaires: Rhus typhina (Sumac vinaigrier) ou R. glabra (Sumac glabre), moins courant au Québec.
Hôte secondaire: de la mousse , ou plus spécifiquement, Haplocladium microphyllum .
Galle: en forme de sac. Verdâtre avec des taches rouges.
Cycle de vie: L'oeuf éclot au printemps et la fondatrice, qui se nourrit sur une foliole, induit la galle et fonde sa colonie d'aptères. À l'automne, la galle se fissure et des ailés s'envolent sur Haplocladium microphyllum. Les ailés produisent des nymphes et meurent. Puis se succèdent quelques générations de femelles aptères. Les pucerons peuvent vivre plus d'une année sur la mousse. C'est au printemps, contrairement à beaucoup d'espèces de pucerons qui alternent d'hôtes, que des ailés quittent l'hôte secondaire pour retourner sur le sumac où des sexupares engendrent des sexués qui s'accouplent. La femelle pond un oeuf qui éclora seulement le printemps suivant .

Au Québec, la présence connue d'Haplocladium microphyllum est limitée à quelques régions. Le puceron se développerait-il parfois sans hôte secondaire ou sur d'autres types de mousses?

La galle découpée au mois d'août révèle la présence de plus d'une centaine de pucerons aptères. Ci-dessous, des pucerons qui étaient à l'intérieur de la galle.

Les ailés, à droite, proviennent d'une galle du 10 septembre.
Mordvilkoja vagabunda
Hôte primaire: Populus deltoides (Peuplier deltoïde).
Hôtes secondaires: Lysimachia nummularia, L. terrestris et L. quadrifolia .
Galle: peut atteindre un diamètre de 80-95 mm par 50-60 mm d'épaisseur . Sa forme est unique. Elle forme une surface aplatie avec une frange irrégulière.
Cycle de vie: L'oeuf hiverne généralement dans une vieille galle et éclot à la mi-mai (au Minnesota). Les fondatrices grégaires de premiers stades se nourrissent sur le bout des tiges en croissance. La galle apparaît au bout d'une semaine puis enveloppe complètement la fondatrice qui y fonde sa colonie. À la fin juin, des adultes ailés sont produits. Le pic de migration vers l'hôte secondaire est la première semaine de juillet, environ 90 minutes après le lever du soleil . Les parties aériennes de Lysimachia sont colonisées à l'arrivée mais les pucerons se déplacent sur les racines plus tard en saison . À la mi-septembre des ailés sexupares retournent sur les vieilles galles de peuplier où ils s'agglomèrent. Des pucerons sexués sont produits, s'accouplent et la femelle pond un oeuf unique, dans une vieille galle .

Ci-dessus, une galle désertée par les pucerons, photographiée un 10 juillet, sur Populus deltoides.
Pemphigus sp.
Hôtes primaires: diverses espèces de peupliers. Voir plus bas, le détail des espèces.

Hôtes secondaires: la racine des plantes est le plus souvent colonisée mais parfois aussi les parties aériennes. L'hôte de certaines espèces est encore inconnu.

Blackman & Eastop 2006 recensent les hôtes secondaires suivants, pour le genre Pemphigus:

 Aegopodium podagraria, Agrostis stolonifera (=alba), Anthriscus sylvestris, Armoracia rusticana (= lapathifolia), Arrhenatherum elatius, Avena sativa, Bidens cernua, B. vulgatus, Capsella bursa-pastoris , Carex spp., Cynosurus cristatus, Erigeron philadelphicus, Helianthus annuus, Lepidium campestre, Persicaria hydropiper, P. pennsylvannica, Polygonum aviculare, P. orientale, Portulaca oleracea, Rumex occidentalis, Senecio aureus, Solanum  tuberosum (pomme de terre), Trifolium pratense.

Les pucerons choisissent un site généralement typique à leur espèce. Les photos à droite montrent une espèce de Pemphigus indéterminée, dont la galle se situe à la jonction du pétiole et de la feuille d'un Peuplier deltoïde. Le limbe de la feuille fait partie de la galle.
Pemphigus betae
Hôtes primaires: Populus balsamifera (Peuplier baumier), Populus deltoides (Peuplier deltoïde).
Hôtes secondaires: Beta vulgaris, Chenopodium album (Chenopodiaceae).
Galle: poche ovale ou semi-oblongue. Protubérance sur le dessous de la feuille, le long de la nervure centrale.
Cycle de vie: la fondatrice se nourrit sur le dessus de la feuille, près de la veine principale et cause une dépression longitudinale de 10 mm de longueur par 5 mm d'épaisseur (sous la feuille). Les galles sont généralement vertes mais peuvent être teintées de rouge . L'emplacement le plus favorable pour induire une galle est la base de la feuille. Les fondatrices luttent pour les meilleurs emplacements. Voir ici « Compétition: les fondatrices s'affrontent ».
Pemphigus bursarius
Hôtes primaires: Populus nigra (Peuplier noir d'Italie).  Blackman & Eastop (1994) ajoutent Populus spp.
Hôtes secondaires: sur les racines; presque exclusivement des Compositae, Anthemis cotula, Aster novaeangliae, Carduus spp., Cichorium intybus, Crepis spp., Hieracium pilosella, Lactuca canadensis, L. saligna, L. sativa, L.scariola, Lapsana communis, Solidago caesia, S. canadensis, S. graminifolia, Sonchus arvensis, S. asper, S. oleraceus, Taraxacum officinale, Tussilago farfara et un Lamiaceae, Lamium amplexicaule.
Galle: en forme de bourse, sur le pétiole. Leurs formes changent lorsque plusieurs galles sont sur le même pétiole (jusqu'à quatre). Les fissures de sorties sont des pores . La galle peut aussi être située sur une jeune pousse
Cycle de vie: vingt galles observées à l'ouest de Montréal ont produit une moyenne de 78 ailés par galle, de la mi-juin à la mi-juillet .

Crédit photo: Gyorgy Csoka, Hungary Forest Research Institute, Bugwood.org
Pemphigus monophagus
Hôte primaire: Populus balsamifera (Peuplier baumier).
Hôte secondaire: ce puceron complète son cycle de vie sur le même hôte, le Peuplier baumier.
Galle: globulaire. Composée d'une portion du pétiole gonflé et tordu et des tissus du limbe de la feuille, gonflés sur le dessus. La fente de sortie est circulaire et située sous la feuille. La galle est souvent divisée par une dépression peu profonde qui donne l'impression d'une double galle.
Cycle de vie: fin août, début septembre, des ailés sexupares s'échappent de la galle. Cette espèce a peut-être des stades de pucerons soldats (à confirmer) .
Pemphigus nortonii
Hôte primaire: Populus deltoides (Peuplier deltoïde).
Hôte secondaire: les chercheurs n'ont n'a pas encore découvert d'hôte secondaire.
Galle: sur le pétiole, à la jonction de ce dernier et de la feuille. Formée par le gonflement et la torsion du pétiole. Mesure 2 cm ou plus de diamètre. Aucun tissu de la feuille ne fait partie de la galle. La fissure de sortie est une longue fente en demi-spirale .
Pemphigus populicaulis
Hôte primaire: Populus deltoides (Peuplier deltoïde). Blackman & Eastop (1994) ajoutent P. tremuloides (Peuplier faux-tremble) et autres peupliers.
Hôte secondaire: les chercheurs n'ont pas encore confirmé l'hôte secondaire, même si cela pourrait être des plantes du genre Erigeron, Solidago, Oenanthe .
Galle: plus ou moins globulaire, située sur le pétiole, à la jonction de ce dernier et de la feuille. Formé par le gonflement et la torsion du pétiole. Des tissus de la base de la feuille font partie de la galle. Un ou plusieurs petits trous circulaires permettent aux ailés de s'échapper .
Cycle de vie: au Québec, le plus commun des pucerons cécidogènes sur le peuplier. La fondatrice se nourrit sous la feuille, à la jonction du limbe et  du pétiole qui se replie et coince ainsi le puceron entre la feuille et le pétiole replié. La galle se ferme éventuellement, devient convexe et vire au rouge. Une moyenne de 410 ailés ont été observés dans vingt galles ouvertes. Ils s'échappent par de petits pores qui se développent le long d'une suture, sous la galle . Cette galle ressemble à s'y méprendre à celle de P. populiglobuli. Le type de fissure de sortie les différencie.
Les galles et pucerons ci-dessus peuvent être P. populicaulis, P. tartareus ou P. nortoni. Deux pucerons semblaient postés en sentinelle dans l'orifice de sortie. À droite, un ailé s'extirpe laborieusement du pore. Cliquez sur les photos pour les observer.
Pemphigus populiglobuli
Hôte primaire: Populus balsamifera (Peuplier baumier) . Toutefois, Alleyne & Morrison (1977) l'associent à P. deltoides.
Hôte secondaire: les chercheurs n'ont n'a pas encore découvert d'hôte secondaire.
Galle: semi globulaire, située sur le pétiole, à la jonction de ce dernier et de la feuille. Formé par le gonflement du pétiole. Des tissus de la base de la feuille font partie de la galle. Une fissure en fente, le long des tissus modifiés du limbe de la feuille et du pétiole permet aux ailés de s'échapper. Cette galle ressemble à s'y méprendre à celle de P. populicaulis. Le type de fissure de sortie les différencie.
Ci-dessous, des galles observées sur Populus balsamifera. Elles correspondent à la description des galles de Pemphigus populiglobuli. Elles n'ont toutefois pas été déterminées par un spécialiste et pourraient appartenir à une autre espèce.
Pemphigus populiramulorum
Hôte primaire: Populus deltoides (Peuplier deltoïde). La présence sur P. balsamifera (Peuplier baumier) est remise en question .
Hôte secondaire: les chercheurs n'ont n'a pas encore découvert d'hôte secondaire.
Galle: contrairement aux autres galles, celle-ci est située sur une jeune tige du peuplier. La fissure de sortie est une petite fente bordée d'un léger renflement des tissus, en forme de lèvres. De vieilles galles encore attachées aux tiges s'observent souvent l'hiver .
Cycle de vie: en s'alimentant sur une tige de l'année, la fondatrice induit un gonflement des tissus qui l'enveloppent éventuellement.

Crédit photo à droite: Whitney Cranshaw, Colorado State University, Bugwood.org
Pemphigus populitransversus
Hôte primairePopulus deltoides (Peuplier deltoïde). 
Hôtes secondaires: des crucifères comme Arabis glabra, A. laevigata, Barbarea vulgaris, Brassica napus (navet) B. nigra (moutarde), B. oleracea (chou), B. rapa, Cardamine pratensis, Coronopus didymus, Lepidium virginicum, Raphanus raphanistrum.
Galle: globulaire, sur le pétiole et sans inclure le limbe de la feuille. La fissure de sortie est une petite fente transversale bordée d'un léger renflement des tissus, en forme de lèvres.
Cycle de vie: Une moyenne de 150 ailés ont été observés dans vingt galles ouvertes .
Ci-dessous, bien que non déterminées par un spécialiste, ces galles ont toutes les caractéristiques de P. populitransversus: situées sur le pétiole, sans inclure le limbe et la fissure en forme de fente. Photos prises un 4 août.
Voir aussi ces autres pages: 110805-58 et 110830-06
Pemphigus populivenae
Hôte primaire: Populus balsamifera (Peuplier baumier) et P. deltoides (P. deltoïde).
Hôte secondaire: Beta vulgaris, Chenopodium album, Rumex acetosella, R. crispus .
Galle: poche ovale ou demi-oblongue. Protubérance sur le dessus de la feuille, le long de la nervure centrale ou d'une nervure principale. Entre huit et 12 mm de long et 5 mm d'épaisseur. La fissure de sortie est une fente sous la feuille . Lorsque plusieurs pucerons se partagent une feuille, certaines galles peuvent s'allonger en dessous de la feuille et non sur le dessus. Dans ce cas, on peut les confondre avec Pemphigus betea P. populivenae pourrait indifféremment faire des galles au-dessous ou au-dessus du plan de la feuille .
Pemphigus spyrothecae
Hôte primaire: Populus nigra (Peuplier noir d'Italie).
Hôte secondaire: ce puceron complète son cycle de vie sur le même hôte, Populus nigra.
Galle: le pétiole s'enroule en spirales (généralement trois) dont les boucles se pressent étroitement les unes contre les autres et forment une cavité où la fondatrice est enfermée. Les fissures de sorties sont de petits pores le long des joints de la spirale.
Cycle de vie: cette espèce produit des pucerons soldats et répare les galles endommagées. Voir au début de cette page. La galle mature tardivement, c'est-à-dire fin août, début septembre. Ce phénomène est principalement attribuable au fait que cette espèce ne poursuit pas son cycle sur un hôte secondaire .
Cette espèce commune en Europe a été observée pour la première fois en Amérique du Nord en 1972-73. Les auteurs décrivent les étapes de formation de la galle. Fin avril, début mai, la fondatrice s'alimente sur le pétiole de très jeunes feuilles. Celui-ci commence par plier légèrement, à l'endroit où elle s'est nourrie. Le temps passe et le pétiole s'enroule en 3 spirales en enfermant la fondatrice dont la taille s'est accrue considérablement. Lorsque la spirale est complétée, la fondatrice commence à se reproduire. Plus tard, la galle enfle et devient parfaitement étanche .
Photos 1 à 6 ci-dessous, prises un 5 juin, à Sainte-Anne-de-Bellevue: photo 1, au début de la formation de la galle, le pétiole est légèrement incurvé. Ici, le puceron a disparu, interrompant le processus de formation de la galle. Photos 2 et 3, deux galles bien formées et étanches.  La galle est parfois située très près du limbe de la feuille (photo 4) ou plus loin, sur le pétiole (photo 5). Il y a parfois 2 ou 3 enroulements sur le même pétiole (photo 6). Voir aussi cette page.
Photo 1 Photo 2 Photo 3
Photo 4 Photo 5 Photo 6
Pemphigus tartareus (= Pemphigus junctisensoriatus Maxson)
Hôte primaire: Populus deltoides (Peuplier deltoïde).
Hôte secondaire: Bidens spp. (Bident).
Galle: plus ou moins globulaire, située sur le pétiole, à la jonction de ce dernier et de la feuille. Les tissus de la base de la feuille ne font pas ou très peu partie de la galle. La fissure de sortie est une fente s'étendant le long d'une suture sous la galle.
Phylloxera sp.
Hôte primaire: Carya (Caryer)
Hôte secondaire:
Galle:
Cycle de vie:

La documentation de ce genre est à venir.
 
Pineus pinifoliae
Hôtes primairesPicea glauca, P. mariana, P. pungens et P. rubens (Épinette blanche, É. noire, É. bleue ou du Colorado, É. rouge).
Hôte secondaire: Pinus strobus (Pin blanc).
Galle: la pousse de l'épinette est allongée. Les aiguilles sont remplacées par de petites palettes.
Cycle de vie: La fondatrice induit la galle sur de l'épinette, au printemps. Au début la pousse atteinte croît plus rapidement que les pousses normales. Les oeufs de la fondatrice donnent des larves qui s'installent à la base des aiguilles en croissance.  La galle devient brune et s'ouvre à la mi-juin. Des ailés s'en échappent et s'envolent vers l'hôte secondaire, le Pin blanc. Ils s'établissent de préférence sur les aiguilles de l'année précédente, qui sont plus longues. Ils s'installent en file, la tête invariablement tournée vers la base de l'aiguille. Les oeufs pondus restent sous les ailes (voir photo ci-dessous à droite). Les adultes morts dans cette position s'observent tout l'hiver.  En juillet, les larves qui naissent des oeufs s'alimentent sur les nouvelles pousses de l'année. Elles se couvrent de plaques de cire. Elles peuvent s'assembler en grand nombre et causer des dommages aux jeunes pousses de pin. Elles passent l'hiver de cette façon. Au printemps suivant, durant la première semaine de mai, des ailés sexupares et des exsules sont produits. Fin mai, les ailés s'envolent et s'établissent sur de vieilles aiguilles d'épinette. Contrairement au comportement observé sur le pin, les ailés ici font tous face à la pointe des aiguilles. Les oeufs de futurs sexués sont pondus derrière les ailes. Les larves qui éclosent se placent en deux rangées, derrière l'adulte. Les larves sont jaune-orange puis deviennent rouges foncées avant la première mue. Elles muent quatre fois. Les mâles sont plus petits que les femelles. Les sexués s'accouplent et l'oeuf pondu produira au printemps une fondatrice .
Des galles sur l'épinette.
Source ci-dessus et à droite: Whitney Cranshaw, Colorado State University, Bugwood.org
Une galle de l'année, sur de l'épinette. Les adultes sur l'hôte secondaire, ci-dessus Pinus strobus.
Source: Ronald S. Kelley, Vermont Department of Forests, Parks and Recreation, Bugwood.org
Tetraneura ulmi
Hôte primaireUlmus (Orme).
Hôtes secondaires: racines de graminées .
Galle: Sur le dessus de la feuille; une espèce de poche sur tige.
Cycle de vie: Introduit en Amérique du Nord.
Ci-dessous des galles observées sur un Orme de montagne (Ulmus glabra). Cette espèce pourrait être T. ulmi ou T. fusiformis. L'absence d'adulte ailé rend la détermination difficile.


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